Jean Desmarets de Saint-Sorlin

poète et dramaturge français

Jean Desmarets de Saint-Sorlin, né en 1595 à Paris où il est mort le , est un poète et dramaturge français.

Jean Desmarets de Saint-Sorlin
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Jean Desmarets de Saint-Sorlin.
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Fauteuil 4 de l'Académie française
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BiographieModifier

Conseiller du roi Louis XIII, contrôleur général de l’extraordinaire des guerres, secrétaire général de la marine du Levant[1], Desmarets de Saint-Sorlin fut un habitué de l'hôtel de Rambouillet. Il contribua à La Guirlande de Julie par un poème qui fut particulièrement admiré : « La Violette ».

Il fut introduit par Faret et Malleville dans la Société des amis de Conrart, où il lut son roman de L’Ariane (1632). Protégé du cardinal de Richelieu, il fit partie de l'Académie française dès sa création et en fut le premier chancelier.

Richelieu l'engagea à composer des tragédies, ce qu'il fit sans grand enthousiasme[2]. Il produisit d'abord Aspasie (1636), qui fut représentée avec un succès qui semble aujourd'hui incompréhensible. Il écrivit ensuite Mirame (1641), sur un plan imaginé par le cardinal qui, dit-on, en composa lui-même certaines scènes, et dont il arrangea l'intrigue pour qu'elle évoque l'amour d'Anne d'Autriche pour George Villiers de Buckingham. Malgré les frais engagés pour cette production, qui se montèrent à près de 300 000 écus, la pièce tomba dès la première représentation. Desmarets collabora également avec le cardinal pour une pièce allégorique, Europe, souvent attribuée à Richelieu lui-même.

Desmarets de Saint-Sorlin composa encore deux tragi-comédies, Scipion et Roxane et une tragédie en prose, Erigone. Mais c'est dans la comédie qu'il réussit le mieux avec Les Visionnaires (1637), pièce amusante qui se lit encore agréablement aujourd'hui, surtout si l'on connaît bien l'époque à laquelle elle se rapporte, car elle met en scène, sous un voile assez transparent, des personnages tels que Madeleine de Sablé, la marquise de Rambouillet et Madame de Chavigny.

En 1645, Desmarets de Saint-Sorlin devint extrêmement dévot et, dès lors, il produisit essentiellement des œuvres de sujet religieux. Il composa des traductions en vers de l'Office de la Vierge et de L'Imitation de Jésus-Christ et nombre de poèmes religieux comme Marie-Madeleine ou la Grâce triomphante. Il combattit avec véhémence le jansénisme et produit un traité contre Antoine Arnauld qui eut très peu de succès et dont Boileau se moqua quatre lustres après dans un épigramme célèbre:

Dans le palais, hier Bilain voulait gager contre Ménage
Qu'il était faux que Saint Sorlin contre Arnauld eût fait un ouvrage.
Il en a fait, j’en sais le temps, dit un des plus fameux libraires.
Attendez... C’est depuis vingt ans; On en tira cent exemplaires.
— C’est beaucoup, dis-je en m’approchant ; La pièce n’est pas si publique.
— Il faut compter, dit le marchand ; Tout est encor dans ma boutique.[3]

En 1657, Desmarets produisit son poème épique Clovis ou la France chrétienne, en vingt-six chants (réduit à vingt chants en 1673), dans lequel il mettait en relief les origines divines de la monarchie française. Cet ouvrage fut beaucoup loué par Jean Chapelain et lui valut les sarcasmes de Boileau, qui était hostile à l'introduction du merveilleux chrétien dans la poésie épique. Desmarets répondit par un essai intitulé Comparaison de la langue et de la poésie française avec la grecque et la latine, dans lequel il concluait à la supériorité de la première et des miracles chrétiens sur les légendes païennes, et qui donna le coup d'envoi de la Querelle des Anciens et des Modernes, où il se montra un des plus acharnés contre les anciens, qu'il accusa souvent d'impiété voire d'hérésie (dans ses critiques contre le Chant VI du poème Le Lutrin, par example)[4]. Vers la fin de sa vie, Desmarets tomba dans le délire mystique, affirmant qu'il écrivait sous la dictée de Dieu.

Il est le père de la poétesse Marie Dupré

ŒuvresModifier

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Clovis ou la France chrétienne
Première édition imprimée à Leyde par les Elzeviers en 1657.

NotesModifier

  1. D'après Claude-François Lambert, Histoire littéraire du règne de Louis XIV., vol. II, Paris, Prault, Guillyn, Quillau, , p. 371.
  2. Cf. Sylvie Taussig, Richelieu, Gallimard, coll. « Folio biographies », , 352 p. (ISBN 978-2-07-265359-9 et 2-07-265359-2, lire en ligne), « Furentibus eminet austris »
  3. Collection Les textes Français ; Boileau-Despréaux, Odes: Poésies latines. Poésies diverses et epigrammes. ; Paris ; Société les Belles Lettres, 1960.
  4. Paul Emard, La Sainte Chapelle du Lutrin : pourquoi et comment Boileau a composé son poème, Genève ; Paris, Droz ; Minard, 1963.

BibliographieModifier

  • René Kerviler, Jean Desmaretz sieur de Saint-Sorlin : l'un des quarante fondateurs de l'Académie française ; étude sur sa vie et sur ses écrits, Paris, Dumoulin, 1879
  • Rachel Laverdure, Desmarets de Saint-Sorlin : une poétique dans l'antichambre des modernes, Montréal, Université de Montréal, 1994
  • Société d’études du XVIIe siècle, Desmarets de Saint-Sorlin, [S.l.s.n.], 1996 (ISBN 271819538X)
  • Ludivine Goupillaud, De l'or de Virgile aux ors de Versailles, Genève, Droz, 2005
  • Jean-Claude Vuillemin, "Jean Desmarets de Saint-Sorlin. » In L. Foisneau, éd., "Dictionary of Seventeenth-Century French Philosophers". London and New York: Thoemmes Continuum, 2008. p. 355-359.

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