John Turner (homme politique)

Premier ministre du Canada en 1984

John Turner
Illustration.
John Turner en 2018.
Fonctions
Chef de l'opposition officielle

(5 ans, 4 mois et 21 jours)
Monarque Élisabeth II
Premier ministre Brian Mulroney
Législature 32e
Prédécesseur Brian Mulroney
Successeur Herb Gray
17e Premier ministre du Canada

(2 mois et 18 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Jeanne Sauvé
Gouvernement 23e conseil des ministres
Prédécesseur Pierre Elliott Trudeau
Successeur Brian Mulroney
9e Chef du Parti libéral du Canada

(6 ans et 6 jours)
Prédécesseur Pierre Elliott Trudeau
Successeur Jean Chrétien
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Richmond (Angleterre, Royaume-Uni)
Date de décès (à 91 ans)
Lieu de décès Toronto (Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti libéral
Conjoint Geills McCrae Kilgour
Profession Avocat
Religion Catholicisme

Signature de John Turner

John Turner (homme politique) John Turner (homme politique)
Premiers ministres du Canada

John Napier Wyndham Turner, né le à Richmond (Angleterre) et mort le 19 septembre 2020 à Toronto (Ontario)[1], est un avocat et homme d'État canadien.

Il est premier ministre du Canada du au , fonction à laquelle il accède en sa qualité de chef du Parti libéral du Canada, qu'il occupe du au . Il est également chef de l'opposition officielle du au .

BiographieModifier

John Turner naît le à Richmond dans le Surrey en Angleterre, d'un père journaliste de nationalité britannique et d'une mère de nationalité canadienne originaire de Colombie-Britannique[2]. Au décès de son père, en 1932, alors qu'il n'a que trois ans, sa mère (en) ramène la famille au Canada et s'installe d'abord chez ses parents à Rossland en Colombie-Britannique, puis en 1934 à Ottawa où elle travaille comme économiste pour le gouvernement du Canada. Après la guerre, elle épouse Frank Ross, un industriel de Vancouver[3]. C'est ainsi que John Turner se retrouve à Vancouver où il étudie à l'Université de la Colombie-Britannique, de laquelle il obtient un baccalauréat universitaire ès lettres avec honneurs.

Par la suite, il poursuit des études au Magdalen College de l'Université d'Oxford (récipiendaire d'une bourse Rhodes, licencié en droit civil). En 1952, il est admis au barreau britannique et pratique le droit criminel dans le district londonien de Bow Street, avant de continuer ses études pendant un an à l'université de Paris (Sorbonne)[3]. Fin 1953, de retour au Canada, Turner pratique le droit à Montréal pour la firme McMillan & Binch avant d'être élu au Parlement du Canada en 1962[4].

Carrière politiqueModifier

John Turner se joint au Parti libéral du Canada en 1960 et devient candidat du parti lors des élections fédérales de juin 1962. Il est élu député de la circonscription de Saint-Laurent—Saint-Georges à la Chambre des communes.

Il sert dans le cabinet du premier ministre Lester B. Pearson dans divers postes de ministre. Lorsque Pearson se retire, Turner est candidat pour lui succéder, et il termine au troisième rang lors de la convention libérale en 1968, lors de la victoire de Pierre Trudeau. Turner sert au cabinet de Trudeau comme ministre de la Justice pendant la Crise d'Octobre, puis est ministre des Finances jusqu'à sa démission en 1975. La loi Public Order Temporary Measures Act de (Crise d'Octobre), qui sert à remplacer la Loi des mesures de guerre, porte aussi son nom (les journaux parlaient de Loi Turner).

De 1975 à 1984, il œuvre comme avocat à Bay Street. Quand Pierre Trudeau démissionne en tant que chef du Parti libéral en 1979, Turner annonce qu'il ne sera pas candidat pour la chefferie du Parti libéral.

Premier ministreModifier

Lors de la seconde démission du premier ministre Trudeau en 1984, John Turner se présente à nouveau et est élu chef du parti, devant Jean Chrétien, lors de la convention libérale de .

John Turner est premier ministre du Canada pendant un peu plus de 2 mois et demi. Son mandat est parmi les plus courts de l'histoire politique canadienne. Son gouvernement ne promulgue aucune législation durant son passage.

Défaite par les conservateurs de MulroneyModifier

Il est défait par le Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney lors de l'élection fédérale canadienne de 1984, ne récoltant qu'une quarantaine de sièges. Le tournant de la campagne est sans aucun doute le débat des chefs au milieu de l'élection, défavorable à Turner.

Chef de l’opposition officielleModifier

Après l'élection, Turner devient chef de l'opposition, et perd de nouveau contre Brian Mulroney lors de l'élection fédérale canadienne de 1988.

Retrait de la vie politiqueModifier

Jean Chrétien démissionne du Parlement en 1985, et mène une longue et amère lutte pour prendre la place de John Turner, et réussit finalement lorsque Turner démissionne comme chef du parti en 1990.

Vie privéeModifier

John Turner s'est marié le à Geills McCrae Kilgour, Ils ont une fille, Elizabeth, et trois fils, Michael, David et Andrew[5].

Résultats électorauxModifier

Chambres des communesModifier

Élection Circonscription Parti Voix % Résultats
Fédérales de 1962 Saint-Laurent—Saint-Georges Libéral 7 227 51,9 Élu
Fédérales de 1963 Saint-Laurent—Saint-Georges Libéral 8 552 58,3 Élu
Fédérales de 1965 Saint-Laurent—Saint-Georges Libéral 6 920 60,1 Élu
Fédérales de 1968 Ottawa—Carleton Libéral 28 987 66,2 Élu
Fédérales de 1972 Ottawa—Carleton Libéral 31 316 47,4 Élu
Fédérales de 1974 Ottawa—Carleton Libéral 38 463 53,4 Élu
Fédérales de 1984 Vancouver Quadra Libéral 21 794 43,9 Élu
Fédérales de 1988 Vancouver Quadra Libéral 24 021 44,0 Élu

ArchivesModifier

Il y a un fonds d'archives John Turner à Bibliothèque et Archives Canada[6].

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Former prime minister John Turner has died: reports », sur Toronto Sun, (consulté le 19 septembre 2020)
  2. Ottawa (PC), « Personnalité des chefs fédéraux: un même goût pour la victoire », La Tribune,‎ , B 7 (lire en ligne)
  3. a et b Ben Ward, « John Turner voudrait bien que les gens oublient "l'épisode Margaret" », La Tribune,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  4. Gilbert Lavoie, « Six avocats contre un agriculteur - L'heure des choix est arrivée », La Presse,‎ , A9 (lire en ligne)
  5. « Mme Turner tient à sa vie privée », Le Soleil,‎ , p. A-14 (lire en ligne)
  6. « Fonds John Turner, Bibliothèque et Archives Canada »

Liens externesModifier