Internet à La Réunion

La situation d'Internet à La Réunion était autrefois marquée par son insularité et son éloignement de la France métropolitaine, entraînant certains retards technologiques. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée, et La Réunion dispose d'une connexion à internet relativement performante, et fait partie des départements les plus fibrés de France.

La connexion à internet peut se faire soit via l'ADSL (proposé par quatre opérateurs) ou via fibre optique (trois opérateurs), soit via données cellulaires en réseau 4G et 5G (actuellement en test à Saint-Denis).

Les noms de domaine de la Réunion ont pour suffixe .re.

MarchéModifier

Sur l'île, on dénombre cinq fournisseurs d'accès à internet (FAI).

FAI à la Réunion FAI métropolitains absent
Zeop Bouygues Telecom
Orange Réunion
SFR/Numericable
Mediaserv/Canal Box
Free mobile Réunion

Zeop est le seul opérateur hors ADSL à utiliser son propre réseau de fibre optique[1]. À volume et qualité égale, l'offre internet est 70 à 80 % plus chère qu'en France métropolitaine[2]

En 2012, on comptait 338 512 lignes internet actives sur l'île, dont plus de 71 000 à Saint-Denis[3].

InfrastructuresModifier

Réseau régionalModifier

La région Réunion a déployé un réseau de fibre optique régional à destination des opérateurs. Ce réseau est en partie construit sur les câbles à très haute tension EDF - réseau G@zelle, en partie sur de la fibre propre déployée par la région, et en partie par des liaisons hertziennes pour les zones plus isolées. Ce réseau est géré par une DSP nommée La Réunion Numérique[4] Les réseaux sont ponctués de 70 NRA.

Liaisons au mondeModifier

L'île de la Réunion est reliée au reste du monde par plusieurs câbles sous-marins, dont le débit reste relativement faible par rapport aux autres grands câbles trans-continentaux.

  • le câble SAFE (440 Gbit/s) qui se divise en deux sections :
    1. Ouest : part de la Réunion vers l'Afrique du Sud, où les connexions se font à travers le câble SAT-3 vers l'Europe ;
    2. Est : part de la Réunion vers l'Inde et la Malaisie, où les connexions se font à travers divers câbles vers l'Europe (SEA-ME-WE-3, SEA-ME-WE-4, EIG) ;
  • le câble LION, mis en service le relie la Réunion au Kenya, et remonte ensuite la côte est de l'Afrique par le câble EASSy. Il raccorde l'île dans la commune de Sainte-Marie. Issu d'un financement croisé multinational, son débit est d'1,28 térabit par seconde[5],[6].
  • Le projet Bricscable reliant les pays de la BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) aux États-Unis avec un débit de 12,8 térabits par seconde est en cours d'étude. Moyennant un coût d'au moins 1,2 milliard d'euros, ces pays gagneraient en indépendance numérique en évitant la centralisation du transit des données par l'occident. Au vu du tracé possible, La Réunion se montre très intéressée par ce nouveau câble, dont le débit est 10x celui de LION, et 30x celui de SAFE[7].
  • Le câble METISS

Étant donnée la longueur de ces câbles, le temps de transit entre la Réunion et la Métropole descend difficilement en dessous de 200 ms de ping.

Internet à La RéunionModifier

Sites internet les plus visitésModifier

Classement Réunion selon Alexa Internet (2018)[8]
no  URL
1 google.com
2 youtube.com
3 facebook.com
4 google.fr
5 Le Bon Coin
6 ac-reunion.fr
7 orange.fr
8 yahoo.com
9 live.com
10 wikipedia.org
11 livejasmin.com
12 labanquepostale.fr
13 secretsdujeu.com
14 voirfilms.ws
15 clicanoo.re
16 zone-telechargement1.com
17 linfo.re
18 torrent9.red
19 zinfos974.com
20 univ-reunion.fr
Classement France selon Alexa Internet (2016)
no  URL
1 Google.fr
2 YouTube
3 Google.com
4 Facebook
5 Wikipédia
6 Le Bon Coin
7 Amazon
8 Yahoo.com
9 Live.com
10 Orange.fr
11 Twitter
12 LinkedIn
13 Zone Téléchargement
14 Free.fr
15 Instagram
16 Le Monde
17 Cdiscount
18 t.co : Twitter
19 eBay
20 Le Figaro

Les internautes réunionnaisModifier

Selon une étude réalisée par Mediametrie, plus de 60 % de la population réunionnaise de plus de 13 ans est connecté à internet au moins une fois par mois. Sur ces internautes, 54 % étaient des femmes, et 51 % avaient moins de 35 ans. Les internautes de l'enquête ont répondu utiliser internet dans un premier lieu pour des recherches, puis pour les courriels, et enfin l'actualité, les réseaux sociaux n'étant qu'en septième place. Un cinquième des internautes affirmaient alors consulter des sites locaux[9].

Le fait que le système de riposte graduée d'HADOPI n'ait jamais averti ou sanctionné quiconque sur l'île ne reflète pas l'absence d'usage illégal d'internet, mais serait dû à la fois à des contraintes techniques et à un choix temporaire de se concentrer sur la Métropole[10].

