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Jean Montalat

personnalité politique française

Jean Montalat
Fonctions
Député (1951-1958)
Gouvernement IVe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tulle
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Limoges
Nature du décès Accident de voiture
Résidence Première circonscription de la Corrèze

Jean Montalat, né le 12 juillet 1912 à Tulle et mort le 22 septembre 1971 à Limoges, est un homme politique français. Député de Corrèze, il a notamment fait connaître en 1964 la célèbre formule « La Corrèze avant le Zambèze »[1], souvent attribuée par erreur à Raymond Cartier[2],[3].

BiographieModifier

Jeunes annéesModifier

Fils d'officier, Jean Montalat fait ses études au lycée Gay-Lussac à Limoges, puis au Prytanée militaire de la Flèche. Après quelques années passées sur les bancs de la Faculté, à Limoges puis à Strasbourg, il s'installe comme pharmacien à Tulle en 1935.

La Seconde Guerre mondialeModifier

Mobilisé en septembre 1939, il rejoint après la défaite le réseau Alliance. Pourchassé par la Gestapo, il parvient en 1943 à gagner l'Algérie, et entre à l'état-major des Forces françaises libres, auprès du général Cochet. Au lendemain de la guerre, Jean Montalat se voit décerner, pour son action dans la Résistance, la Légion d'honneur[4], la croix de guerre 1939-1945, la Médaille de la Résistance et la Médaille des évadés.

Carrière politiqueModifier

Membre dès avant la guerre des Jeunesses socialistes, Jean Montalat devient à la Libération secrétaire de la fédération socialiste de la Corrèze. À l'occasion des élections d'octobre 1947, il entre au conseil municipal de Tulle, et devient moins de deux ans plus tard, le 9 mai 1949, le premier adjoint au maire.

Candidat aux élections législatives du 17 juin 1951 dans la 1re circonscription de la Corrèze, Jean Montalat figure en deuxième position, derrière Henri Queuille, sur une liste commune au Parti radical, à la SFIO, au MRP et au RGR. La liste emporte deux des quatre sièges à pourvoir. Les deux autres sièges vont aux communistes Léonard Chausson et Jean Goudoux. Le scrutin voit la défaite du candidat du RPF, l'ancien ministre des armées et député sortant Edmond Michelet.

Délaissant son officine de Tulle pour se consacrer entièrement à ses activités politiques, Jean Montalat est nommé membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées, dont il est aussi élu secrétaire, de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, et de la Commission des immunités parlementaires. Il est par ailleurs désigné par la Commission de la défense nationale pour siéger au sein de la « Commission de coordination pour l'examen des problèmes intéressant les États associés d'Indochine ». L'activité parlementaire de Jean Montalat témoigne d'un certain éclectisme, puisqu'elle touche aussi bien aux questions sanitaires et sociales (il est l'auteur de plusieurs textes sur la répression de l'usage et du trafic de stupéfiants) qu'aux questions militaires et stratégiques. Jean Montalat est intervenu en particulier à plusieurs reprises à la tribune de l'Assemblée nationale pour réclamer la réouverture par la justice française du dossier du général Heinz Lammerding, commandant la division Das Reich, responsable en juin 1944 du massacre de Tulle et de celui d'Oradour-sur-Glane.

Candidat au renouvellement de son mandat aux élections législatives du , Jean Montalat est cette fois placé en première position sur la liste de la SFIO. Il conclut un apparentement avec la liste radicale de Henri Queuille et la liste indépendante d'Ernest Bounaix. La liste emporte l'un des quatre sièges à pourvoir; Henri Queuille retrouve lui aussi son siège, et le PCF obtient de nouveau deux élus.

Jean Montalat retrouve la Commission de la défense nationale, la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, et la Commission des immunités parlementaires. Il est par ailleurs élu, le , vice-président de la Commission de la défense nationale. Le député de la Corrèze dépose au cours de la législature plusieurs textes importants. Il est notamment l'auteur d'un rapport, déposé le au nom de la Commission de l'intérieur, sur le projet de loi accordant au gouvernement des pouvoirs spéciaux pour le rétablissement de l'ordre en Algérie. En qualité de rapporteur, il intervient le lendemain à la tribune de l'Assemblée, pour souligner la nécessité de « promouvoir de toute urgence une politique sociale et économique en faveur des musulmans algériens » et rappeler l'« indissolubilité » des liens qui unissent la France et l'Algérie.

Jean Montalat dépose aussi, le , une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à obtenir que la création d'une « Commission internationale d'enquête sur les crimes contre l'humanité », amorce d'une véritable juridiction pénale internationale, soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine session de l'Organisation des Nations unies : « marquée par un paroxysme de la criminalité internationale ainsi que par la découverte de moyens de destruction capables d'anéantir toute vie humaine sur la surface de la terre en quelques heures, à cause même de cette marque, notre époque est, doit être, celle de l'instauration d'un ordre public légal international », écrit-il dans ce texte aux accents prophétiques.

Jean Montalat intervient encore longuement le , au cours de la discussion du projet de loi de finances pour 1958, pour évoquer le programme français de construction d'un armement nucléaire, programme« officiellement clandestin » et déjà bien avancé grâce aux travaux menées par le Commissariat à l'énergie atomique depuis le début des années 1950. Devant le ministre de la défense nationale et des forces armées, Jacques Chaban-Delmas, Jean Montalat plaide pour un changement dans la répartition des compétences entre le CEA et les armées : « il faut que le Commissariat à l'Energie Atomique soit chargé de préparer les matières fissiles et que toutes les études connexes sur la balistique, la chimie, la physique, les matériaux, les mathématiques soient confiées à l'armée qui dispose des équipes nécessaires pour ce travail », demande le député de la Corrèze. Il ne sera pas entendu : quelques mois plus tard, en , la création de la Direction des applications militaires (DAM) viendra sceller la prééminence du Commissariat à l'énergie atomique dans la conduite du programme nucléaire militaire français.

Il est partisan du retour au pouvoir du général de Gaulle, en faveur duquel il vote le .

Élu maire de Tulle en 1959, réélu en 1965, il conserve son mandat jusqu'aux élections de 1971 et décède en septembre de la même année d'un accident de voiture à Naves (Corrèze).

Notes et référencesModifier

  1. « Séance du mercredi 10 juin 1964 », sur archives.assemblee-nationale.fr, Assemblée nationale, (consulté le 1er mai 2015) : « Au moment où nous discutons de l'aide que la France apporte aux pays sous-développés et à certains pays voisins, la tentation est grande pour moi, député, maire de Tulle, alors qu'un slogan à la fois facile et pittoresque court les rues, à savoir « la Corrèze avant le Zambèze », de vous rappeler quelques arguments anciens. »
  2. Bertrand Le Gendre, 1962 : l'année prodigieuse, Denoël, , 304 p. (ISBN 2207111628), « Un argumentaire qui passera à la postérité sous le slogan, qui n'est pas de Raymond Cartier : « La Corrèze avant le Zambèze. » »
  3. Michel Contat, « "Petit inventaire des citations malmenées", de Paul Deslamand et Yves Stalloni : on achève bien les citations », sur lemonde.fr, (consulté le 1er mai 2015) : « Fausses attributions : "La Corrèze avant le Zambèze" n'est pas de Raymond Cartier, dont cette phrase résume pourtant la doctrine, mais du député Jean Montalat »
  4. « Cote 19800035/1107/26754 », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussiModifier

Liens externesModifier