Ken Livingstone

homme politique britannique

Ken Livingstone
Illustration.
Ken Livingstone en 2016.
Fonctions
Maire de Londres

(8 ans)
Élection 4 mai 2000
Réélection 10 juin 2004
Prédécesseur Poste créé
Successeur Boris Johnson
Député britannique

(13 ans, 11 mois et 27 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Brent East
Législature 50e, 51e et 52e
Prédécesseur Reg Freeson
Successeur Paul Daisley
Chef du Conseil du Grand Londres

(4 ans, 10 mois et 15 jours)
Prédécesseur Horace Cutler
Successeur Poste supprimé
Biographie
Nom de naissance Kenneth Robert Livingstone
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Lambeth (Londres, Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Parti politique Parti travailliste (1968-2000, 2003-2018)

Ken Livingstone
Maires de Londres

Kenneth Robert Livingstone, dit Ken Livingstone, né le à Lambeth (Londres), est un homme politique britannique. Ancien membre du Parti travailliste, qu'il quitte en 2018, il est maire de Londres de 2000 à 2008.

Candidat indépendant dissident du Parti travailliste en 2000, il fut ensuite réélu avec le soutien officiel du parti en 2004 avant d'être battu en 2008 par le conservateur Boris Johnson. Auparavant, il avait été le leader du Greater London Council de 1981 à 1986 et sa suppression. Ken Livingstone est parfois surnommé « Ken le rouge » (Red Ken) à cause de son passé trotskiste.

ÉtudesModifier

Après avoir étudié à la Tulse Hill Comprehensive School, il travailla pendant 8 années comme technicien de recherche sur le cancer et devint professeur qualifié par la suite en 1973[réf. nécessaire].

Vie personnelleModifier

Ken Livingstone a travaillé comme critique de gastronomie. Il est aussi connu pour être amateur de tritons, dont il fait l'élevage. En 1973 il s'est marié avec Christine Pamela Chapman, de laquelle il divorce en 1982. Avec Emma Beal, directrice de son cabinet, ils ont deux enfants, Thomas et Mia[réf. nécessaire].

Vie politiqueModifier

En 1971, Ken Livingstone est élu dans le borough londonien de Lambeth. Deux ans plus tard, il devient membre du Parti travailliste au Greater London Council, puis devient le chef de cet organe en mai 1981, jusqu'à la suppression de celui-ci en 1986.

Se voulant socialiste, son administration est violemment combattue par les tabloïds et par la droite du parti travailliste. Son équipe représente selon lui l’« accession au pouvoir de la génération post-68 », une nouvelle gauche engagée sur les questions de la défense des minorités raciales et sexuelles, de l’anti-impérialisme, de l’antisexisme et qui préférait miser sur les coopératives et l’habitat communautaire plutôt que sur les nationalisations. Il parvint cependant à construire des passerelles avec la gauche syndicale traditionnelle[1].

De 1987 à 2001, il représente le borough londonien de Brent à la Chambre des communes. En 2000, il devient le premier maire de Londres en tant que candidat indépendant. Il garde cette fonction huit ans et en mai 2008, il perd l'élection au poste de maire de Londres face à Boris Johnson. Il échoue à le reconquérir, en .

Mesures en tant que chef du Great London CouncilModifier

Mesures économiquesModifier

Il engage des grands chantiers économiques visant à réindustrialiser la ville, alors en déclin. Il crée pour ce faire le comité des entreprises du Grand Londres (GLEB). Plusieurs zones industrielles désertifiées se virent offrir une seconde jeunesse grâce à l’établissement de coopératives et de petites entreprises. D'anciens sites d'industrie lourde firent l'objet de campagne de réhabilitation, à l’image des Royal Docks à Newham[1].

Il encourage fortement, par des incitations diverses, les habitants à voyager en bus et en métro[réf. nécessaire].

