Hérophile (sibylle)

personnage de la mythologie grecque

Hérophile est une sibylle d'Érythrée[1]. Plusieurs sources connaissent une Lamia fille de Poséidon, qui s’unit à Zeus et donne naissance à Hérophile[2],[3].

Portique des AthéniensModifier

« Les Athéniens eux-mêmes ont fait ériger un portique avec le produit du butin qu'ils firent sur les Péloponnésiens et les autres peuples de la Grèce qui étaient alliés avec eux. On y voit des proues de vaisseaux avec leurs ornements et des boucliers en cuivre ; dessus est une inscription qui nous fait connaître les villes sur lesquelles les Athéniens firent ce butin ; ces villes sont Élis, Lacédémone, Sicyone, Mégare, Pellène dans l'Achaïe ; Ambracie, Leucade et Corinthe elle-même. Ce fut, à ce que je pense, à la suite de ces victoires navales que les Athéniens sacrifièrent à Thésée et à Poséidon sur le promontoire Río. L’inscription roule sur Phormion, fils d'Asopichos, et sur ses exploits.  »

Le portique des Athéniens est l'un des monuments les plus anciennement connus, fouillé dès le début du XIXe siècle.

L'occasion de la consécration pose problème : d'après Pausanias, il s'agit de la guerre du Péloponnèse alors que le style de l'édifice et de la dédicace remonteraient, selon P. Amandry, à l'époque des guerres médiques[4].

Rocher de la Sibylle

« On voit près de là une roche qui s'élève au-dessus de la terre ; les Delphiens assurent qu'Hérophile surnommée la Sibylle, se tenait sur cette roche pour chanter ses oracles. »

(Histoire de la Sibylle)

La première qui ait porté ce nom de Sibylle et qui paraît remonter à la plus haute antiquité, est celle que les Grecs disent fille de Zeus et de Lamia, fille de Poséidon ; elle est, suivant eux, la première femme qui ait prononcé des oracles. Ils ajoutent que ce fut des Libyens qu'elle reçut le nom de Sibylle. Hérophile est d'une époque plus récente que celle-là; il paraît pourtant qu'elle florissait avant le siège de Troie, car elle annonça dans ses oracles qu'Hélène naîtrait et serait élevée à Sparte pour le malheur de l'Asie et de l'Europe, et que Troie serait prise par les Grecs à cause d'elle. Les Déliens rappellent un hymne de cette femme sur Apollon; elle se donne dans ses vers le nom d'Hérophile, mais aussi celui de Diane ; elle se dit dans un endroit l'épouse légitime d'Apollon, dans un autre sa sœur et ensuite sa fille ; elle débite tout cela comme furieuse et possédée du dieu. Elle prétend dans un autre endroit de ses oracles, qu'elle est née d'une mère immortelle, l'une des nymphes du mont Ida, et d'un père mortel.

«  Je suis née d'une race moitié mortelle, moitié divine ; ma mère est immortelle, mon père vivait d'aliments grossiers. Par ma mère je suis originaire du mont Ida, ma patrie est la rouge Marpesse consacrée à la mère des dieux, et arrosée par le fleuve Aïdonéus. »

Différences entre Sibylle et PythieModifier

La Pythie[5] a un statut institutionnel, elle est associée au sanctuaire de Delphes, alors que la Sibylle donne une divination occasionnelle, indépendante, nomade. La Pythie n'est que la porte-parole du dieu, elle répond aux questions qui lui sont adressées, alors que la Sibylle parle à la première personne, revendique l'originalité de sa prophétie et le caractère indépendant de ses réponses. On imagine la Pythie jeune (c'est, à l'origine, une jeune fille vierge), mais la Sibylle vieille. La Pythie apparaît en Grèce après la première Sibylle (Hérophile), les Sibylles sont venues d'Asie Mineure au VIIIe siècle av. J.-C.. Enfin, malgré certaines images poétiques véhiculées par Lucain et Virgile, la Pythie est plutôt posée, même si elle est en transe, alors que la Sibylle « dit l'avenir d'une bouche délirante. »

BibliographieModifier

NotesModifier

  1. [1]
  2. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (X, 12, §1)
  3. Plutarque, Sur les oracles de la Pythie, 9.
  4. P. Amandry, FD II, La colonne des Naxiens et le portique des Athéniens, 1952.
  5. Sabina Crippa, La voce et la visione, 1998. Citée in Plutarque, Dialogues pythiques, Garnier-Flammarion, 2006, p. 267, 414.[réf. non conforme]