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Ksenia Sobtchak
Ksenia Sobchak 2017.jpg
Ksenia Sobtchak en 2017.
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Père
Mère
Lioudmila Naroussova (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Maxim Emmanouilovitch Vitorgan (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Platon Vitorgan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religions
Parti politique
Membre de
Conseil de coordination de l'opposition russe (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Enregistrement vocal
signature de Ksenia Sobtchak
signature

Ksenia Anatolievna Sobtchak (en russe : Ксения Анатольевна Собчак), née le à Léningrad, est une personnalité de la télévision et de la radio russe ; elle est depuis quelques années engagée en politique.

Sommaire

BiographieModifier

Origines et étudesModifier

Elle est la fille d'Anatoli Sobtchak, premier maire élu de Saint-Pétersbourg et de Lioudmila Naroussova, membre du Conseil de la Fédération[1] (sénatrice, évincée de son poste en 2006, en raison de l'activité politique de sa fille et pour avoir participé à une manifestation déclarée illégale par le gouvernement, protestant contre des lois qu'elle jugeait répressives[2]).

Ksenia Sobtchak suit des études en sciences politiques[3] à l'Institut d'État des relations internationales de Moscou.

Elle dispose d'un passeport américain[2].

Carrière dans les médiasModifier

Femme d'affaires, elle fait fortune après la chute de l'Union soviétique et l'émergence des oligarques qui rachètent pour peu d'argent les entreprises d'État récemment privatisées. Elle déclare a posteriori : « Oui j'ai participé au pillage de la Russie. Comment aurais-je pu résister ? J'ai fait du fric comme tout le monde au vu des possibilités de l'époque ». En 2011, Forbes évalue sa fortune à 2,8 millions de dollars[2].

Elle anime plusieurs programmes télévisés comme Top models à la russe et GosDep sur une chaîne expérimentale du câble. Elle se fait connaître du public en animant l'émission de téléréalité Dom-2, diffusée sur la chaîne de télévision russe TNT pendant huit saisons au début des années 2000[2]. Très active dans la jet-set de son pays (elle a posé seins nus pour le Playboy russe et a participé à de nombreuses soirées avec des millionnaires), elle est surnommée la « Paris Hilton russe »[3].

Après son entrée dans le militantisme politique en 2011, et disposant d'une certaine force de frappe médiatique, en particulier sur Internet (début 2018, cinq millions de personnes la suivent sur les réseaux sociaux[4]), elle devient un leader d'opinion, parcourant le pays pour donner des conférences rémunérées sur « la théorie du succès », « l'évolution de la personnalité » ou encore « le journalisme contemporain »[2].

Militantisme politiqueModifier

 
Ksenia Sobtchak lors d'une manifestation en 2012.

En 2006, elle lance un mouvement politique destiné à la jeunesse[5] et qui vise à promouvoir la liberté de la presse et le respect des minorités ethniques. Ce mouvement est considéré par certains comme dirigé en sous-main par le Kremlin[1].

En octobre 2011, elle poste une vidéo ridiculisant Vassili Iakemenko, fondateur des Nachi, un mouvement pro-Poutine. décembre 2011, elle rejoint l'opposition à Russie unie et est présente lors des manifestations contestant le résultat des élections législatives, contestant également l'échange de postes entre le Premier ministre Vladimir Poutine et le président Dmitri Medvedev. Son premier discours, le 24 décembre, devant 100 000 manifestants, a été sifflé (plus jamais ensuite) et beaucoup doutent de sa sincérité[6]. Elle estime avoir été évincée de la télévision publique pour avoir soutenu l'opposition[2]. Elle lance trois émissions politiques sur le web qui soutiennent l'opposition[1].

Lors de l'élection présidentielle de 2012, elle est une observatrice officielle dans des bureaux de vote. Elle dénonce alors des fraudes, vidéo à l'appui, démontrant la facilité de pouvoir voter plusieurs fois dans des circonscriptions différentes. Ces critiques contre le régime contribuent à crédibiliser son rôle d'opposante[2].

Ses critiques portent sur l'absence de liberté d'expression en Russie, la corruption ou encore la qualité de vie insuffisante, reconnaissant toutefois des points positifs comme la croissance économique et certaines réussites sociales[2].

En 2012, elle est l'objet d'une perquisition, le FSB saisissant 1 million et demi d'euros en liquide, somme qui aurait servi à financer l'opposition. L'argent lui est finalement rendu[7].

Elle est membre du conseil de coordination de l'opposition russe (en), qui compte des personnalités de sensibilité politique très diverses, dont entre autres Boris Nemtsov, Sergueï Oudaltsov, Alexeï Navalny et Garry Kasparov. L'ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski, considéré comme un prisonnier politique, la juge comme une « personnalité de l'opposition avec des perspectives »[2].

