Heinrich Roth (jésuite)

missionnaire jésuite allemand
Heinrich Roth
Naissance
Dillingen (Allemagne)
Décès
Agra (Inde)
Nationalité allemande
Pays de résidence Inde
Profession
Activité principale
Missionniare, linguiste, écrivain
Autres activités
explorateur
Formation
Langues orientales, lettres, philosophie et théologie

Compléments

Précurseur des études sanskrites Roth composa la première grammaire sanskrite à l'usage des Européens

Heinrich Roth, né le à Dillingen, en Bavière (Allemagne) et décédé le à Āgrā en Inde, était un prêtre jésuite allemand, missionnaire, explorateur et linguiste en Inde. Il est l'un des premiers sanskritistes européens et un précurseur des études sanskrites[1].

BiographieModifier

D’Europe à MogolModifier

À la fin de ses études de théologie à Dillingen et Innsbruck Roth est ordonné prêtre à Innsbruck, le ,

Il arrive à Goa en 1651 par la voie terrestre, passant par Smyrne et Ispahan. Après quelques années passées dans la région de Goa il rejoint la mission de mogol des jésuites[2] où il missionne quelque temps à Srinagar (de Garhwal) avant d’être nommé recteur du petit collège d’Āgrā en . Doué pour les langues il étudie l’hindoustani, l’urdu avant de se consacrer entièrement à l’étude du sanskrit.

D’Āgrā à RomeModifier

En 1662 il accompagne à Rome Johann Grueber, qui en compagnie d’Albert Dorville a fait le voyage de Pékin à Āgrā, à travers le Tibet et le Népal. Arrivé à Rome en 1664 il s’arrange avec Athanasius Kircher pour publier ses recherches sanskrites et une histoire de la mission de Mogol. C’est à Rome qu’il compose sa grammaire sanscrite (bien que l’on croie généralement qu’il le fit à Agra). C’est la première grammaire sanskrite composée par un Européen.

Avant de reprendre la route pour l’Inde (toujours par voie terrestre) il rencontre le supérieur général des jésuites Jean-Paul Oliva lui demandant d’envoyer davantage de missionnaires à 'Mogol' (Inde du Nord), avec l’autorisation d’ouvrir une mission au Népal.

De Rome à ĀgrāModifier

En Roth entreprend le voyage de retour, en compagnie de Grueber, passant par Venise, Istanbul, et le Moyen-Orient. Grueber reste à Istanbul, et Roth arrive seul à Āgrā en . Il est possible qu’il ait fait vers la fin de sa vie un autre voyage au Népal. Il s’intéressait beaucoup au Tibet.

Roth meurt à Āgrā le . Sa tombe se trouve dans le cimetière catholique d'Āgrā.

ŒuvresModifier

Grammaire sanskriteModifier

  • Roth étudie la langue sanskrite durant plusieurs années. À Rome en 1664 il fait imprimer une Grammatica Linguae Samscretanae Brachmanum Indiae Orientalis. La grammaire est divisée en cinq chapitres: orthographie, déclinaisons, conjugaisons, formation des mots et syntaxe. Dans un appendice l’auteur presente 37 types de versets différents avec exemples et traductions en latin. Un original de la grammaire se trouve à la ‘’Biblioteca nazionale’’ de Rome, dont une édition en facsimilé a été publiée à Leyde en 1988 : The Sanskrit grammar and manuscripts of Father Heinrich Roth, S.J. (1620-1668): facsimile édition of Biblioteca Nazionale, Rome, Mss. or. 171 and 172. Heinrich Roth, avec introduction de Arnulf Camps et Jean-Claude Muller. Éd. Brill, Leyde, 1988. (ISBN 978-90-04-08608-1) L’indianiste allemand Max Müller fait allusion à la grammaire de Roth comme étant un ‘opus exactissimus’.

Autres œuvresModifier

  • Roth était un connaisseur de la littérature sanskrite et de la philosophie indienne. La bibliothèque du Vatican possède une copie manuscrite faite par Roth du Panca tattva prakasha de Venidatta (un dictionnaire composé en 1644), et de Vedantasara, une œuvre philosophique du XVe siècle.

BibliographieModifier

  • C. Wessels: Early Jesuit travellers in Central Asia (1603-1721), Martinus Nijhoff, The Hague, 1924.
  • Edward MacLagan: The Jesuits and the Great Mogul, Burns & Oates, London, 1932.
  • Arnulf Camps: Father Heinrich Roth S.J. (1620-1667) and the history of his sanskrit manuscripts, in Zeitschrift für Missionwissenschaft und Religionwissenschaft, vol. 53, 1969. p. 185-195.
  • Claus Vogel: An old letter from Surat written by german jesuit Heinrich Roth, Éd. The Institute, 1987. Annals of the Bhandarkar Oriental Research Institute, Volume 68.
  • Claus Vogel: The Jesuit missionary Heinrich Roth (1620–1668) and his burial place at Agra, Éd.Otto Harrassowitz Verlag, 2005. Indische Kultur im Kontext, volume 40. (ISBN 978-3-447-05207-8)

Notes et référencesModifier

  1. Livret, Numéro 5. École pratique des hautes études (France). Section des sciences historiques et philologiques. Éd. Librairie Droz, 1987, page 406.
  2. Studies in Asian mission history, 1956-1998. Volume 25 de Studies in Christian mission. Arnulf Camps. Éd. BRILL, 2000, page 90 et suivantes. (ISBN 9789004115729)

Liens externesModifier