Politiques et enjeuxModifier

L'accès à internet devenant de plus en plus incontournable, l'un des enjeux politiques majeurs est la réduction de la fracture numérique. Sur l'île, elle prend deux formes : le travail pour l'accès généralisé à internet (fracture intra-insulaire) et le rattrapage du niveau de qualité et de prix mesurable en Métropole.

La topographie de La Réunion, ajoutée au mitage de la population des Hauts rend les investissements difficiles sur le plan technique et non rentables. La couverture de ces espaces peut-être faite au moyen d'installation de Wimax ou via le réseau téléphonique 3G et 4G dans le futur. En dernier recours, internet par satellite serait envisageable.

Sur ces problématiques, la Région Réunion se veut être moteur, et convoque annuellement l’ensemble des acteurs depuis 2010. La région a dans ce cadre financé le Plan Ordinateur Portable (POP) permettant l'accès d'ordinateur portable sous Ubuntu à très bas coût pour les lycéens, et ce à fin de favoriser l'égalité des chances et réduire la fracture numérique au sein de la population[11].

Plus globalement, la politique numérique des autorités réunionnaises est explicitée à travers le Schéma Directeur Territorial d’Aménagement Numérique (SDTAN)[12] et la Stratégie de Cohérence Régionale d’Aménagement Numérique à la Réunion[2].

Le SDTAN ambitionne une couverture totale de la population en FTTH à l'horizon 2026. À cet égard, plusieurs centaines de millions d'euros sont en jeu dans les simulations budgétaires[13]. Bien que l'équilibre budgétaire soit vu sur le long terme, on estime que ce projet contribuera à créer plusieurs centaines d'emplois dans le domaine des TIC, tout en améliorant l'image de l'île.

ActeursModifier

  • La Région Réunion : Décision, Financement
  • Etat : Décision, Financement
  • Union Européenne : Financement
  • FAI : Fournir commercialement internet, ainsi que d'autres services optionnels, dans un but lucratif
  • ARCEP : Régulateur Télécommunication.
  • Commission Consultative Régionale pour l’Aménagement Numérique des Territoires :
  • Consultants : expertise, rapport, sondages

HistoriqueModifier

  • 1996 : premières offres internet sur le réseau téléphonique commuté via des fournisseurs locaux: Guetali, RunNet, Océanes
  • 2000 : La Réunion compte 130.000 internautes[14]
  • 2002 : Raccordement de La Réunion au réseau mondial par le câble océanique SAFE
  • 2005 : taux de pénétration de 10 % de la population
  • 2012 : taux de pénétration de 70 % de la population
  • 2013 : premiers raccordements FTTH
  • 2014 : Zeop premier opérateur attribuant des adresses IPv6
  • 2017 : Avec 593 000 internautes (85,6 %), la Réunion rattrape son retard sur la métropole[15].
  • 2018 : Selon les relevés de l'ARCEP, la Réunion fait désormais partie des départements les plus fibrés de France.
  • 2019 : Orange débute les essais de réseau 5G sur la ville de Saint-Denis.

Notes et référencesModifier

Notes

Références

  1. (fr) http://www.degrouptest.com/publications/10/barometre-debit-internet-s1-2013/5 « Baromètre des accès résidentiels dans les DOM  »
  2. a et b SDTAN, p. 3
  3. SDTAN, p. 4
  4. (fr) http://www.lareunionnumerique.net }
  5. « Orange inaugure le nouveau câble sous-marin LION à La Réunion et poursuit sa stratégie de développement de l’internet haut-débit dans l’Océan Indien », sur i974.com, (consulté le )
  6. Orange, « Orange inaugure le nouveau câble sous-marin LION à La Réunion et poursuit sa stratégie de développement de l’inte rnet haut-débit dans l’Océan Indien », sur lion.orange.com, (consulté le )
  7. Julien Delarue, « Un nouveau câble sous-marin haut débit à l'horizon 2014 ? », sur zinfos974.com, (consulté le )
  8. http://www.alexa.com/topsites/countries/RE
  9. Mediametrie, « Observatoire des Usages Internet : plus de 61 % d'internautes à la Réunion », sur mediametrie.fr, a8 novembre 2013 (consulté le )
  10. Guillaume Champeau, « Les internautes de la Réunion seraient épargnés par l'Hadopi », sur numerama.com, (consulté le )
  11. « Point d’avancement sur le haut débit et le très haut débit », sur regionreunion.com,
  12. Info Run, « La Région et le très haut débit », sur inforeunion : Un regard Réunionnais - Ile de La Réunion - Océan Indien (consulté le )
  13. SDTAN, p. 4-7
  14. Selon une étude de Protel réalisée pour le Conseil Général http://reunionweb.org/decouverte/economie/rapport-protel
  15. Selon une étude médiamétrie http://www.mediametrie.fr/internet/communiques/l-observatoire-des-usages-digitaux-antilles-guyane-et-reunion-panorama-2017.php

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier