Kapeliele Faupala

roi d'Uvea

Kapeliele Faupala
Illustration.
Titre
Roi d'Uvea

(6 ans, 1 mois et 10 jours)
Couronnement
Premier ministre Kusitino Manakofaïva
Prédécesseur Tomasi Kulimoetoke II
Successeur Patalione Kanimoa
Premier ministre d'Uvea
Monarque Tomasi Kulimoetoke II
Successeur Kusitino Manakofaïva
Biographie
Nom de naissance Kapeliele Gabriel Faupala
Date de naissance
Lieu de naissance Ahoa (île de Wallis)

Kapeliele Faupala
Monarques d'Uvea

Kapeliele Faupala (né dans le village d'Ahoa, dans le district de Hahake, au centre de l'île de Wallis[1]) a été roi (lavelua) d'Uvea du au .

Premier ministre et crise de 2005Modifier

Nommé en 2004 Premier ministre, ou kivalu, du précédent roi, Tomasi Kulimoetoke II, Kapeliele Faupala a joué un rôle important dans la crise coutumière wallisienne qui a menacé de plonger le royaume insulaire dans le chaos en 2005. Ce conflit au sein de la chefferie coutumière oppose les proches du roi, au camp dit des « rénovateurs », partisans d’une évolution de la coutume. Fin , le conflit dégénère brutalement lorsque plusieurs centaines de partisans du roi, dont d’anciens militaires armés de fusils, de machettes et de bâtons de dynamite, organisent le blocus de l’île. Ils veulent empêcher l’arrivée de renforts de gendarmerie, en vue de l’intronisation d’un roi dissident envisagée par les rénovateurs. La menace a nécessité l'arbitrage de Paris qui a dû dépêcher un médiateur sur place. « Pour éviter les effusions de sang », ce médiateur a « confirmé la reconnaissance du roi par l'État »[réf. nécessaire].

Pendant cette crise, Kapeliele Faupala fait partie des partisans de Tomasi Kulimoetoke qui souhaitent le départ du préfet Christian Job[2].

Roi d'UveaModifier

À la suite du décès le , à l'âge de 88 ans et après 48 ans de règne, du roi Tomasi Kulimoetoke II, et la période de deuil coutumier de six mois ayant été respectée, les pourparlers ont pu commencer entre les trois grandes familles royales qui se partagent le trône de l'île depuis près de trois siècles. Kapeliele Faupala est finalement choisi comme nouveau roi (lavelua) et est intronisé, selon un rituel très strict, le vendredi à Mata-Utu, le chef-lieu de Wallis. Toutefois, son élection est contestée par plusieurs chefs coutumiers du camp des réformateurs qui, tout en appelant à la modération, ont déclaré « s’opposer avec fermeté au projet d’intronisation d’un candidat » qui, selon eux, est « imposé à la souveraineté » et « veut faire main basse sur le trône sans le consentement du Conseil des trois grandes familles royales comme le prévoit la tradition séculaire »[3].

Le Monde le décrit comme « un roi de transition »[4] qui arrive après les quarante-huit années au pouvoir de Tomasi Kulimoetoke II, et « reste très attaché à la tradition »[2].

En 2010, le roi Kapeliele Faupala et ses partisans s'emparent d'Électricité et eau de Wallis-et-Futuna (EEWF), une filiale de GDF-Suez[5]. Cette action a pour origine le licenciement du directeur financier local d'EEWF pour faute grave en , que la chefferie conteste. Une grève démarre quelques mois plus tard et en , le lavelua affirme prendre possession de l'entreprise pour en créer une nouvelle ; ses partisans investissent les locaux d'EEWF de force[6]. En conséquence, des coupures d'approvisionnement en eau et électricité pendant plusieurs jours en [7]. L'affaire est jugée au tribunal de Mata-Utu en [6].

Pendant son règne se déroulent les Mini-Jeux du Pacifique de 2013, qui se tiennent pour la première fois à Wallis[8],[9].

En , Kapeliele Faupala décide de révoquer son Premier ministre (kivalu) Setefano Hanisi[2].

AbdicationModifier

Kapeliele Faupala est destitué le en raison des tensions qui étaient fortes entre lui et son Premier ministre (kivalu). Il précipite sa chute lorsqu'il décide de révoquer son Premier ministre Kusitino Manakofaiva, mais le mécontentement de la population et des familles royales couvait depuis plusieurs années[4].

Wallis n'a alors plus de souverain pendant près de deux ans, jusqu'à l'intronisation de deux rois concurrents en . Deux chefferies concurrentes apparaissent alors, bien que l'Etat français finisse par reconnaître Patalione Kanimoa comme le lavelua officiel le [10]. La crise coutumière wallisienne n'en est pas pour autant terminée, la société étant profondément divisée.

Notes et référencesModifier

  1. Kapeliele Gabriel Faupala, sa date de naissance, le , n'est précisée par aucune source, même si les différents articles traitant de son intronisation le créditent d'un âge de 68 ans, notamment P. Gins, « Kapeliele Faupala intronisé roi de Wallis », Les Nouvelles Calédoniennes, .
  2. a b et c « Un mystérieux limogeage au royaume de Wallis », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 25 novembre 2019)
  3. « Wallis : le nouveau lavelua intronisé vendredi matin », Les Nouvelles Calédoniennes, 23/07/2008
  4. a et b Le roi de Wallis officiellement destitué, Le Monde, 5 septembre 2014
  5. « Wallis-et-Futuna : un roi s'empare de la filiale de GDF-Suez », sur Rue89 (consulté le 13 avril 2016)
  6. a et b « Wallis et Futuna: procés du coup de force contre GDF-Suez », sur Wallis-et-Futuna la 1ère (consulté le 25 novembre 2019)
  7. « https://www.lnc.nc/pacifique/wallis-et-futuna/229056-wallis-senfonce-dans-la-crise.html », sur LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes, le Journal de Nouvelle Calédonie (consulté le 25 novembre 2019)
  8. « Le palais sort le grand jeu », sur LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes, le Journal de Nouvelle Calédonie, (consulté le 25 novembre 2019)
  9. « Un long dimanche de fête », sur LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes, le Journal de Nouvelle Calédonie, (consulté le 25 novembre 2019)
  10. « Wallis : le Roi PATALIONE KANIMOA reconnu officiellement par l'Etat. », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère (consulté le 27 novembre 2019)