Jean de Picquigny

Jean de Picquigny
Naissance XIVe siècle
Décès après 1358
Évreux
Allégeance roi de France puis roi de Navarre
Années de service 1346 – avant mai 1359
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Bataille d'Amiens (1358)

Jean de Picquigny fut un noble picard, de la Maison de Picquigny, qui vécut au XIVe siècle et joua un rôle au service du roi de France puis du roi de Navarre pendant la guerre de Cent Ans.

BiographieModifier

FamilleModifier

Issu de la Maison de Picquigny dont la branche aînée était seigneur de Picquigny et vidame d'Amiens, Jean de Picquigny était le fils de Robert de Picquigny, conseiller du roi qui mourut entre 1345 et 1350 et de Jeanne de Fluy. De cette union naquirent sept fils et une fille. Jean de Picquigny était l'aîné, son frère Mathieu prit une part active aux événements dans lesquels son aîné fut impliqués. Jean de Picquigny avait servi dans l'armée du roi en 1346 et partageait, avec Jean de Gonnelieu, le gouvernement de l'Artois pour le compte du roi Jean le Bon, tuteur du jeune duc de Bourgogne Philippe de Rouvre[1]. Il épousa Jeanne de Milly, héritière de la seigneurie de Milly dans le Beauvaisis; ils eurent ensembles quatre fils, Robert, Renaud, Jean et Mathieu.

Un partisan de Charles le Mauvais, roi de NavarreModifier

Jean de Picquigny, seigneur de Fluy, avait été député de la noblesse du bailliage d'Amiens, aux États généraux de 1355 et 1356. En , il entra au Grand Conseil et son frère Mathieu, chanoine d'Amiens, devenait collecteur de subsides ordonnés par les États[1].

En 1356, Jean de Picquigny, agissait de concert avec Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris. Profitant de la défaite de Poitiers et de la captivité du roi de France, Jean de Picquigny, à la demande la noblesse partisane de réforme, délivra avec l'aide de ses frères Robert et Philippe, le roi de Navarre Charles le Mauvais qui était détenu sur ordre du roi Jean le Bon, au château d'Arleux, près de Cambrai[1].

Il emmena Charles le Mauvais à Amiens où il fut désigné « bourgeois d'Amiens » par les échevins, ce qui était incongru pour un prince de sang royal. Il accompagna ensuite le roi de Navarre à Paris. Mahy, frère de Jean, prit une part active à ces événements.

Après l'assassinat d’Étienne Marcel, le dauphin Charles, régent du royaume pendant la captivité de son père, se retrouva maître de Paris. Sa position restant fragile, il promit, dans la première quinzaine de , l'oubli du passé aux habitants d'Amiens[2].

Il fallait au parti navarrais agir sans attendre. Jean de Picquigny, réfugié dans son château de La Hérelle, près de Breteuil-sur-Noye, décida de s'introduire dans Amiens pour y libérer son épouse emprisonnée par les hommes du dauphin[3].

La bataille d'Amiens du 16 septembre 1358Modifier

Dans la ville d'Amiens, Jean de Picquigny pouvait compter sur trois puissants alliés, le maïeur d'Amiens, le capitaine de la ville et l'abbé du Gard.

Des hommes d'armes furent introduits clandestinement dans les caves et les greniers de l'hôtel de l'abbé du Gard et des maisons avoisinant la porte de Saint-Firmin. La commune d'Amiens était à cette époque en train de construire un nouveau rempart au sud de la ville. Il y avait donc un espace compris entre deux ceintures fortifiées dans lequel s'étendaient des faubourgs.

Jean de Picquigny choisit d'attaquer la ville par la porte de La Hotoie, à l'entrée de la nouvelle enceinte. Au petit matin du , avec les sires de Gauville, de Fricamp et de Béthisy, Jean de Picquigny pénétra dans le faubourg à l'extérieur de l'ancienne muraille du XIIe siècle, avec près de 800 hommes d'armes au cri de : « Navarre! Navarre! »

À ces cris, les partisans du dauphin se réveillèrent, s'armèrent et engagèrent la lutte au corps à corps dans les faubourgs. L'alarme fut donnée à l'intérieur de la ville et les hommes d'armes fidèles au dauphin s'élancèrent à leur tour dans la bataille.

Des Amiénois restés fidèles au dauphin purent prévenir le connétable de Robert de Fiennes et le comte de Saint-Pol qui étaient à Corbie. Ils arrivèrent dans Amiens par la porte Saint-Michel avec 400 lances. Jean de Picquigny fut obligé de battre en retraite tout en pillant puis incendiant les faubourgs Saint-Jacques, Saint-Rémi, Saint-Michel ainsi que l'abbaye Saint-Jean[3]...

Une fin tragiqueModifier

Jean de Picquigny mourut dans un accès de folie, à Évreux, avant , il avait tué son chambellan, selon le chroniqueur Jean le Bel[4].

Liens internesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c Suzanne Honoré-Duverge, « Des partisans de Charles le Mauvais : les Picquigny » in Mélanges, Paris, Bibliothèque de l’École des Chartes, volume 107 - 1, 1948 p. 82-92
  2. Hubscher (sous la direction de), Histoire d'Amiens, Toulouse, Éditions Privat, 1986 (ISBN 2 - 7 089 - 8 232 - X)
  3. a et b Albéric de Calonne, Histoire de la ville d'Amiens, tome 1 - chapitre VI, II : Intrigues et conspiration du roi de Navarre, Amiens, Piteux frères, 1899 - réédition, Bruxelles, Éditions culture et civilisation, 1976
  4. Suzanne Honoré-Duverge, « Des partisans de Charles le Mauvais : les Picquigny » in Mélanges, Paris, Bibliothèque de l’École des Chartes, volume 107 - 1, 1948 pp. 82-92