Ouvrir le menu principal

Le kémalisme (en turc : Kemalizm), également connu sous le nom d'atatürkisme (en turc : Atatürkçülük, Atatürkçü düşünce) ou « Les Six Flèches » est l'idéologie fondatrice de la République de Turquie. Le kémalisme, comme il fut défini par Mustafa Kemal Atatürk, consista au balaiement politique, social, culturel et religieux de réformes visant à séparer le nouvel État turc de son prédécesseur ottoman afin d'occidentaliser le mode de vie, incluant l’établissement de la démocratie, de la laïcité, de l'éducation libre et gratuite ainsi que du développement des sciences. Plusieurs de ces réformes furent introduites en Turquie pendant la présidence d'Atatatürk.

Plusieurs racines du kémalisme ont commencé à la fin de l'Empire ottoman avec de multiples réformes dans le but d'éviter le démantèlement imminent de l'Empire qui avait déjà commencé au début du XIXe siècle lors des réformes sous l'ère Tanzimat. Au milieu du siècle, les Jeunes-Ottomans ont tenté de créer une idéologie nationaliste ottomane, appelé aussi « ottomanisme », afin de dissiper la montée d'un nationalisme ethnique dans l'Empire et de mettre en place une démocratie limitée, pour la première fois, tout en gardant des influences islamistes. Au début du XXe siècle, les Jeunes-Turcs ont abandonné l'ottomanisme au profit d'un nouveau nationalisme en adoptant une politique laïque. Atatürk, influencé par les Jeunes-Ottomans et les Jeunes-Turcs, ainsi que par leurs différents succès et échecs, proclama la République de Turquie en 1923. Empruntant aux précédant mouvements des idées de laïcité et de nationalisme, cette république apporte pour la première fois l'enseignement gratuit ainsi que d'autres réformes qui seront conservés par les futurs leaders du gouvernement turque.

Sommaire

Les Six FlèchesModifier

 
Logo du Parti républicain du peuple fondé par Atatürk, représentant les Six Flèches

RépublicanismeModifier

Les réformes kémalistes représentent une révolution politique : un changement de l'État multinational ottoman en établissement de l'État-nation turc, et de la réalisation de l'identité nationale de la Turquie moderne. Pour Mustafa Kemal, l'ensemble de sa politique réformiste ne peut se concrétiser que sous la forme d'un État moderne. Le kémalisme s'identifie seulement dans une forme d'État républicain qui peut le mieux selon lui représenter les souhaits du peuple.

PopulismeModifier

La révolution kémaliste a également été une révolution de la population. C'était une révolution menée par une élite avec une orientation vers le peuple. Les réformes kémalistes ont apporté des changements pour les droits des femmes et par l'adoption des codes de loi occidentaux. Les femmes reçoivent le droit de vote en 1933 et elles ont le droit de se présenter lors des élections, ce qui n'était jamais arrivé auparavant. Néanmoins, l'explication officielle du populisme kémaliste a été de dire que le kémalisme s'élevait contre les privilèges et contre les distinctions de classes. L'ensemble des réformes est destiné à la seule nation turque, l'État n'est plus la propriété d'une famille ou d'un groupe social.

LaïcitéModifier

La laïcité kémaliste n'a pas simplement signifié la fin de l'intrusion de la religion dans les domaines des affaires juridiques, culturelles et éducatives ainsi qu'une séparation ; elle a imposé l'indépendance de la domination religieuse et des établissements religieux. Ainsi, la révolution kémaliste a également été une révolution laïque. La laïcité kémaliste n'est pas une laïcité athée mais une laïcité rationaliste, sur le modèle laïc français, la religion n'est donc pas contestée mais elle reste proscrite dans les institutions publiques, et elle ne peut influencer d'une quelconque façon l'État. Le kémalisme cherchait une nouvelle religion semblable à l'islam, mais il était opposé à la politique islamique de l'ancien Empire ottoman, un islam qui selon Mustafa Kemal nuisait à la démocratisation de la Turquie.

RévolutionnarismeModifier

Parmi les principes les plus importants qu'Atatürk a formulés sont les principes révolutionnaire et réformiste. Ces principes ont signifié l'élimination des traditions jugées archaïques au profit d'un concept moderne et réformateur. La révolution permanente doit signifier une période de changement significative pour la Turquie, et non un retour en arrière. La révolution kémaliste se réclamait de la Révolution française.

NationalismeModifier

Article détaillé : Nationalisme turc.

La révolution kémaliste a également été une révolution nationaliste. Le nationalisme kémaliste insiste sur la souveraineté de son peuple, notamment vis-à-vis des capitaux étrangers. Plusieurs institutions d'État ont été créées en suivant ce mouvement nationaliste. Mustafa Kemal a eu recours à plusieurs moyens d'unification afin de parvenir à créer une « nation turque ».

ÉtatismeModifier

Pour Atatürk, la modernisation complète de la Turquie ne peut venir que de l'État et du développement de son économie. Par la suite, l'économie turque devient alors étatiste et surgit l'État interventionniste. L'activité économique y est gérée par le gouvernement.

Armée turqueModifier

L'armée turque, après la mort de Mustafa Kemal en 1938, reste très fortement imprégnée des principes du fondateur de la Turquie. L'avènement du multipartisme et de la démocratie en 1950 marque une remise en cause partielle du kémalisme, notamment la laïcité. Cette évolution oblige l'armée à mener de fréquentes interventions dans la vie politique pour garantir le maintien des principes kémalistes au sein de la république turque.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier