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Léonard de Noblat

saint frac
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Léonard de Noblat
Image illustrative de l’article Léonard de Noblat
saint
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Fête 6 novembre
Saint patron prisonniers

Léonard de Noblat (appelé aussi Léonard de Limoges, Léonard le Noblet ou Léonard de Noblac[1]) est un noble franc légendaire qui aurait vécu à la cour de Clovis. Sa vie n'est connue que par la tradition orale, relayée par une biographie très tardive.


HagiographieModifier

Selon sa biographie (BHL 4862)[2], rédigée au XIe siècle, Léonard fut converti au christianisme par saint Rémi, en 496, en même temps que Clovis. Léonard demanda à Clovis de lui octroyer personnellement le droit de visiter et éventuellement de libérer les prisonniers qu'il jugerait dignes de l'être, et cela à tout moment.

C'est ainsi que Léonard libéra un grand nombre de prisonniers et devint leur saint patron.

Ayant refusé l'épiscopat auquel voulait l'élever le roi des Francs, il entra à l'abbaye Saint-Mesmin de Micy près d'Orléans, que dirigeait saint Maximin ou Mesmin.

Toujours selon sa légende, il devint ensuite ermite dans les forêts du Limousin, où il fut suivi par un grand nombre de disciples. Il pria pour que l'épouse du roi des Francs mît au monde un enfant mâle, ce qui advint. En récompense, il lui fut donné des terres à Nobiliacum (Noblat), où il fonda une abbaye. Un village s'établit à l'entour, qui fut nommé en son honneur Saint-Léonard-de-Noblat.

Les prisonniers qui l'invoquaient du fond de leurs geôles voyaient leurs chaînes se briser. Ils le rejoignaient alors, apportant les fers rompus, et les lui offraient en hommage. Beaucoup restaient avec lui, travaillant dans les bois et les champs et retrouvant ainsi une vie honnête.

Vénération et culteModifier

 
Le tombeau de saint Léonard
 
Blason de Saint Léonard de Noblat
Article détaillé : Saint-Léonard-de-Noblat.

Il n'existe aucune mention de ce personnage avant le XIe siècle, mais à partir de là sa renommée s'étendit, à partir de la libération miraculeuse de Bohémond de Tarente, en 1103. À son retour, Bohémond vint visiter l'abbaye de Noblat, à laquelle il fit d'importantes offrandes.

Dans le même temps, l'abbaye de Noblat devint une étape importante sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et le culte de saint Léonard de Noblat se répandit dans tout l'ouest de l'Europe, en Angleterre, en Espagne, en Suisse, en Italie et jusqu'en Pologne. Les fidèles demandaient son intercession pour la libération des prisonniers, la délivrance des femmes en couches et les maladies du bétail.

Les armoiries de la ville de Saint-Léonard-de-Noblat, dans le Limousin, portent les fers des prisonniers libérés par les prières de saint Léonard.

C'est par sa vénération des reliques de Léonard qu'Anne d'Autriche serait tombée enceinte et aurait par la suite donné naissance au futur Louis XIV[3],[4].

InterprétationModifier

Selon l'historien français Patrice Lajoye, les premiers saints portant le nom de Léonard et représentés portant des chaînes ne font que poursuivre, sous une forme christianisée, le culte voué à la divinité celtique Lug[5].

SourcesModifier

Représentations de saint Léonard de NoblatModifier

NotesModifier

  1. Saint Léonard (de Noblat). Michel Fougerat.
  2. Texte latin édité (avec des coupures) par Bruno Krusch, dans Monumenta Germaniae Historica, Scriptores rerum Merovingicarum, tome III (1896), p. 396-399.
  3. « Saint-Léonard le Noblac. Naissance de Louis XIV. », Limoges Illustré, no 13,‎ (lire en ligne, consulté le 20 juillet 2017).
  4. Laurent Bonilla, « Le joyau de Saint-Léonard-de-Noblat », sur lamontagne.fr, (consulté le 20 juillet 2017).
  5. Lugus aux liens. À propos d'un article de Daniel Gricourt et Dominique Hollard, Patrice Lajoye, Bulletin de la Société de Mythologie Française, n°220, 2005, p. 58-59