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Jean Espariat

maire d'Aix-en-Provence

Jean Espariat
Illustration.
Espariat calmant les oppositions entre soldats de Royal-Vexin et Royal-Marine.
Fonctions
1er maire d'Aix-en-Provence

(9 mois et 1 jour)
Successeur Toussaint-Bernard Émeric-David
3e maire d'Aix-en-Provence

(1 an et 19 jours)
Prédécesseur Toussaint-Bernard Émeric-David
Successeur Laurent Elzéar Perrin
Député à l'Assemblée législative
Biographie
Nom de naissance Jean Espariat
Date de naissance
Lieu de naissance Aix-en-Provence
(Bouches-du-Rhône)
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Aix-en-Provence
(Bouches-du-Rhône)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Avocat

Jean Espariat
Maire d'Aix-en-Provence

Jean Espariat (Aix-en-Provence, – id., ) est un avocat français qui fut le premier maire de la ville d'Aix-en-Provence, commissaire du Roi pour la création du département des Bouches-du-Rhône, président du Tribunal civil du district d’Aix, député à l'Assemblée Législative, procureur général sous l'Empire et chevalier de la Légion d'honneur. Il reste célèbre pour son intervention courageuse ayant évité un massacre entre le régiment de Royal-Vexin et celui de Royal-Marine le .

BiographieModifier

Avocat au parlement d'AixModifier

Issu d’une ancienne famille provençale enrichie dans le commerce (soie, orfèvrerie, …)[1], Jean Espariat est avocat au Parlement jusqu’aux débuts de la Révolution française.

Administrateur d'Aix lors de la RévolutionModifier

Jean Espariat est proclamé premier maire d'Aix le au soir avec 663 voix sur 858 votants, contre le président de la chambre des Comptes, Aides et Finances de Provence, M. d'Albert de Bornes, installé à sa charge le 21 février[2]. En revanche, l'élection des onze officiers municipaux est plus laborieuse et nécessite quatre jours[3]. Jean Espariat est rapidement confronté aux débordements révolutionnaires.

Le , le maire Espariat, considéré comme un homme d'ordre modéré[4], se rend célèbre en s’interposant courageusement, décoré de son écharpe, entre un régiment patriote, le Royal-Vexin et un régiment royaliste, le Royal-Marine, alors que ceux-ci allaient s'entre-massacrer sur le cours Saint-Louis à Aix[5]. Se jetant entre les deux régiments, il s'écrie : « Non, citoyens, je ne serai point témoin d'un aussi horrible spectacle, non, je n'aurai pas la douleur de voir mes frères s'exterminer entre eux. Faites feu, et la première victime sera celui qui voulait rétablir la concorde[6] ». Des gravures restituent cet acte héroïque. De cette manière, Espariat prouve à ses administrés qu'il ne laisse pas l'anarchie s'installer et sauvegarde la paix civile à Aix durant quelques mois encore.

Espariat administre Aix dans un contexte agité et doit endurer les attaques répétées des Antipolitiques (menés par l'abbé Rive, révolutionnaire forcené) qui forment la faction la plus avancée de la Gauche. Il est élu juge du Tribunal civil d'Aix à l'automne 1790 et se démet de ses fonctions de maire alors que des massacres se préparent à Aix. À l’époque de ces massacres qui emportèrent notamment son collègue l’avocat Pascalis, Espariat avait, depuis le [7], remis ses pouvoirs au vice-maire Toussaint-Bernard Émeric-David[8] qui eut certaines difficultés à justifier ces débordements tant le corps municipal d'Aix sembla passif en cette occasion.

Jean Espariat fut également, au printemps 1790, l’un des trois commissaires du Roi délégués à la formation du département des Bouches-du-Rhône avec l'abbé de Quinson, prévôt de l’église d’Arles, et d'Antoine Balthazar Joachim d'André, député à la Constituante.

Député à la LégislativeModifier

Les électeurs envoient Jean Espariat, alors président du Tribunal civil du district d’Aix, à l’Assemblée législative pour le département des Bouches-du-Rhône en septembre 1791. Député de la Plaine, Espariat prend notamment la parole pour condamner les crimes d'Avignon et demander le renvoi des responsables devant la Haute Cour de justice. Mais c'est à la commission des finances qu'il se rend le plus utile.

Procureur général sous l'EmpireModifier

À l'expiration de son mandat législatif, le 20 septembre 1792, Jean Espariat revient à Aix et reprend ses anciennes fonctions judiciaires. Il est emprisonné sous la Terreur[9]. Sous le Directoire, Espariat est administrateur du département des Bouches-du-Rhône. Sous le Consulat, Bonaparte nomme Jean Espariat procureur général près la Cour de justice criminelle des Bouches-du-Rhône et l'Empire en fera l'un des premiers chevaliers de l'Ordre de la Légion d'honneur[10]. Il est également membre de la société académique d'Aix. Il décède le dans sa ville natale[10].

Rue Espariat à Aix-en-ProvenceModifier

Une rue historique de sa ville natale porte le nom d'Espariat en son souvenir. Cette rue est la réunion de deux rues qui, avant 1811, se nommaient « rue des Salins » pour la partie haute et « rue du Saint-Esprit » pour la partie basse. C'était à cette époque une des portes d'entrée dans la ville d'Aix-en-Provence. Au bas de la rue, en effet, se dressait la porte des Augustins qui permettait de pénétrer dans l'ancienne ville comtale d'Aix[11].

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Son père, Charles Espariat, est orfèvre.
  2. Pascalis : étude sur la fin de la Constitution provençale, 1787-1790, Charles de Ribbe, Aix-en-Provence, 1854, p. 310.
  3. « La vie politique et administrative », Les Bouches-du-Rhône : encyclopédie départementale, Paul Masson (éd.), Raoul Busquet, Joseph Fournier, t. 5, 1929, p. 6.
  4. Histoire d'une ville. Aix-en-Provence, Scéren, CRDP de l'académie d'Aix-Marseille, Marseille, 2008, p. 99.
  5. Étienne Antoine Benoit Rouard, Notice sur la bibliothèque d'Aix, dite de Méjanes, Paris, Aix-en-Provence, 1831, p. 259.
  6. Cité in Aix ancien et moderne, J.-F. Porte, Aix-en-Provence, 1833, p. 79.
  7. Charles de Ribbe, op. cit., p. 262.
  8. À la suite de la démission d'Espariat, le député Bouche est élu à la mairie, mais il refuse le poste, qui échoit finalement à Émeric-David.
  9. J.-F. Porte, Aix ancien et moderne, Aix-en-Provence, 1833, p. 79.
  10. a et b Aix ancien et moderne, op. cit., p. 80.
  11. « La ville comtale d'Aix » Généprovence.com.

Sources et bibliographieModifier

  • « Jean Espariat », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Archives parlementaires; documents issus des archives municipales d'Aix-en-Provence ; archives privées. (Sources primaires)
  • Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Paul Masson, éd. 1913.
  • Pascalis, étude sur la fin de la Constitution provençale, 1787-1790 de Charles de Ribbe, éd. 1854.
  • Les débuts de la Révolution en Provence de Jules Viguier, éd. 1895.
  • Mémoires de Barbaroux de Charles Jean Marie Barbaroux, éd. 1936.
  • Étude sur l'héroïsme civil d'E. Charavay, éd. 1881.

Articles connexesModifier