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Identité et Contrôle : Une théorie de l'émergence des formations sociales

Identité et contrôle
Une théorie de l’émergence des formations sociales
Auteur Harrison Colyar White
Pays États-Unis
Genre Sciences sociales - Sociologie générale -

Réseaux sociaux

Version originale
Langue Anglais
Titre Identity and Control: A Structural Theory of Social Action
Éditeur Princeton University Press
Lieu de parution États-Unis
Date de parution 13 septembre 1992
ISBN 978-0691003986
Version française
Traducteur Michel Grossetti, Frédéric Godart
Éditeur EHESS
Collection EHESS-Translations
Lieu de parution France
Date de parution 2011
Couverture Mokeït Van Linden
ISBN 978-2-7132-2271-9

Identité et Contrôle : Une théorie de l'émergence des formations sociales est un ouvrage majeur en sciences sociales contemporaines, écrit par Harrison White qui le publia pour la première fois en 1992 sous le titre original Identity and control : a structural theory of social action. En 2008, il publia une seconde édition remaniée sous le titre Identity and Control: How Social Formations Emerge.

Dans son livre, White propose un paradigme généralement vue comme profondément subversif, dense et écrit dans un langage aride. Il propose de partir de l'idée que d'emblée rien n'est organisé ou régulier, que les régularités (individus, sociétés, institutions sociales, etc) apparaissent au fil des interactions et qu'il faut donc s'intéresser aux histoires qui sous-tendent les relations pour comprendre le monde social.

Parution originale en 1992Modifier

L'œuvre originale reçut un accueil très favorable et l'Association américaine de sociologie y consacra un symposium. En 1993 plusieurs chercheurs connus contribuent à un numéro spécial de Contemporary Sociology dédié à l'ouvrage de White [1].

La vaste majorité des critiques concernant Identity and control visent la façon dont le livre est rédigé : il est dense et écrit dans un style inhabituel pour la sociologie. L'auteur emploie des termes provenant de la chimie et propose des concepts et un vocabulaire auxquels il faut se familiariser rapidement car il n'y revient pas.

Le paradigme que propose Harrison White est à l'antipode du livre de Fondation of Social Theory de James Coleman ; « Dans son commentaire d’Identity and Control, Charles Tilly (1993) écrit que cet ouvrage et Foundations of Social Theory de Coleman (1990) se détruisent l’un l’autre comme la matière et l’antimatière »[2]. Dans l'individualisme méthodologique l'action sociale est expliquée par la contingence d'actions posées par des individus qui agissent chacun selon leur propre rationalité, tandis que l'interactionnisme structural fait de l'individu une formation sociale parmi d'autres et de la rationalité un « style » parmi d'autres, ce qui paraît inacceptable pour Raymond Boudon[3].

Seconde édition, en 2008Modifier

La seconde édition est un remaniement profond de l'édition originale, qui fut inspiré à l'auteur lors d'une démarche française de traduire l’œuvre de 1992[23]. « Ce qui m'a finalement décidé d'entreprendre la révision, c'est la suggestion que m'a faite Michel Grossetti de clarifier l'édition de 1992, alors qu'il entamait la traduction en français du livre »[24].

Structure de la première édition VS la secondeModifier

Paradigme proposé dans le livreModifier

Article détaillé : Interactionnisme structural.

La vision que propose White dans « Identity and control » de la réalité sociale est vue comme permettant de dépasser les dichotomies habituelles en sciences sociales; dichotomies entre microsociologique et macrosociologique, entre holisme et atomisme, entre l'agentivité et les contraintes structurelles, entre une vision statique et une vision dynamique du social : « En particulier, Identity and Control permet un dépassement des oppositions classiques en sociologie (micro/macro, individualisme/holisme, expérience subjective/structure, statique/dynamique) en s’appuyant sur une perspective centrée sur les réseaux sociaux et les réseaux sémantiques et en proposant un certain nombre de concepts nouveaux ou reconstruits de façon non conventionnelle. »[25]

Articles d'introduction à Identity and controlModifier

  • Michel Grossetti et Frédéric Godart, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action », SociologieS [En ligne], Découvertes / Redécouvertes, Harrison White, 2007 lire en ligne
  • Alain Degenne. Harrison White ou un chaînon manquant de la sociologie : À propos du livre Identity and Control. 1996 Lire en ligne
  • White, Harrison (Il s'agit d'un article adapté présentant le chapitre 2 du livre de 2008), « Réseaux et histoires. Traduit et présenté par Michel Grossetti et Frédéric Godart », SociologieS,‎ (ISSN 1992-2655, lire en ligne, consulté le 29 novembre 2018)

