Jean Séguy (sociologue)

sociologue français

Jean Séguy, né le à Duras, dans le Lot-et-Garonne et mort le , à Liancourt, dans l'Oise, est un sociologue des religions et directeur de recherche au CNRS français.

Jean Séguy
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Directeur de recherche au CNRS
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BiographieModifier

Jean Séguy naît en 1925 à Duras, dans le Lot-et-Garonne. Il passe une partie de son enfance à Bône, en Algérie, où son père travaille pour la manufacture des tabacs[1], puis poursuit ses études au lycée d'Oran, où il passe son baccalauréat. Il participe en 1944 aux combats de la Seconde Guerre mondiale au sein de la Première armée française en Algérie, et est démobilisé en 1945, avec la croix de Guerre[2]. Il obtient une licence d’anglais à la faculté des lettres de Paris et prépare un certificat d’histoire des religions à l’École pratique des hautes études, où il suit les séminaires d'Oscar Cullmann et d’Émile-Guillaume Léonard[1]. Il soutient une thèse d'État intitulée Les assemblées anabaptistes-mennonites de France, en 1970[3]. Il entre au CNRS en 1960[4], et rejoint le Groupe de sociologie des religions[5], dont il est membre jusqu'à sa retraite académique en 1993. Il est chargé de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales de 1966 et 1990 et rédacteur en chef des Archives de sciences sociales des religions de 1981 à 1988[6].

Activités de rechercheModifier

Dans sa thèse qu'il publie en 1977, Jean Séguy s'intéresse aux anabaptistes mennonites dans une perspective diachronique depuis le XVIe siècle jusqu'à la période contemporaine. Il étudie d'abord les origines de l'anabaptisme à Strasbourg, dans le reste de l'Alsace, à Montbéliard et en Lorraine[7]. La répression dont est victime l'anabaptisme bernois provoque un exil, au XVIIe siècle vers Sainte-Marie-aux-Mines, mais les anabaptistes sont à leur tour expulsés en 1712. Il s'intéresse également à la vie religieuse, à la piété mennonite progressivement influencée par le piétisme, à la vie sociale et professionnelle. Enfin il étudie les transformations profondes après-guerre, et aux liens noués avec les mennonites américains[7].

Son expertise est reconnue dans la sociohistoire des protestantismes, il est également spécialiste des non-conformismes religieux et laisse une œuvre intellectuelle très importante dans les domaines de la sociologie du charisme et de l'autorité, et des dynamiques communautaires utopiques[8].

PublicationsModifier

  • Les Sectes protestantes dans la France contemporaine, Paris, Beauchesne, 1956[9]
  • Ernst Troeltsch et sa sociologie du christianisme, Paris, Cercle Ernest Renan, 1961.
  • Les Conflits du dialogue, Paris, Le Cerf, 1973[10]
  • Les Assemblées anabaptistes-mennonites de France, Paris-La Haye, Mouton, 1977[11]
  • Christianisme et société. Introduction à la sociologie de Ernst Troeltsch, Paris, Le Cerf, 1980[12]
  • Conflit et utopie, ou Réformer l'Église. Parcours wébérien en douze essais, Paris, Le Cerf, 1999[13]
  • (coll.) Le retour du Christ, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 2002, 191 p. (ISBN 978-2802800323).

RéférencesModifier

  1. a et b Danièle Hervieu-Léger, « Jean Séguy, ou le compromis impossible », Archives de sciences sociales des religions, 2020, p. 185-216
  2. Philippe Gardy, « Un sociologue des religions en occitanisme, Jean (-Baptiste) Séguy », Lengas, no 85,‎ (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).
  3. Notice du Sudoc, 1970 [lire en ligne].
  4. Jacques Maître, « L’entrée de Jean Séguy dans le GSR », Archives de sciences sociales des religions, no 141,‎ , p. 157-158 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).
  5. "Site du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités
  6. Danièle Hervieu-Léger, « In Memoriam Jean Séguy (1925-2007) », Archives de sciences sociales des religions, 2008, n°141.
  7. a et b Michel Reulos, « Jean Seguy, Les assemblées anabaptistes-mennonites de France », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 26, no 2,‎ , p. 313-315 (lire en ligne, consulté le 8 mars 2020).
  8. Sébastien Fath, « Regard sur Jean Séguy. Un sociologue du non-conformisme religieux chrétien », cours donné à l'’EHESS le 19 décembre 2008 [lire en ligne]
  9. [compte rendu] Henri Chirat, « J. Séguy, Les sectes protestantes dans la France contemporaine, 1956 », Revue des sciences religieuses, vol. 33, no 3,‎ , p. 309-310 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).
  10. [compte rendu] Danièle Hervieu-Léger, « Séguy (Jean) Les Conflits du Dialogue », Archives de sciences sociales des religions, no 37,‎ , p. 261-262 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).
  11. [compte rendu] Jacques Gutwirth, « J. Séguy, Les Assemblées anabaptistes-mennonites de France », L'Homme, vol. 19, no 2,‎ , p. 130-131 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).
  12. [compte rendu] Alfred Dumais, « Séguy (Jean) Christianisme et société. Introduction à la sociologie de Ernst Troeltsch », Archives de sciences sociales des religions, vol. 51, no 2,‎ , p. 290-291 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).
  13. [compte rendu] Pierre Bréchon, « Séguy Jean, Conflit et utopie, ou réformer l'Église. Parcours wébérien en douze essais », Revue française de sociologie, vol. 41, no 4,‎ , p. 797-798 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • [hommage] Danièle Hervieu-Léger, « In Memoriam Jean Séguy (1925-2007) », Archives de sciences sociales des religions, vol. 141,‎ , p. 155-157 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).
  • Danièle Hervieu-Léger, « Jean Séguy, ou le compromis impossible », Archives de sciences sociales des religions, vol. Hors-série, no 1,‎ , p. 185-216 (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier