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Henriette de Lorraine
Henriette de Lorraine, Princess of Phalsbourg (1605 - 1660), by Cornelis Galle II.jpg
Titre de noblesse
Princesse de Phalsbourg et Lixheim
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Biographie
Naissance
Décès
Activité
AristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoints
Louis de Lorraine
Carlo Guasco (d)
Francesco Grimaldi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Henriette de Lorraine (7 avril 1605 à Nancy-16 novembre 1660 à Neufchâteau) dite Henriette de Phalsbourg, était la fille de François, comte de Vaudémont, troisième fils du duc Charles III et de Claude de France, et de Christine comtesse de Salm.

Nièce du duc Henri II de Lorraine, elle fut d'abord appelée Henriette de Vaudémont, et devint la princesse Henriette de Lorraine lorsque son père puis son frère devinrent les ducs de Lorraine François II et Charles IV en 1625.

Enjeux matrimoniauxModifier

 
Charles IV de Lorraine, aussi fantasque et ambitieux que sa sœur.

Le débonnaire duc Henri II avait eu sur le tard de sa seconde épouse Marguerite de Gonzague deux filles. Selon les coutumes des duchés, l'aînée était son héritière et devait lui succéder tout en transmettant ses droits à son époux comme l'avait fait deux siècles plus tôt la duchesse Isabelle Ire de Lorraine et son époux René Ier d'Anjou.

Sentant sa fin approcher, le duc désirait marier sa fille et héritière Nicole qui avait 12 ans à son favori, Louis de Guise, baron d'Ancerville, bâtard du feu cardinal de Lorraine, homme d'âge mur et de grand talent que le duc vieillissant considérait comme un fils.

La famille ducale et la noblesse Lorraine étaient scandalisée par une telle perspective, princes et grands seigneurs se refusaient à céder le pas à un homme de naissance obscure.

Il fut décidé que Nicole épouserait le plus proche héritier du trône en ligne masculine, à savoir son cousin Charles de Lorraine, fils aîné du comte de Vaudémont, frère du duc. Le prince Charles, âgé de 16 ans, était un jeune homme fougueux, aimant le métier des armes qui s'était notamment distingué à la bataille de la Montagne Blanche mais aussi ambitieux et intriguant ; en compensation, le duc obtint pour son favori la main de sa nièce, sœur de Charles, la princesse Henriette âgée de 15 ans.

En 1621, tandis que la duchesse héritière Nicole 13 ans épousait son cousin Charles de Vaudémont 17 ans, Henriette de Vaudémont, âgée de 16 ans, épousait ainsi Louis de Guise, baron d'Ancerville, qui en avait 33.

Le duc Henri II mourut trois ans plus tard et Nicole monta avec Charles sur le trône. Le couple régna d'abord d'un commun accord avant que Nicole, jeune fille docile peu faite pour la politique, ne soit évincée du pouvoir par son intriguant mari.

Princesse de Phalsbourg et LixheimModifier

 
Château d'Henriette de Lorraine à Sampigny.

Devenu seul duc, Charles IV réunit en 1629, pour Louis et Henriette, les villes de Phalsbourg et Lixheim aux confins des Vosges en une principauté. Ils furent connus dès lors comme prince et princesse de Phalsbourg. Ils n'en firent pas moins reconstruire un château à Sampigny dans le Duché de Bar.

Après la mort de Louis de Guise en 1631, Henriette séjourna dans sa principauté de Lixheim, où des pièces de monnaie à son effigie, dénommées doubles tournois, furent frappées en 1633 et 1634.

L'invasion française, l'exil, la résistanceModifier

L'occupation de la Lorraine et du Barrois par les Français en 1633 provoqua l'éparpillement de la famille ducale et contraignit Charles à l'abdication et Henriette, jeune veuve sans enfant, à une fuite assez romanesque.

Mariages et remariagesModifier

Pendant son exil, elle épousa en 1644 un gentilhomme espagnol, don Carlos de Guasco, marquis de Sallario, général d’artillerie, qui mourut peu après.

Elle convola ensuite avec Christophe de Moura, qui également succomba peu après.

A court d'argent, la princesse se remaria une quatrième fois en 1649, elle avait 44 ans, avec son créancier principal, le marquis François Grimaldi, noble génois apparenté aux princes de Monaco qui ne dédaignait pas de trafiquer dans la banque à Anvers. Comme ses époux précédents, il reçut à son tour le titre de prince de Phalsbourg et Lixheim.

La princesse Henriette de Lorraine ne se maria que trois fois et eut une fille décédée très tôt. Sa vraie histoire fait l'objet d'un livre remarquable "une princesse au cœur de l'Europe" écrit après de très longues recherches par l'archiviste de la mairie de Saint-Avold se situant dans un des château d'Henriette de Lorraine et qui possède le portrait de cette princesse réalisé par les ateliers Van Dyck.

Le retour sur la terre de ses ancêtresModifier

Avec ce dernier époux, Henriette revint enfin en Lorraine, avant même la relative pacification qui, par le Traité de Vic-sur-Seille (1661) suivit le traité des Pyrénées (1659).

Le château de Sampigny ayant été dévasté par les années de guerre, Henriette et son époux durent entreprendre de le remettre en état grâce à la fortune du marquis ; ils séjournèrent alors à Neufchâteau dont Henriette possédait la seigneurie. Elle y mourut en 1660. Elle fut inhumée dans le caveau de l’église Sainte-Lucie de Sampigny auprès de son premier mari.

Henriette possédait également la terre de Saint-Avold où elle fonda un monastère de bénédictines. On trouve dans le château de cette ville, devenue mairie, un portrait de la princesse peint par Van Dyck.

Henriette de Lorraine n’ayant pas d'héritiers directs, ses terres firent retour au domaine ducal par un arrêt de la Chambre des comptes de Lorraine daté de 1661, hormis la principauté de Lixheim et le château de Sampigny dont François Grimaldi conserva la jouissance sa vie durant. Le prince fut également enterré à l'église de Sampigny après sa mort en 1693.

Voir aussiModifier