Voir aussiModifier

MediaModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Symposium: Identity and Control https://www.jstor.org/stable/i309954
  2. Alain Degenne. Harrison White ou un chaînon manquant de la sociologie : À propos du livre Identity and Control. 1996 Lire en ligne
  3. a et b Raymond Boudon: Review, Contemporary Sociology. Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 311-314 https://www.jstor.org/stable/2074478
  4. « One of my main points of disagreement with White deals with this very objective grounding the social sciences. » (Boudon, R., 1993, p. 312)
  5. «His insistence on identity and control as the major issue of the social sciences leads him also to welcome counterintuitive insights »
  6. "For instance, he argues that the notion of embeddeness is essential to explaining the ends followed by the actors. True. But, as suggested by Smith, Kant, and many modern theorists, the disembedded observer is also necessary to the explanation." (Boudon, R., 1993, p. 313)
  7. "White introduce another strong and controversial thesis when he says that rationality is a particular style that appears exclusively in some social contexts (p. 303)".
  8. "If being rational means, as I think it should, having reasons for doing what one does and believing what one believes, it follow from White’s thesis that actions and beliefs have a meaning only in some contexts. I am not prepared to accept this conclusion." (Boudon R., 1993, p. 314)
  9. Charles Tilly: Finnegan and Harrison, Contemporary Sociology. Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 307-309 https://www.jstor.org/stable/2074476
  10. "If we awarded a prize for a book scored by the multiple of profundity, subversiveness, and obscurity, Identity and Control would surely win hands down."(Tilly, 1993, p. 307)
  11. "(...) once a term is defined, we’re supposed to know it."(Tilly, 1993, p. 307).
  12. "He attempts nothing less than a revivification of all the social sciences. I join him gladly in that aim. It’s about time." (Tilly, 1993, p. 307)
  13. " "As if that were not enough, the book treats organisms as sites and intersections of multiple identities, with the identity of the “person” being constructed like all the rest ; no whole person (construed as the social totality of an organism) ever acts. It denies any radical disjunction between human and nonhuman social life; in the sense of this scheme, of example, social units of all sort – human or otherwise – produce stories."(Tilly, C., 1993, p. 308)
  14. "He says (p. 111) that “ ambage and ambiguity both exist only as the follow-on to contingency.”" (Tilly, C., 1993, p. 309)
  15. Identity and Control: A Structural Theory of Social Action. by Harrison C. White, Review by: Craig Calhoun Contemporary Sociology Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 314-318 https://www.jstor.org/stable/2074479
  16. "The contribution of his work are more like Merton’s (without the limpid prose) than Parson’s. They lie not in the architecture but in the specific insights conceptualization." (Calhoun, G., 1993, p. 315)
  17. "Action means mainly change, and it is pursued as part of efforts at control. For sociologists with more direct interests in action (and human beings) this may seem a troublingly narrow view, though I suppose it could be expanded to present most of what are commonly considered the others objects of human activity as derivative of the pursuit of control"(Calhoun, G., 1993, p. 316).
  18. "One of White’s clearest section is his discussion of rational choice theory. He sees how the myth of the autonomous person is tied to rhetoric of rationality, and he usefully discusses rationality as a distinctive style for both ordinary interaction and social theory. In this context, he gives one of his most expansive statements about meaning: “It is meaning, not rationality, that is the focus of most social organization. Identities are rafts cobbled together out of leftovers to face cross-tide of circumstance. Sustenance of identities requires comparability of and meaning between identities, so that meaning is the focus of insight for projects of control. The useful way to treat rationality is as but a special case of meaning, a case of limited scope"."(Calhoun, G., 1993, p. 317)
  19. Marshall W. Meyer: Order from disorder. Contemporary Sociology. Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 309-311 https://www.jstor.org/stable/2074477
  20. " "Identity and Control develops a unique, brilliant, and in some respect idiosyncratic theory of social structure and action."
  21. "As a consequence, complex networks, organizations, and institutions, on one hand, and persons (not biophysical persons, but persons as social actors), on the other, arise from the contention of identities. Often identities are self-referential and direct efforts at social control at themselves. And the principle of self-similarity operates through-out: processes are often isomorphic across multiple levels of social structure"(Meyer M.W., 1993, p. 310)
  22. "Competition induced through comparability, whether in the most primitive pecking orders or in the modern organizational hierarchy, is an extraordinarily powerful control device." (Meyer M.W., 1993, p. 310)
  23. Clément Lefranc, « Identité et contrôle », sur https://www.scienceshumaines.com, (consulté le 25 novembre 2018) : « Comme l’indique le titre, le présent ouvrage est la traduction française d’un livre séminal qui, à l’occasion, a subi d’importants remaniements. »
  24. (en) Harrison Colyar White, Identity and Control: How social formations emerge, États-Unis, Princeton University Press, (ISBN 9781400845903, lire en ligne), Acknowledgment :

    « What finaly decided me to undertake this revision was Michel Grossetti's suggestion that I clarify the 1992 book as he began to translate it into french. »

  25. Grossetti, Michel et Godart, Frédéric, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires », SociologieS,‎ (ISSN 1992-2655, lire en ligne, consulté le 29 novembre 2018)