Jacques Coghen

politicien belge
Jacques Coghen
Jacques-Andre Coghen-X.jpg
Fonctions
Vice-président
Sénat
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Sénateur belge
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Sénateur belge
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Ministre des Finances
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Député
-
Titres de noblesse
Comte
Comte romain
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
JacquesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Joseph Coghen (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Isabella Stiellemans (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Isabelle Coghen (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions

Le comte Jacques-André Coghen (1791-1858) est un négociant, un financier et un homme politique belge de tendance libérale[1]. Il est élevé au rang de comte en 1839.

BiographieModifier

Jacques Coghen est né à Bruxelles le de Joseph Coghen (1749-1820), apothicaire à Bruxelles, et d’Isabelle Stielemans. Il descend d'une ancienne famille[2] de Diest dont les ancêtres au XVIe siècle étaient des négociants, des intendants financiers et marchands de chevaux et qui commença dès le XVIIe siècle à faire partie des édiles municipaux de la vieille cité campinoise.

Jacques Coghen épouse, le , Caroline Rittweger, dont la famille est originaire de Bavière mais qui s'installe à Bruxelles à la fin du XVIIIe siècle pour exercer la fonction d'officier de la Poste impériale d'Autriche. François Rittweger, le père de Caroline, est un homme politique bruxellois, dirigeant d'entreprises dans le secteur financier et conseiller financier du roi Léopold Ier[3]. Il était franc-maçon dans la loge « Les Amis philanthropes » à Bruxelles. Jacques Coghen lui aussi est un franc-maçon dans l'atelier « L'Espérance » à Bruxelles où il rencontre d'autres figures importantes de la Révolution belge, notamment Jean Barbanson (1797-1883), Eugène Defacqz (1797-1871), et Alexandre Gendebien (1789-1869)[4].

Jacques Coghen et Caroline ont cinq enfants[5] :

Il est, lorsque la révolution belge éclate, l'un des négociants les plus considérés de Bruxelles. Déjà à cette époque, il a occupé les fonctions honorables de membre et de président du tribunal de commerce et de membre de la chambre consultative de commerce. Les troupes néerlandaises se sont à peine retirées de la capitale de la Belgique que le gouvernement provisoire, par un arrêté en date du , nomme Jacques Coghen administrateur général des Finances, poste éminent et difficile qu’il occupe encore au moment de la réunion du Congrès national.

Lors des premières élections pour la formation des conseils de régence ou conseils communaux au mois d’octobre 1830, Jacques Coghen est l'un des citoyens que les Bruxellois envoient siéger à l'hôtel de ville, et son mandat, renouvelé en 1836, ne cesse qu'en 1840. Il n'est pas inutile de rappeler qu’à cette époque sa détermination de ne plus rester membre du conseil est provoquée par l'opposition que rencontre dans cette assemblée le projet de reconstruire le palais de justice au quartier Léopold, projet qui est patronné par des sociétés financières et en particulier par la Société civile pour l'agrandissement et l'embellissement de Bruxelles, dont Jacques Coghen est l'un des fondateurs.

Coghen aurait aussi siégé au Congrès national s'il avait cru devoir accepter l'offre qui lui en est faite ; mais, en 1831, il entre à la Chambre des représentants comme député de l'arrondissement de Bruxelles et est réélu en 1833, en 1837 et en 1841. Éliminé en 1845 lorsque la lutte devient plus vive entre les deux partis qui divise le pays, il est envoyé, en 1848, par les électeurs du même arrondissement au Sénat, dont il reste membre jusqu'à sa mort et dont il est l'un des vice-présidents lorsqu'il expire.

 
Portrait de Jacques Coghen par Louis Huard.

Jacques Coghen figure dans le premier ministère que forme le roi Léopold Ier, le . Il conserve le portefeuille des Finances jusqu'au et traverse ainsi une période difficile, marquée par la campagne des Dix-Jours. C'est à lui qu'on doit la réorganisation de cette branche importante des services publics. Comme ministre des Finances, il négocie et signe l'emprunt important au la banquier Nathan Rothschild (Londres) le . Cet emprunt sauve le nouveau pays dépourvu des moyens financiers nécessaires[7].

