Herpesviridae

Herpesviridae
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Différents herpèsvirus
(dont VZV, HSV-1, HSV-2)
Classification
Type Virus
Groupe Groupe I

Famille

Les herpèsvirus (Herpesviridae) sont une famille de virus à ADN qui provoquent des maladies chez les humains et les autres animaux.

TaxonomieModifier

Liste des sous-famillesModifier

Selon BioLib (27 mai 2016)[1], NCBI (27 mai 2016)[2], World Register of Marine Species (27 mai 2016)[3], Catalogue of Life (27 mai 2016)[4] :


Genre Hôte Tropisme tissulaire Entrée cellulaire Transmission
Iltovirus Oiseaux Aucun Endocytose des récepteurs cellulaires Oral-fécal, aérosol
Proboscivirus Éléphants Aucun Glycoprotéines Contact
Cytomégalovirus Singes (incl. humains) Muqueuse épithéliale Glycoprotéines Urine, salive
Mardivirus Galliformes Aucun Endocytose des récepteurs cellulaires Aérosol
Rhadinovirus Mammifères (incl. humains) Lymphocytes B Glycoprotéines Sexe, salive
Macavirus Mammifères Lymphocytes B Glycoprotéines Sexe, salive
Roseolovirus Humains Cellules T; Cellules B; NK-cellule; les monocytes; les macrophages; épithélium Glycoprotéines Contact respiratoire
Simplexvirus Mammifères (incl. humains) Muqueuse épithéliale Endocytose des récepteurs cellulaires Sexe, salive
Scutavirus Tortues de mer Aucun Endocytose des récepteurs cellulaires Aérosol
Varicellovirus Mammifères (incl. humains) Muqueuse épithéliale Glycoprotéines Aérosol
Percavirus Mammifères Lymphocytes B Glycoprotéines Sexe, salive
Lymphocryptovirus Mammifères (incl. humains) Lymphocytes B Glycoprotéines Salive
Muromégalovirus Rongeurs Glandes salivaires Glycoprotéines Contact

Structure viraleModifier

Tous les virions des Herpesviridae partagent une structure commune, de l'intérieur vers l'extérieur:

  1. un génome d'ADN linéaire double brin, monopartite, relativement grand, codant pour 100 à 200 gènes enfermé dans
  2. une cage protéique icosaédrique (avec une symétrie T = 16) appelée capside[5] ou nucléocapside, formé de 162 capsomères (150 hexons et 12 pentons, tous deux composés de VP5[6]), elle-même enveloppée dans
  3. une couche protéique appelée tégument contenant les protéines virales (26 sont identifiées) et des ARNm viraux
  4. une membrane bicouche lipidique appelée enveloppe, d'où émergent
  5. des spicules formés de glycoprotéines. On a identifié 11 glycoprotéines: gB, gC, gD, gE, gG, gH, gI, gJ, gK, gL et gM. Parmi celles-ci, gB, gH, et gL sont présentes dans tous les Herpesviridae.

Cycle de réplicationModifier

À la suite de la liaison de l'enveloppe virale protéique aux récepteurs de la membrane cellulaire, le virion est ingéré et démantelé, permettant à l'ADN viral de migrer vers le noyau de la cellule. À l'intérieur du noyau, l'ADN viral subit une réplication et une transcription limitées à un petit nombre de gènes viraux appelés gènes latents. De cette manière, le virus peut persister dans la cellule (et donc dans l'hôte) indéfiniment. La réactivation de virus latents intervient dans de nombreuses maladies organiques.

Tandis que la primo-infection est souvent accompagnée d'une période limitée de maladie clinique, la latence à long terme est asymptomatique. À la suite de l'activation, le virus entame la transcription de nombreux gènes additionnels non-latents appelés gènes lytiques qui conduisent à une réplication accélérée et à la production de nouveaux virus. La formation de l'enveloppe définitive se fait à partir de la membrane plasmique de l'appareil de Golgi (une enveloppe provisoire prend forme à partie de la membrane nucléaire) contrairement à la plupart des autres virus dont l'enveloppe se forme à partir de la membrane plasmique. Souvent, l'activation lytique entraîne la mort de la cellule.

Herpèsvirus humainsModifier

Huit types de virus de cette famille sont la cause de maladies chez les humains. Ce sont, en anglais, les « human herpesvirus » (HHV) :

TransmissionModifier

À l'exception de VZV (de la famille des alpha Herpès Virus), le mode de transmission est le fait de contacts interhumains rapprochés, oraux ou sexuels. Le VZV est transmis par voie respiratoire. Notons que le CMV qui se transmet essentiellement par la salive (plus généralement par contact à des liquides biologiques infectés, lait maternel, urines des couches) peut être transmis par voie sanguine.

SymptômesModifier

Cliniquement, l'activation lytique s'accompagne souvent de l'apparition de symptômes non spécifiques tels qu'une faible fièvre, un mal de crâne, un mal de gorge, un état de fatigue, un érythème, etc. ainsi que de signes cliniques tels que des ganglions lymphatiques gonflés ou douloureux et des signes immunologiques tels qu'une diminution du nombre des cellules tueuses naturelles NK.

ImplicationsModifier

Joel Dudley (en) et son équipe de l'école de Medecine du Mont Sinaï (New York) démontre que les virus 6A (HHV-6A) et 7 (HHV-7) sont impliqués dans la maladie d'Alzheimer sans que l'étude puisse démontrer si la présence anormale des virus, dans plus de 600 échantillons cérébraux, est cause ou effet de la maladie [7].

Notes et référencesModifier

  1. BioLib, consulté le 27 mai 2016
  2. NCBI, consulté le 27 mai 2016
  3. World Register of Marine Species, consulté le 27 mai 2016
  4. Catalogue of Life , consulté le 27 mai 2016
  5. (en) Shuai Yuan, Jialing Wang, Dongjie Zhu, Nan Wang, Qiang Gao, Wenyuan Chen, Hao Tang, Junzhi Wang, Xinzheng Zhang, Hongrong Liu et al., « Cryo-EM structure of a herpesvirus capsid at 3.1 Å », Science,‎ 6 apr 2018: (lire en ligne)
  6. (en) Brian R. Bowman, Matthew L.Baker, Frazer J. Rixon, Wah Chiu et Florante A. Quiocho, « Structure of the herpesvirus major capsid protein », EMBO Journal,‎ , p. 757-765 (ISSN 0261-4189, lire en ligne)
  7. Coll, Multiscale Analysis of Independent Alzheimer’s Cohorts Finds Disruption of Molecular, Genetic, and Clinical Networks by Human Herpesvirus, Neuron, 21 juin 2018, https://www.cell.com/neuron/fulltext/S0896-6273(18)30421-5

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