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Inspection générale de l'Éducation, du sport et de la recherche

Inspection générale de l'Éducation, du sport et de la recherche
Histoire
Fondation
Prédécesseur
Inspection générale de l'Éducation nationale (d), Inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale et de la recherche (d), inspection générale de la jeunesse et des sports (d), Inspection générale des bibliothèquesVoir et modifier les données sur Wikidata
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Sigle
IGESRVoir et modifier les données sur Wikidata
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L’inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) est un corps d'inspection français placé sous l'autorité directe et conjointe des ministres chargés de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la recherche, de la jeunesse et des sports.

HistoireModifier

L'IGÉSR est l'héritière de plusieurs services d'inspection antérieurs.

Le premier de ces services est l'inspection des lycées créée par Napoléon Bonaparte en 1802 pour surveiller l'enseignement dans les lycées. En 1833, François Guizot instaure une inspection de l'enseignement primaire, mais cette dernière n'a qu'un rôle temporaire.

En 1852, Napoléon III instaure par décret une inspection générale de l'Instruction publique qui comprend :

  • huit inspecteurs généraux pour l'enseignement supérieur ;
  • six inspecteurs pour les collèges et les lycées ;
  • deux inspecteurs pour l'enseignement primaire.

Peu à peu, le nombre d'inspecteurs s'est accru, notamment en raison de l'augmentation du nombre d'établissements d'enseignement primaire et secondaire. En revanche, pour renforcer l'autonomie de l'enseignement supérieur, le corps des inspecteurs généraux de l'enseignement supérieur est supprimé en 1888, mais des missions d'inspection au sein des établissements d'enseignement supérieur sont confiées à des membres du comité consultatif de l'enseignement jusqu'en 1912.

Dans les années 1830 est instituée une inspectrice générale des salles d'asile, appelée « déléguée générale » en 1837[1]. En 1886 est créée à la place une inspection générale des écoles maternelles. Le décret du instaure une « inspection générale des écoles primaires élémentaire » dont les membres sont surnommés « les petits généraux »[2]. Elle fusionne avec la précédente au sein d'une « inspection générale de l'enseignement primaire » par le décret du .

Entre-temps, en 1921, apparaît l'inspection générale de l'enseignement technique.

L’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale est créé en 1965. Elle remplace alors trois services d'inspection : les inspecteurs généraux des services administratifs, les inspecteurs généraux des internats, les inspecteurs généraux des œuvres en faveur des étudiants et l’inspecteur du matériel de santé scolaire[3]. L'inspection générale de la jeunesse et des sports est créée en 1976[4].

L'Inspection générale de l'instruction publique prend le nom d'Inspection générale de l'Éducation nationale en 1980, sous le ministère Beullac. Les inspecteurs généraux de l'instruction publique, les inspecteurs généraux de l'enseignement technique et les inspecteurs généraux de l'éducation nationale forment l'Inspection générale de l'Éducation nationale en 1989[5].

Les inspecteurs généraux de l'Instruction publique ont eu longtemps pour mission principale l'inspection individuelle de tous les enseignants et chefs d'établissements, à l'exception des instituteurs. Dans les années 1960, l'augmentation importante du nombre des enseignants conduit les inspecteurs à venir de moins en moins souvent dans les classes, tout en les empêchant de développer des missions d'examen de l'ensemble du système éducatif[6]. C'est pour cela que sont institués en 1964 les inspecteurs pédagogiques régionaux, à qui est transférée progressivement, et presque totalement en 1989, la fonction d'évaluation individuelle des enseignants, hors classes supérieures des lycées.

En 1999, l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale devient l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche[7].

En 2019, l'Inspection générale de l'Éducation nationale, l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche, l'inspection générale de la jeunesse et des sports sont fusionnés dans l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche[8].

OrganisationModifier

L'IGEN est un corps de 160 fonctionnaires environ dont les activités sont dirigées par un doyen. Ce dernier est nommé par arrêté du ministre chargé de l'éducation nationale pour 5 ans et est assisté d'un adjoint et d'assesseurs.