Rentré dans la vie privée il se livre avec ardeur aux grandes entreprises financières, industrielles et commerciales et son nom fut attaché à la création de la plupart des importantes associations qui se forment à cette époque, telles que la Société de mutualité industrielle, la Société des manufactures de glaces, etc., dont il est, dès leur création, l'un des administrateurs. Il est aussi l'un des directeurs de la Société générale pour l’industrie nationale.

Il est également membre du conseil supérieur de l'École centrale du commerce et de l'industrie[8].

Jacques Coghen s'occupe, avec succès, de la conclusion d'un emprunt pour la cour de Rome, et en est récompensé par le titre de comte, que le pape Grégoire XVI lui accorde, le 7 avril de l’année suivante. Quelque temps après, le premier Roi des Belges, qui a eu l'occasion d’apprécier son mérite et son intégrité, sanctionne en quelque sorte cette distinction en lui conférant le titre de comte pour lui et ses descendants du sexe masculin (arrêté royal du ). Jacques Coghen est en outre décoré de la Croix de fer et devient, successivement, chevalier, officier () et commandeur () de l'ordre de Léopold ; il est créé par le gouvernement français officier de l'ordre de la Légion d'honneur.

Il est mort à Bruxelles le . Il est inhumé au Cimetière de Laeken[9].

HommagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Jean Bartelous, Nos Premiers Ministres, de Léopold Ier à Albert Ier, 1983, Bruxelles, éd. J.M. Collet, p. 23.
  2. Lire concernant cette famille, dont une branche restée au lieu d'origine existe toujours actuellement :
    • Étienne Cogen, Jacques-André graaf Coghen : zijn afstamming, leven, werk en nakomelingschap = Jacques-André Comte Coghen : ses origines, sa vie, ses activités et sa descendance, Gand, 1998.
    • Étienne Cogen et Alice Demeyer, Uitvoerige genealogie van de familie Cogen van 1300 tot 1993, Vol. 1-2, Gand, 1994.
    • François Houtart, Liste des familles belges par ancienneté, Bruxelles, 2008. (cet auteur donne comme date d'ancienneté prouvée l'an 1483).
  3. Cogen, Etienne (1998). Jacques-André graaf Coghen: zijn afstamming, leven, werk en nakomelingschap = Jacques-André Comte Coghen: ses origines, sa vie, ses activités et sa descendance. Gent. p. 69-75
  4. Cogen, Etienne (1998). Jacques-André graaf Coghen: zijn afstamming, leven, werk en nakomelingschap = Jacques-André Comte Coghen: ses origines, sa vie, ses activités et sa descendance. Gent. p. 143-148.
  5. (nl) Etienne Cogen, Uitvoerige genealogie van de familie Cogen, Gent, , p. 261
  6. frère d'Armand Limnander de Nieuwenhove
  7. (nl) Etienne Cogen, Uitvoerige genealogie van de familie Cogen, Gent, , p. 264-267
  8. Almanach Royal et du Commerce de Belgique pour l’an M DCCC XXX VIII, présenté à Sa Majesté, Bruxelles, Imprimerie Balleroy, 1838 : "ECOLE CENTRALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE, Rue Royale Neuve, 53. Conseil supérieur, MM.Le baron de Stassart, président du sénat et gouverneur du Brabant. Engler, sénateur. Desmaisières, représentant. Le comte Ferd. Meeus, représentant, directeur de la société générale pour favoriser l'industrie et de la société de commerce. Coghen, représentant et directeur de la société Nationale. Zoude, représentant. Rouppe, Bourgmestre de Bruxelles. Wyns, membre du conseil provincial du Brabant. Dindal, membre du conseil provincial du Brabant. Van Dievoet, avocat à Bruxelles".
  9. Thierry Luthers, Derniers Domiciles Connus

SourceModifier

  • Alphonse Wauters, « Jacques Coghen », dans Biographie nationale de Belgique, t. IV, 1873, col. 267-269.