Louis Archinard

général français de la Troisième République

Officier général francais 3 etoiles.svg Louis Archinard
Louis Archinard

Naissance
Le Havre
Décès (à 82 ans)
Villiers-le-Bel
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie coloniale
Grade Général de division
Années de service 1868 – 1919
Commandement 32e Division d'Infanterie
Corps d'Armée des Troupes Coloniales
Conflits Campagne du Soudan
Première Guerre mondiale
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918
Médaille interalliée 1914-1918
Médaille Commémorative de la Guerre de 1870
Médaille commémorative de la Grande Guerre
Médaille coloniale

Louis Archinard, né au Havre (Seine-Inférieure) le et mort à Villiers-le-Bel (Seine-et-Oise) le , est un général français de la Troisième République qui a participé à la conquête coloniale de l'Afrique occidentale par la France.

BiographieModifier

Louis Archinard est né le 11 février 1850 au Havre, fils de Louis Archinard, directeur d'une école protestante, et de Sophie Cattelain, institutrice[1],[2]. Il fait ses études à l’École polytechnique (Promotion X 1868), d’où il sort le comme sous-lieutenant au régiment d’artillerie de marine[3].

Après une mission en Cochinchine entre 1876 et 1878, il est nommé inspecteur des études à l’École polytechnique[4].

Campagne au SoudanModifier

Au Soudan français, Louis Archinard mène plusieurs campagnes permettant à la France de poursuivre sa pénétration coloniale et d'étendre son empire. Il rejoint en octobre 1880 le Soudan français à la demande de Borgnis-Desbordes. Il débarque à Saint-Louis avant de se rendre à Kayes[5]. En février 1889, il fait détruire le fort de Koundian, qui appartient à Ahmadou Tall, fils d'Oumar Tall[6]. Le 6 avril 1890, il s'empare de Ségou[7].

Dans cette ville, Louis Archinard prend pour prisonnier avec lui Abdoulaye, un des deux jeunes fils d'Ahmadou Tall[8]. Ils embarquent tous les deux pour Bordeaux le 7 août 1890, puis le militaire confie l'enfant à des connaissances à Paris[9]. Après des études à Saint-Cyr, Abdoulaye Tall meurt en France à l'âge de 20 ans en 1899[10]. A Segou, Louis Archinard prend également possession de plus de 400 manuscrits (ouvrages de théologie, de droit musulman, de piété, exemplaires du Coran...) qu'il expédie en France[11].

Louis Archinard fait le siège de Djenné et rentre dans la ville le 12 avril 1893[12]. A la fin de cette année, il est relevé du commandement des troupes alors qu'il se trouve en France pour recevoir des soins[13].

Retour en FranceModifier

En France, Louis Archinard est promu général de brigade en avril 1896, général de division, puis commandant de la 32e division à Perpignan. Il est nommé au conseil supérieur de la guerre en 1911. En juillet 1914, il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. En 1917, il est chargé de créer l'armée polonaise en France. En 1919, il reçoit la médaille militaire. Louis Archinard participe à faire ériger à Reims en 1924 le Monument aux héros de l'Armée noire, en hommage aux tirailleurs sénégalais qui ont défendu la ville de Champagne pendant la Première Guerre mondiale[14].

 
Le général passant en revue les troupes polonaises à Sillé-le-Guillaume.

Le général Archinard prend sa retraite à Villiers-le-Bel, où il meurt le 8 mai 1932[15]. Ses obsèques ont lieu au Havre dans un temple protestant le 13 mai 1932. Y assistent notamment le ministre de la défense François Pietri et le général Henri Gouraud[16]. Il est enterré au cimetière Sainte-Marie du Havre, 51e division, allée 6, place 2. Dans le caveau familial est également enterrée Naba Kamara, une enfant qu'il avait ramenée d'Afrique, la fille d’un chef bambara mort au cours de la prise de Djenné, et qui a vécu au Havre jusqu'à sa mort en janvier 1921 à l'âge de 43 ans[17],[18].

Dans sa nécrologie publiée au lendemain du décès d'Archinard, le quotidien Excelsior estime que le général « figurera avec Lyautey, Gouraud, Gallieni et Mangin parmi les plus pures gloires coloniales de la Ille République »[16].

GradesModifier

  •  : sous-lieutenant
  •  : lieutenant
  •  : capitaine
  •  : chef d'escadron
  •  : lieutenant-colonel
  •  : colonel
  •  : général de brigade
  •  : général de division

PostesModifier

  • 11/09/1883: État-major du Haut-Sénégal
  • 17/10/1884: Régiment d'artillerie de la marine
  • 13/04/1885: commission d'expérience de Bourges
  • 09/07/1885: inspection générale de l'Artillerie
  • 19/03/1888: direction de l'artillerie du Tonkin
  • 17/05/1888: État-major du Haut-Fleuve au Sénégal
  • 15/09/1891: Régiment d'artillerie de la marine
  • 08/02/1892: inspection générale de l'Artillerie
  • 27/08/1892: commandant supérieur du Soudan
  • 02/12/1893: 2e régiment d'artillerie de marine
  • 18/07/1895: directeur de la défense au Ministère des Colonies
  • 23/05/1896: président du Comité technique militaire colonial.
  • 03/10/1897: commandant de la brigade de Cochinchine
  • 24/11/1900: adjoint à l'inspecteur général de l'Artillerie de marine
  • 30/11/1900: inspecteur général permanent des troupes de l'Artillerie de Marine puis 01/01/01 de l'Artillerie coloniale.
  • 19/12/1900: inspecteur général permanent de la défense des côtes en ce qui concerne les ouvrages de la Marine
  • 21/12/1900: membre du Comité technique de l'Artillerie
  • 03/04/1901: membre du Comité technique du Génie et du Comité technique des Troupes Coloniales
  • 30/12/1901: commandant de la 32e Division d'Infanterie et des subdivisions de région de Narbonne, de Perpignan, de Carcassonne et d'Albi
  • 14/10/1904: commandant du Corps d'Armée des Troupes Coloniales
  • 04/09/1911: membre du Conseil Supérieur de Guerre et commandant du groupement de divisions de réserve de mobilisation.
  • 02/08/1914: commandant du 1er Groupement de Divisions de réserve.
  • 02/09/1914: inspecteur général des dépôts des troupes coloniales de la zone des armées.
  • 11/02/1915: placé dans la section de réserve.
  • 18/10/1915: en mission.
  • 18/11/1915: replacé dans la section de réserve.
  • 06/06/1917: chef de la mission militaire Franco-Polonaise.
  • 15/07/1919: replacé dans la section de réserve.

DécorationsModifier

Décorations françaisesModifier

Décorations étrangèresModifier

RéférencesModifier

  1. Bibliothèque nationale de France, « Louis Archinard (1850-1932) »  , sur Bibliothèque nationale de France (consulté le )
  2. Bruno Delmas, Julie d'Andurain et Michel Capot, « Louis Archinard »  , sur Comité des travaux historiques et scientifiques, (consulté le )
  3. « Le Littoral illustré »  , sur Gallica, (consulté le ), p. 4
  4. Daniel Foliard, « Les vies du « trésor de Ségou » », Revue historique, vol. 688, no 4,‎ , p. 869–898 (ISSN 0035-3264, lire en ligne, consulté le )
  5. T. Tervonen, Les Otages, p. 43
  6. T. Tervonen, Les Otages, p. 79
  7. T. Tervonen, Les Otages, p. 88
  8. Sud Quotidien, « Sénégal: Parti de Ségou en 1889, revenu en 1996, Abdoulaye Tall, premier Africain officier de Saint-Cyr », AllAfrica.com,‎ (lire en ligne  )
  9. T. Tervonen, Les Otages, p. 164
  10. T. Tervonen, Les Otages, p. 118
  11. « La bibliothèque oumarienne de Ségou »  , sur gallica.bnf.fr (consulté le )
  12. A. Lorbert, « Un grand Africain : le général Archinard »  , sur Gallica, Le Dimanche illustré, (consulté le ), p. 5,10
  13. T. Tervonen, Les Otages, p. 145
  14. Stéphane Tison, « Chapitre VII. Du monument régimentaire au monument national », dans Comment sortir de la guerre ? : Deuil, mémoire et traumatisme (1870-1940), Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-6819-8, lire en ligne), p. 187–208
  15. Académie des sciences d'outre-mer, « Louis Archinard »  , sur Académie des sciences d'outre-mer (consulté le )
  16. a et b Excelsior, « Deuils »  , sur Gallica, (consulté le ), p. 2
  17. T. Tervonen, Les Otages, p. 147
  18. Claude Malon, « Chapitre 9. Le travail de l’imaginaire colonial », dans Le Havre colonial de 1880 à 1960, Presses universitaires de Rouen et du Havre, coll. « Bibliothèque du PUN », (ISBN 979-10-240-1075-5, lire en ligne), p. 483–560

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Édouard Réquin, Archinard et le Soudan, Paris, Éditions Berger-Levrault, 1946
  • Martine Cuttier, Portrait du colonialisme triomphant - Louis Archinard 1850-1932, Panazol, Éditions Lavauzelle, 2006 (ISBN 2-7025-1297-6)
  • Martine Cuttier, « Louis Archinard », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 83-84 (ISBN 978-2846211901)
  • Dictionnaire biographique de la Seine-Inférieure, Paris, Henri Jouve,
  • Jacques Méniaud, Les Pionniers du Soudan, avant, avec et après Archinard, Paris, Société des publications modernes, , 555 p.
  • Taina Tervonen, Les Otages : Contre-histoire d'un butin colonial, Paris, Marchialy, , 300 p. (ISBN 978-2-38134-030-2, présentation en ligne) 

Articles connexesModifier

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