Sauf ceux qui sont nommés pour une mission d'inspection globale, le plus souvent de courte durée, chaque inspecteur est rattaché à un groupe permanent ou disciplinaire. Chaque groupe disciplinaire est dirigé par un doyen. L'inspection comprend également un correspondant « non résident » dans chaque académie.

Le doyen de l'IGEN, son adjoint, les assesseurs, les doyens de chaque groupe et les correspondants académiques constituent le conseil de l'inspection générale.

RecrutementModifier

Le recrutement des inspecteurs généraux de l'Éducation nationale se fait parmi les fonctionnaires de catégorie A titulaires du doctorat (nouveau régime), du doctorat d'État (ancien régime) ou de l'habilitation à diriger des recherches, ou parmi les agrégés (notamment professeurs de chaire supérieure), ou parmi les fonctionnaires ayant atteint l'indice brut 901. Les candidats doivent en outre justifier de dix années de service dans l'Éducation nationale dont cinq d'enseignement.

En outre, jusqu'à un poste d'inspecteur général sur cinq peut être pourvu au tour extérieur[9],[10]. Selon les critiques dont elle est la cible, cette procédure, qui « s'apparente souvent à l'attribution de prébendes, et ne respecte même pas le socle de compétences minimales[11] », contribue à faire de l'IGEN comme des autres corps de contrôle « des usines à recaser les proches des politiques[11] », voire « un système institutionnalisé d’emplois fictifs, ou partiellement fictifs[9] ». En 2010, la Cour des comptes, reprenant une note du doyen de l'IGEN, relève « l'impossibilité d'adaptation » de cinq des douze inspecteurs généraux nommés au tour extérieur entre septembre 2002 et août 2008, du fait de leurs « insuffisances professionnelles »[9],[11].

Les IGEN sont nommés par décret en conseil des ministres pour ceux désignés au tour extérieur, par décret du président de la République pour les autres.

Liste des groupes permanents et spécialisésModifier

DirigeantsModifier

IGENModifier

Doyens de l'Inspection générale de l'Éducation nationale
1981 1989 Yves Martin agrégé d'anglais groupe des langues vivantes
1989 1995 Georges Laforest[12],[13] agrégé de philosophie groupe de philosophie
1995 1998 Xavier Darcos[14] agrégé de lettres classiques groupe des lettres
1998 2002 Geneviève Becquelin[15] agrégée d'anglais groupe des langues vivantes
2003 2005 Dominique Borne[16] agrégé d'histoire groupe d'histoire et de géographie
2005 2010 François Perret[17] agrégé de lettres classiques groupe des lettres
2010 2012 Erick Roser[18] agrégé de mathématiques groupe des mathématiques
2012 2016 Jean-Yves Daniel[19] agrégé de physique groupe de physique-chimie
2016 2018 Anne Armand[20] agrégée de lettres classiques groupe des lettres
2018 2019 Caroline Pascal[21] agrégée d'espagnol groupe des langues vivantes

IGAENRModifier

Dirigeants 
IdentitéPériode
DébutFin
Jacky Richard (d)
Yvon Robert
Jean-Richard Cytermann (d)
Par intérim :
Caroline Pascal

IGJSModifier

Dirigeants 
IdentitéPériode
DébutFin
Jean-Claude Champin (d)
Hervé Canneva (d)

IGESRModifier

Dirigeants 
IdentitéPériode
DébutFin
Caroline Pascal

RôleModifier

L'IGEN exerce sous l'autorité directe du ministre une mission générale « de contrôle, d’étude, d’information, de conseil et d’évaluation[22] ». La compétence des inspecteurs est donc très large :

  • L'IGEN assure l'évaluation des personnels de direction de l'Éducation nationale (principaux et proviseurs), des professeurs des classes préparatoires (CPGE) et, exceptionnellement, des autres enseignants et personnels assimilés. À l'égard de ces derniers, la mission d'inspection est déléguée aux inspecteurs pédagogiques régionaux (IA-IPR) et inspecteurs de l'Éducation nationale (IEN) ;
  • L'IGEN examine les candidatures aux postes spécifiques de l'Éducation nationale, en particulier ceux relatifs aux CPGE, et propose au ministre la nomination des candidats qu'elle retient. Elle propose aussi la nomination dans le corps des professeurs de chaire supérieure. La titularisation des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré relève statutairement de l'IGEN. Toutefois, celle-ci peut faire inspecter les professeurs stagiaires par des IA-IPR ;
  • L'IGEN joue un rôle important dans l'élaboration et l'application des programmes scolaires, y compris dans les classes préparatoires (CPGE), dans l'examen et la diffusion des pratiques pédagogiques ;
  • Elle intervient dans le recrutement et la formation initiale et continue des professeurs de l'enseignement du premier et du second degré, en particulier dans les jurys des concours d'agrégation et au sein des écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) ;
  • Elle peut formuler des propositions à l'attention des services du ministère de l'Éducation nationale. Elle peut aussi, si elle y est autorisée par le ministre, exercer des missions d'audit dans d'autres services ministériels ou auprès de collectivités territoriales.

Notes et référencesModifier

  1. Deux cents ans…, p. 386.
  2. Deux cents ans…, p. 389.
  3. Décret n° 65-299 du 14 avril 1965 modifié portant statut du corps de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale
  4. Décrets no 76-1193 du 10 décembre 1976 portant statut du corps de l'inspection générale de la jeunesse et des sports et no 2002-53 du 10 janvier 2002 portant statut particulier du corps de l'inspection générale de la jeunesse et des sports
  5. Décret no 89-833 du 9 novembre 1989 relatif au statut particulier des inspecteurs généraux de l'éducation nationale
  6. Pierre Garrigue, « Le statut de 1989 », dans Deux cents ans…, p. 337-356, spécialement p. 339.
  7. Décret no 99-878 du 13 octobre 1999 relatif au statut du corps de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche
  8. Décrets no 2019-1001 du 27 septembre 2019 relatif au statut particulier du corps de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche et no 2019-1008 du 30 septembre 2019 substituant la dénomination « inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche » aux dénominations « inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche », « inspection générale de l'éducation nationale » et « inspection générale de la jeunesse et des sports »
  9. a b et c Augustin Scalbert, « Emplois (presque) fictifs pour un ex-ministre UMP et un maire PS », sur Rue 89,
  10. Véronique Soulé, « Éducation nationale : Les cabinets se vident », sur Libération.fr,
  11. a b et c Thierry Fabre, « Ces fonctionnaires qui végètent dans les placards dorés de la République », sur Challenges.fr,
  12. Arrêté du portant nomination du doyen de l'IGEN
  13. http://www.ibo.org/fr/council/peterson/laforest/
  14. Arrêté du portant nomination du doyen de l'IGEN
  15. Arrêté du portant nomination du doyen de l’IGEN
  16. Arrêté du portant nomination du doyen de l’IGEN
  17. Arrêté du portant nomination du doyen de l’IGEN
  18. Arrêté du portant nomination du doyen de l’IGEN
  19. Arrêté du portant nomination du doyen de l’IGEN
  20. Arrêté du portant nomination de la doyenne de l'IGEN
  21. « Arrêté du portant nomination de la doyenne de l'IGEN »
  22. Code de l'éducation, art. R* 241-3.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Isabelle Havelange, Françoise Huguet, Bernadette Lebedeff, sous la dir. de Guy Caplat, Les inspecteurs généraux de l'instruction publique : dictionnaire biographique (1802-1914), Institut national de recherche pédagogique / Éditions du Centre national de la recherche scientifique, Paris, 1986, 700 p. (ISBN 2-7342-0081-3 et 2-222-03768-9)
  • Guy Caplat, Les inspecteurs généraux de l'Instruction publique au XXe siècle : dictionnaire biographique des inspecteurs généraux et des inspecteurs de l'académie de Paris (1914-1939), Institut national de recherche pédagogique / Économica, Paris, 1997, 684 p. (ISBN 2-7342-0580-7 et 2-7178-3567-9)
  • Association pour la célébration du bicentenaire de l'IGEN, dir. Jean-Pierre Roux, Deux cents ans d'Inspection générale (1802-2002), Fayard, Paris, 2002, 411 p. (ISBN 2-213-61389-3)

Articles connexesModifier