Interventions politiquesModifier

Il intervient beaucoup dans le débat public national, s'opposant à la politique de Margaret Thatcher (il fait par exemple afficher en permanence les chiffres du chômage sur de grandes bannières en face du Parlement), soutenant la grève des mineurs de 1984-1985, les luttes antiracistes, les droits des homosexuels, la réunification de l'Irlande et le combat contre l’apartheid en Afrique du Sud. Il scandalise la presse britannique lors des émeutes de Brixton contre les violences policières en avril 1981 en apparaissant aux côtés des manifestants[1].

Dissolution du GLCModifier

Le gouvernement de Margaret Thatcher, en conflit avec Ken Livingstone, fait dissoudre le Great London Council en 1986, l'année du « Big Bang » (série de mesures qui déréglementent la place financière de Londres)[1].

Mesures et faits en tant que maire de LondresModifier

En 2000, le Premier ministre Tony Blair et le chancelier de l'Échiquier Gordon Brown font en sorte d'empêcher Ken Livingstone, très critique à l'égard du New Labour, de se présenter sous la bannière travailliste aux élections municipales à Londres, le faisant exclure du parti. Candidat indépendant, Livingstone est élu avec 58% des voix au second tour[1].

Transports et logementsModifier

Maire de Londres, il s'engage en particulier sur la question des transports. Sa décision d'instaurer un péage-urbain pour accéder au centre-ville, qui a eu pour effet immédiat de réduire la circulation de plus de 10%, a été très controversée et vivement combattue par la presse. Parallèlement, les pistes cyclables sont étendues, le prix du ticket de bus plafonné et les lignes prolongées, entrainant une nette augmentation de la fréquentation des transports en commun. Un nouvel organisme, Transport for London, commence à réintégrer le réseau ferroviaire privé dans le giron public. Sa politique en matière de transport entre en contradiction avec celle du gouvernement, lequel lance au contraire un plan de privatisation partielle du métro[1].

L’amélioration des transports publics londoniens a aussi pour effet d'entrainer une hausse des prix de l'immobilier, et donc de favoriser la gentrification du centre-ville. La flambée du cout des logements est perçue comme l'échec le plus patent de Ken Livingstone[1].

MinoritésModifier

Il axe également sa politique en faveur des minorités. Une statue de Nelson Mandela fut ainsi inaugurée sur Parliament Square, à ce sujet Livingstone s'exprima : « Quel meilleur emplacement que notre place la plus connue pour poser une statue de Nelson Mandela afin que toutes les générations se rappellent le combat contre le racisme ? »[2].

En décembre 2005, Livingstone organisa Hannukah (fête juive des lumières) dans la mairie de Londres en faisant savoir que cet évènement serait désormais annuel[réf. nécessaire].

InternationalModifier

Il s'oppose à l'invasion de l'Irak et participe régulièrement aux manifestations pacifistes, qualifiant George W. Bush de « criminel de guerre »[1].

 
Affiche mettant en valeur les origines multiples des londoniens, installée à la suite des attentats en 2005.

Attentats du 7 juillet 2005Modifier

Quelques heures après les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, Livingstone s'exprima depuis Singapour, où il représentait Londres pour sa candidature aux Jeux olympiques d'été de 2012. Il était visiblement sous le choc et sa voix laissait paraître une colère contre les atrocités perpétrées dans sa ville[3].

Le , Livingstone s'exprima à nouveau sur la BBC mais cette fois ci sur le rôle de la politique étrangère britannique dans ces attentats[4].

PolémiquesModifier

 
Livingstone en 2012.

Il est critiqué pour avoir soutenu Hugo Chavez[5] et pour avoir séjourné à Cuba[6].

En , le journaliste Oliver Finegold tenta d’interviewer Ken Levingstone dans la rue alors qu'il sortait d'une réception privée au City Hall. Face à son insistance, Livingstone lui répondit alors que c'était « affreux de sa part » et le compara à un « garde de camps de concentration », entre autres[7]. À la suite de la violence des propos, l'association des représentants juifs britanniques (en) porta plainte à l'organisme indépendant Standards for England (en), qui saisit l'Adjudication panel for England (en). L'affaire souleva une importante indignation médiatique et politique parmi la diaspora juive[8], ou des personnalités comme Tony Blair. Ken Livingstone fut finalement suspendu de ses fonctions le par une décision controversée de l'Adjucation panel[9].

Au terme de plusieurs procédures, il fut estimé en appel que l'Adjudication Panel s'était fourvoyé. Par ailleurs, lors de l'inauguration du London Jewish Forum, le , Ken Livingstone s'est excusé auprès des membres de la communauté juive qui se seraient sentis offensés par ses propos[réf. nécessaire].

Il est accusé d’antisémitisme à l'issue d'une réunion avec des représentants de la communauté juive en mars 2012, certains participants l'accusant d'avoir déclaré que les juifs ne le soutenaient pas car ceux-ci étaient généralement riches[10],[11]. Il nie avoir fait de tels commentaires mais accepte de signer une lettre d'excuses[12].

En 2016, il est suspendu du Parti travailliste pour avoir affirmé, faisant allusion à l'accord Haavara, que Hitler avait encouragé le sionisme avant de devenir fou et de tuer six millions de Juifs[13]. Ce commentaire suscite une vive indignation y compris dans son propre parti[14]. Les propos de Livingstone sont critiqués par la plupart des historiens[15],[16],[17],[18]. Ainsi, pour l'historien Roger Moorhouse, dire que Hitler a soutenu le sionisme « est non seulement historiquement inexact, mais c’est également historiquement inculte »[19].

À la suite de ces polémiques, il démissionne du Parti travailliste le , déclarant : « Je n’accepte pas les allégations selon lesquelles j’ai jeté le discrédit sur le Labour ni celles selon lesquelles je serais coupable antisémitisme. J’abhorre l’antisémitisme, je l’ai combattu toute ma vie et continuerai de le faire »[20].

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g et h Owen Hatherley, « Londres, de l'utopie socialiste au paradis de la finance », sur Le Monde diplomatique,
  2. "There can be no better place than our greatest square to place a statue of Nelson Mandela so that every generation can remind the next of the fight against racism."
  3. Le maire de Londres condamne cette attaque lâche, article de la BBC
  4. Le maire de Londres dénonce la politique britannique au Moyen-Orient, BBC
  5. (en-GB) « Former London mayor Ken Livingstone pays tribute to 'friend' Hugo », sur Evening Standard, (consulté le )
  6. « BBC Learning English | London Mayor's unexpected visit to Cuba », sur www.bbc.co.uk (consulté le )
  7. transcript de la conversation entre K. Livingstone et O. Finegold, The Guardian
  8. (en) « Israel calls for Mayor to apologise », Evening Standard,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/england/london/4746016.stm
  10. « Ken Livingstone: Jews won't vote Labour because they are rich », sur www.thejc.com (consulté le )
  11. (en-GB) « Livingstone 'says Jews are too rich to vote for him' », sur The Independent, (consulté le )
  12. (en) Anshel Pfeffer, « Former London Mayor Forced to Apologize Over Controversial Remarks to Jewish Activists », Haaretz,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. Rainer Schulze, « Hitler and Zionism: Why the Haavara Agreement does not mean the Nazis were Zionists », Independent, 3 mai 2016, en ligne.
  14. « Livingstone dit qu’Hitler a été sioniste ; son collègue le traite d’ « apologiste nazi » », sur The Times of Israël (consulté le )
  15. « BobFromBrockley: Lenni Brenner says Ken's wrong », sur brockley.blogspot.be (consulté le )
  16. Rainer Schulze, « Labour antisemitism row: there was nothing Zionist about Hitler’s plans for the Jews », sur The Conversation (consulté le )
  17. (en-GB) « Livingstone Hitler comments 'inaccurate' - BBC News », sur BBC News (consulté le )
  18. (en) « Ken Livingstone, Lenni Brenner, and Historical Distortions : A Case Study », sur Harry's Place, (consulté le ).
  19. « Livingstone récidive sur le soutien d’Hitler au sionisme : « Ils ne l’enseignent pas en Israël » », sur The Times of Israël (consulté le )
  20. « Antisémitisme. L’ex-maire de Londres Ken Livingstone démissionne du Labour », ouest-france.fr, 21 mai 2018.