Josette Audin

militante politique française
Josette Audin
Image dans Infobox.
Josette Audin avant 1957.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
BobignyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Josette Marie Léonie SempéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Française
Algérienne (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Conjoint
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Lycée Romain-Rolland (d) (-), lycée Geoffroy-Saint-Hilaire (-), lycée Gautier (d) (années 1950-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique

Joset Audin, née Sempé le à Alger et morte le à Bobigny, est une professeure de mathématiques et militante politique contre le racisme et le colonialisme, épouse de Maurice Audin, sur la disparition duquel elle a demandé toute sa vie des explications.

BiographieModifier

Joset Sempé est née à Alger, de nationalité française. Elle rencontre Maurice Audin à la faculté, ils ont tous les deux une vingtaine d'années et partagent la même passion pour les mathématiques. Joset Audin est alors adjointe d'enseignement de mathématiques au lycée Gautier d'Alger[1],[2]. Ils se marient en et ils ont trois enfants : Michèle en , Louis en octobre 1955 (décédé en 2006) et Pierre en [2].

Outre les mathématiques, Joset et Maurice partagent le même amour de l'Algérie, de ses peuples et de ses traditions, le même rejet du colonialisme, la même conviction que les Algériens ont droit à la dignité et à l'autodétermination. Lorsque le conflit éclate, fin 1954, ces deux membres du Parti communiste algérien espèrent une émancipation du territoire[2].

Maurice Audin est enlevé par les paras de l’armée française le et déclaré « disparu » ensuite : dix jours plus tard, la version officielle des autorités annonce à Joset que son mari s'est échappé d'une Jeep et qu'il a disparu. En réalité, il a été transféré, comme d'autres, dans un centre d'interrogatoire situé au centre d'Alger, où il est soumis à la torture. L'historien Pierre Vidal-Naquet a établi[3], faits à l'appui, que Maurice Audin était mort sous la torture des paras le , mais la vérité n'est pas admise officiellement[4]. Elle dépose plainte contre X pour homicide volontaire le 4 juillet et lutte pour que la vérité soit faite sur la mort de son époux[5].

Joset Audin quitte l'Algérie en 1966, après le coup d'état d'Houari Boumediene. Elle enseigne au lycée Romain-Rolland d'Argenteuil de 1967 jusqu'à sa retraite en 1991[6]. À chaque élection présidentielle, Joset Audin prend la plume pour écrire au nouveau président[7]. Elle reçoit en tant que militante du MRAP la décoration de chevalier de la Légion d’honneur en novembre 1983 par le général de Bollardière. Elle reçoit également avec ses enfants une indemnité à la suite de l'intervention de Robert Badinter. Son combat a également été mené par sa fille, la mathématicienne Michèle Audin. Le président de la République François Hollande a fait un premier pas en reconnaissant en 2014 que Maurice Audin était mort en détention[8], puis le président Emmanuel Macron reconnaît la responsabilité de l'État français dans la mort de Maurice Audin le [9]. Il annonce la dérogation générale des archives relatives aux disparus de la guerre d'Algérie et encourage les témoins à faire connaître la vérité[7].

Joset Audin meurt le [10] à l'hôpital de Bobigny.

RéférencesModifier

  1. http://maitron.fr/spip.php?article153671.
  2. a b et c Philippe-Jean Catinchi, « Mort de Joset Audin, militante communiste et anticolonialiste », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Marie Quenet, « La veuve de Maurice Audin en appelle à Hollande », Le Journal du Dimanche,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Jack Dion, « Le "j'accuse" de Joset Audin », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Torture en Algérie: plainte de Joset Audin », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. AS et GB, « Joset Audin se souvient », L'Argenteuillais, no 10,‎ , p. 21 (lire en ligne).
  7. a et b Nathalie Funes, « "Il n'y aurait pas eu d'affaire Audin sans Joset Audin" », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. Nelly Terrier, « Joset Audin, un combat de vérité et d’amour », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Nathalie Funes, « La déclaration de Macron qui reconnaît la responsabilité de l'Etat dans la mort de Maurice Audin », sur L'Obs, (consulté le ).
  10. « Décès de Joset Audin, veuve de Maurice Audin assassiné en 1957 par l'armée coloniale française en Algérie - Alger républicain », sur www.alger-republicain.com (consulté le )

Liens externesModifier