Khosrow et Chirine

poème qui raconte l'amour du roi sassanide Khosrow II pour la princesse arménienne Chirine

Khosrow et Chirine
Image illustrative de l’article Khosrow et Chirine

Auteur Nizami
Version originale
Langue Persan

Khosrow et Chirine (en persan : خسرو و شیرین) est un poème, achevé en 1180, de Nizami[1]. Il constitue la deuxième œuvre de son Khamsé[1].

Cette oeuvre est une version fictive très élaborée de l'amour du roi sassanide Khosrow II pour la princesse assyrienne [2],[3],[4] Chirine, qui devient reine de Perse.

Selon Henri Massé, « Nizami donne libre cours à sa fantaisie : son poème, qui doit son mérite bien plus à la forme qu'à l'invention, est une sorte d'épopée courtoise dont les péripéties ne se résument pas. Mais à la légende primitive, Nizami ajoute, — si l'on néglige les épisodes secondaires — l'épisode pathétique des amours de Chirine et de l'architecte Farhad dont Khosrau, jaloux, provoque le suicide en lui faisant annoncer faussement la mort de Chirine[5].

Trame du poèmeModifier

La version de Nizami commence par un récit de la naissance et de l'éducation de Khosrow. Puis il raconte le festin de Khosrow dans la maison d'un fermier, festin pour lequel Khosrow eet sévèrement réprimandé par son père. Khosrow se repent de son offense et implore le pardon de son père Hormizd IV. Celui-ci, satisfait, lui pardonne. La nuit même, Khosrow voit son grand-père Anushirvan en rêve. Il lui annonce une épouse nommée Chirine, un coursier nommé Shabdiz, un musicien nommé Barbad et un grand royaume, la Perse.

Shapur, peintre et ami proche de Khosrow, lui parle de la reine arménienne Mahin Banu et de sa nièce Chirine. Écoutant Shapur lui décrire la beauté de Chrine, Khosrow tombe amoureux. Shapur part alors en Arménie pour la chercher. Il la trouve et lui montre l'image de Khosrow. À son tour, elle tombe amoureuse de Khosrow et s'enfuit d'Arménie pour rejoindre Mada'in, la capitale de Khosrow. Mais, pendant ce temps, Khosrow fuit également la colère de son père et part en Arménie à la recherche de Chirine, déguisé en paysan.

En chemin, il rencontre Chirine, dévêtue, en train de se baigner et de laver ses cheveux. Elle l'aperçoit également, mais ils ne se reconnaissent pas. Arrivé en Arménie et accueilli par Shamira, la reine d'Arménie, il découvre que Chirine est à Mada'in.

À nouveau, Shapur est missionné pour ramener Chirine. Lorsque Shirin revient en Arménie, le père de Khosrow décède. Il doit donc retourner à Mada'in pour les funérailles.

Les deux amants continuent de se croiser jusqu'à ce que Khosrow soit renversé par le général Bahrām Chobin et s'enfuit en Arménie. Ils se rencontrent enfin. Cependant, Chirine refuse d'épouser Khosrow tant qu'il n'a pas repris son pays à Bahram Chobin.

Khosrow laisse alors Chirine en Arménie et se rend à Constantinople. Le César accepte de l'aider contre Bahram Chobin à condition qu'il épouse sa fille Mariam, et qu'il n'épouse aucune femme tant que Mariam est vivante. Khosrow réussit à vaincre son ennemi et reprend son trône. Mariam, par jalousie, sépare Khosrow et Chirine.

Pendant ce temps, l'architecte Farhad tombe amoureux de Chirine et devient le rival amoureux de Khosrow. Celui-ci, ne l'appréciant guère, l'envoie en exil sur la montagne de Behistun avec la tâche impossible de tailler des escaliers dans les rochers de sa falaise. Farhad commence sa tâche avec l'espoir d'obtenir de Khosrow la permission d'épouser Chirine. Mais, Khosrow lui envoie un messager avec la fausse nouvelle de la mort de Chirine. De désespoir, Farhad se jette du sommet de la montagne et meurt. Khosrow écrit une lettre à Chirine, exprimant son regret pour la mort de Farhad.

Puis Mariam meurt également. Il est à noté que, selon la version de Ferdowsi, Chirine l'a secrètement empoisonné. Ensuite, Chirine répond à la lettre de Khosrow par une lettre satirique de condoléances.

Avant de proposer le mariage à Chirine, Khosrow s'intéresse à une nommée Shekar à Ispahan. Ce qui retarde encore l'union des amants. Puis, il arrive enfin au chateau de Chirine qui le rejette, lui reprochant sa relation avec Shekar.

RéférencesModifier

  1. a et b Destin de la Géorgie (lire en ligne), p. 87.
  2. Hozhabri A. Proposing a Function for Char-Ghapi, Qasr-e-Shirin, Iran: Historical and Archaeological Evaluation. Iran Herit. 2019; 1 (1) :66-81
  3. Sykes, Sir Percy Molesworth. 1902. Ten Thousand Miles in Persia, or, Eight Years in Iran. New York: Charles Scribner's Sons.
  4. Paola Orsatti, « ḴOSROW O ŠIRIN », dans Paola Orsatti, Encyclopaedia Iranica,
  5. Henri Massé, « Une halte au Kurdistan », dans Mémoires de l'Académie de Stanislas, (lire en ligne), p. 71.