Anatoli Sobtchak est le mentor politique de Vladimir Poutine et une relation très étroite les liait. Selon certaines sources, Poutine serait le parrain de Ksenia Sobtchak[6]. Elle a toujours remercié Poutine de l'aide que ce dernier a apportée à sa famille dans des instants difficiles[1] et reconnaît ce conflit entre ses origines et ses convictions politiques[6]. Elle reconnaît qu'« à cause des liens historiques de ma famille avec Poutine, on m'accuse d'être un agent du Kremlin ou du FSB infiltré dans l'opposition ! » alors que son nouveau positionnement agace dans les milieux pro-Poutine, qui estiment que Ksenia Sobtchak les a trahis[2].

Candidate à l'élection présidentielle de 2018Modifier

 
Ksenia Sobtchak pendant sa campagne présidentielle.

En octobre 2017, elle se déclare candidate pour la prochaine élection présidentielle russe, qui se déroule le 18 mars 2018[8]. Elle se déclare « contre toutes » les personnalités politiques russes. Pour l'opposant Alexeï Navalny, empêché de se présenter, il s'agit d'une candidature lancée par le Kremlin : « Leur idée est simple, ils ont besoin d'une caricature de candidat libéral. Ils me traitent de criminel et mettent en avant Ksenia Sobtchak ». Pour le dirigeant communiste Guennadi Ziouganov, « sa candidature fait tourner la prochaine élection à la farce tragique ». Cette candidature est mise en parallèle avec celle de l'oligarque Mikhaïl Prokhorov lors de l'élection présidentielle de 2012, suscitée par l'exécutif, et qui avait finalement obtenu seulement 8 % des suffrages[9]. Certains politologues estiment que Ksenia Sobtchak, en participant à cette élection, souhaite retrouver une virginité médiatique et retrouver un poste à la télévision d'État, où elle ne peut plus pour l'instant travailler[7].

Cependant, elle se fait très critique à l'égard de Vladimir Poutine, s'en prenant à son « système », à l'annexion de la Crimée ou encore à l'absence de pluralisme politique en Russie. Hostile à la rhétorique militariste du président, elle déclare ne pas vouloir voir son fils d'un an « grandir dans un monde en guerre » ; selon elle, « plutôt que se retrouver aux côtés de pays comme la Corée du Nord et le Venezuela, la Russie ferait mieux d’intégrer l’Otan »[4].

Sa candidature ne séduit pas au delà des métropoles et des banlieues huppées, la journaliste Margarita Simonian estimant que ses positions « sont en tout point contraires à celles de la majorité des Russes, que ce soit dans le domaine de la gouvernance ou de la politique familiale ». Secondée par Vitali Shliarov, un spin doctor qui a travaillé à la campagne de Barack Obama en 2012 et à celle de Bernie Sanders en 2016, elle est toutefois la cible des autres candidats quant à sa crédibilité politique. Le nationaliste Vladimir Jirinovski l'a ainsi traitée de « pute », ce à quoi elle a réagi en lui lançant un verre d'eau au visage[4].

Elle termine en quatrième position, avec 1,68 % des voix[10].

Vie privéeModifier

Elle a été en couple avec Ilia Iachine, une figure de l'opposition. Elle est mariée avec Maxime Vitorgan (ru), un acteur de télévision dont le père était une gloire du cinéma soviétique[2].

FilmographieModifier

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) « She has a TV show and a Porsche. Now Moscow's Paris Hilton wants a party too », The Guardian, .
  2. a b c d e f g h i j et k Anne Nivat, « La poupée qui dit niet », Vanity Fair n°1, juillet 2013, pages 204-213.
  3. a et b (en) « Russian opposition figures: Ksenia Sobchak », BBC, .
  4. a b et c François de Labarre, « Ksenia Sobtchak, protégée puis rivale de Poutine », Paris Match, semaine du 8 au 14 mars 2018, pages 72-75.
  5. « KSENIA SOBTCHAK. Poudre aux yeux ? », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  6. a b et c (en) « Russia’s Scandalous ‘It Girl’ Remakes Herself as an Unlikely Face of Protest », The New York Times,
  7. a et b Pierre Avril, « Une candidate remplace Navalny », Le Figaro, vendredi 20 octobre 2017, page 7.
  8. « Portrait. Ksenia Sobtchak, une candidate glamour et contre tous” à la présidence russe », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  9. Jean-Marc Conin, « Ksenia Sobtchak, la star contre le tsar », Le Figaro Magazine, semaine du 27 octobre 2017, pages 18-19.
  10. https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301504501300-poutine-iv-un-nouveau-regne-a-hauts-risques-2165788.php

Liens externesModifier

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