Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Jean Bardin (peintre)

peintre français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bardin.
Jean Bardin
JeanBardin autoportrait.tif
Jean Bardin, Autoportrait (1773),
Paris, collection particulière[réf. nécessaire].
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
OrléansVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Distinction
L’Adoration des Mages (1780-1781), château de Fontainebleau, chapelle de la Sainte-Trinité (inv. 2426).
La Promenade de Téthys, dessin[1], localisation inconnue.

Jean Hippolyte Bardin est un peintre français né le 31 octobre 1732 et mort en 1809.

Son fils Étienne Alexandre Bardin est un militaire français.

Sommaire

BiographieModifier

 
Tullie faisant passer son char sur le corps de son père (1765), Mayence, musée du Land (inv. 498).

Jean Bardin est né à Montbard, dans le département de la Côte-d'Or, le 31 octobre 1732. À l'âge de seize ans, il rejoint Paris. Élève de Lagrénée l'Aînée puis de Jean-Baptiste Marie Pierre, Jean Bardin remporta le premier prix de peinture en 1765 (Tullie faisant passer son char sur le corps de son père, Mayence, Landesmuseum) grâce auquel il put entrer à l’École des élèves protégés jusqu’à son départ pour l’Académie de France à Rome où, de 1768 à 1772, il résida avec son élève Jean-Baptiste Regnault. Il fut agréé à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture le 27 mars 1779. En 1786, il fut appelé pour diriger l’École de dessin d’Orléans, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1809.

Bardin reçoit essentiellement des commandes religieuses pour des chantiers en province. L’étonnant dynamisme que connaît la peinture religieuse à l’aube de la Révolution semble le favoriser. Des dessins et quelques tableaux ayant trait à l’Antiquité et à l’Ancien Testament sont conservés. Ces pièces sont destinées à l’ornement de cabinets d’amateurs. Stylistiquement distincts des peintures religieuses, ses dessins témoignent d’une autre audace.

Il présenta en 1776 lors de l'exposition que le graveur Marcenay de Guy et le peintre Peters organisèrent dans le salon des Grâce du Colisée trois grands dessins finis intitulés : Massacre des Innocents, L'Enlèvement des Sabines et "Les Sabines séparant les Romains et les Sabins". Ces dessins furent de nouveau exposés au Salon de 1779, le premier salon officiel auquel Bardin participa. Ils assurèrent la réputation de Bardin dans le dessin fini durant toute sa carrière.

Il s'installe à Rome en 1768, emmenant avec lui son jeune élève Regnault et y passe quatre années à perfectionner ses talents et à étudier les grands maîtres de l'École d'Italie. Revenu à Paris en 1772, Madame Louise le charge de la réalisation du tableau de l'Immaculée Conception, placé dans sa chapelle de Saint-Denis. Il expose au Colisée un très grand tableau représentant le Martyre de saint André, et plusieurs grands dessins et esquisses que les Mémoires de Bachaumont détaillent, à la date du 31 juillet 1777. Il réalise ensuite l'Exaltation de sainte Thérèse, et Sainte Catherine disputant avec les Docteurs. Ce dernier tableau lui permet d'obtenir l'agrégation à l'Académie royale de peinture et sculpture de Paris.

Il réalise pour le roi un tableau représentant l'Adoration des mages, placé dans la chapelle de Fontainebleau, et pour différents amateurs, un Saint Bernard, un Saint Nicolas, une Résurrection, une Vierge, une Andromaque pleurant sur les cendres d'Hector, une Léda, et un très grand nombre de dessins et autres tableaux. Son dernier grand ouvrage est la collection des Sept Sacrements, pour la chartreuse de Valbone. Les trois premiers, faits à Paris, ont été exposés au salon. Il en avait fini six avant la Révolution, qui sont aujourd'hui conservés à Nismes. À partir de la Révolution, l'incertitude du placement du tableau qui lui restait à faire et l'impossibilité de se procurer un atelier assez vaste pour pouvoir achever ce dernier ouvrage ralentissent son achèvement et la maladie l'oblige à abandonner.

En 1785, une réunion d'amateurs qui désirait un artiste pour diriger une école de dessin qu'ils avaient l'intention d'établir à Orléans, sous la protection des premiers magistrats de la ville et de la province, s'adresse à M. Cochin, alors secrétaire de l'Académie royale de peinture qui sollicite Jean Bardin, pour occuper à Orléans la place de directeur de cette nouvelle école. Arrivé au mois d'avril 1786, il est accueilli par les magistrats de la ville. Sous la Révolution l'école est placée dans un édifice construit aux dépens de la ville, et sous la surveillance de son premier magistrat.

Sous le Premier Empire Bardin est nommé membre correspondant de l'Institut impérial de France le 29 pluviôse an 4, membre associé de l'Athénée de Nismes le 25 thermidor an 9 et pensionnaire de l'Empereur par décret du 8 juillet 1806.

À sa mort il laisse deux héritiers, une fille qui fut une de ses élèves et qui professa le dessin à Orléans, et un fils officier supérieur et membre de la Légion d'honneur, qui a écrit sur l'art militaire (le major Bardin est l'auteur d'un Manuel d'infanterie, publié en 1808).

ŒuvresModifier

  • Le Martyre de saint Barthélemy, 1765, peinture à l’huile sur toile, 280 × 200 cm, Le Mesnil-le-Roi, église saint Vincent.
  • Tullie faisant passer son char sur le corps de son père, 1765, peinture à l'huile sur toile, 45 × 55 cm, Orléans, Musée des Beaux-Arts (inv. 83-3-1).
  • Tullie faisant passer son char sur le corps de son père, 1765, peinture à l'huile sur toile, 114 × 145,5 cm, Mayence, Landesmuseum mainz (inv. 498).
  • L’Éducation de la Vierge, 1768, peinture à l'huile sur toile, Bayonne, cathédrale.
  • Autoportrait, 1773, peinture à l'huile sur toile, 44 × 35 cm., Paris, collection privée[réf. nécessaire].
  • Le Martyre de saint André, 1776, peinture à l'huile sur toile, , Douai, église paroissiale Saint-Pierre
  • Andromaque et Astyanax au tombeau d’Hector, vers 1779, peinture à l’huile sur toile, 86 × 63 cm, Dijon, Musée Magnin (inv. 1938F20).
  • Résurrection du Christ, 1780, maître-autel de l’église paroissiale de Charmentray en Seine-et-Marne.
  • L’Adoration des Mages, 1780-1781, peinture à l’huile sur toile, ovale mesurant 238 × 148 cm, Fontainebleau, château, chapelle de la Sainte-Trinité (inv. 2426).
  • Mars sortant des bras de Vénus, vers 1782, peinture à l’huile sur toile, 239 × 178 cm, Orléans, Musée des Beaux-arts (inv. 35).
  • "L’Eucharistie, 1783, peinture à l’huile sur toile, Saragosse, Chartreuse de Aula Dei, réfectoire.
  • Le Mariage, peinture à l’huile sur toile, Saragosse, Chartreuse de Aula Dei, réfectoire.
  • La Pénitence, 1782, peinture à l’huile sur toile, 210 × 486 cm environ, Saragosse, Chartreuse de Aula Dei, réfectoire.
  • L’Extrême onction, 1785, peinture à l’huile sur toile, 220 × 500 cm, Saragosse, Chartreuse de Aula Dei, réfectoire.
  • L’ordination, 1786, peinture à l’huile sur toile, Saragosse, Chartreuse de Aula Dei, réfectoire.
  • La Confirmation, 1788, peinture à l’huile sur toile, Saragosse, Chartreuse de Aula Dei, réfectoire.
  • La Baptême, 1790, peinture à l’huile sur toile, Saragosse, Chartreuse de Aula Dei, réfectoire.
  • Dispute de sainte Catherine d’Alexandrie" (disparu)[réf. nécessaire].
  • Saint Bernard se dispose à traduire le cantique des cantiques (disparu)[réf. nécessaire].
  • Herminie découvrant Tancrède blessé, 1769, plume et encre brune, lavis brun et rehauts de blanc sur papier préparé bleu, 448 × 322 mm, Paris, Galerie Terrades[réf. nécessaire].
  • Salomon entraîné dan l’idolâtrie, sacrifiant aux idoles, 1777, pierre noire, encre brune de Chine, lavis et rehauts de gouache blanche, 494 × 605 mm, Paris, Galerie Didier Aaron[réf. nécessaire].
  • La promenade de Téthys, plume, encre brune (métallogallique), lavis brun et gris, rehauts de gouache, d’aquarelle et de sanguine sur traces de pierre noire, reprises à la plume et encre noire ; papier vergé beige ; 397 × 627 mm ; signé et daté en bas à droite, à la plume et encre brune : « Bardin 87 » ; contrecollé[réf. nécessaire].
  • Ruines de l'aqueduc de Rome, dessin préparatoire, Musée Magnin, Dijon

ÉlèvesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Plume, encre brune (métallogallique), lavis brun et gris, rehauts de gouache, d’aquarelle et de sanguine sur traces de pierre noire, reprises à la plume et encre noire ; papier vergé beige ; 397 × 627 mm ; signé et daté en bas à droite, à la plume et encre brune : « Bardin 87 » ; contrecollé

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • C. A. Chaudruc [Jean-César-Marie-Alexandre Chaudruc Crazannes], « Notice historique sur M. Bardin, peintre d’histoire », in Magasins encyclopédiques Alm, novembre 1809, p. 137-143.
  • Jean du Seigneur, « Notice historique sur Jean Bardin, peintre d’histoire », in Revue universelle des arts, t. 22, 1865-1866, p. 167-171.
  • Charles Michau, « Le peintre Jean Bardin. Directeur de la première École gratuite de dessin à Orléans (1732-1809) », in Mémoires de la Société d’agriculture, sciences, belles-lettres et arts d’Orléans, vol. 76, t. VII, 1907, p. 260-283.
  • Frédéric Jiméno, « Les Sacrements de Jean Bardin (1780-1790). Le grand genre face à la critique du Salon », in Actes du colloque international d’histoire de l’art, Paris, INHA, 17-19 décembre 2009, Christophe Henry, Daniel Rabreau (dir.), Le public et la politique des arts au Siècle des Lumières, Annales du Centre Ledoux, t. VIII, 2011, p. 397-411 (article téléchargeable sur le site : academia.edu : https://www.academia.edu/1259404/Les_Sacrements_de_Jean_Bardin_1780-1790_._Le_Grand_Genre_face_à_la_critique_du_Salon).
  • Frédéric Jiméno, « Jean Bardin (1732-1809), La promenade de Téthys (1787) », in D. Radrizzani (dir.), La tentation du dessin. Une collection particulière, Vevey, Musée Jenisch, 23 juin - 14 octobre 2012, Vevey, Musée Jenisch – Centre national du dessin, Lausanne, Les Éditions noir sur blanc, 2012, p. 218-219, n° 104 (notice téléchargeable sur le site : academia.edu : https://www.academia.edu/1788522/Jean_Bardin_La_promenade_de_Thétys).
  • (en) Bénézit (ISBN 9780199773787 et 9780199899913, lire en ligne)

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :