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Hélène Ouvrard

artiste, écrivaine et romancière québécoise
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Hélène Ouvrard
HeleneOuvrard1959.jpg
Hélène Ouvrard en 1959
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 60 ans)
Nationalité
Formation
Activités

Hélène Ouvrard, née à Montréal le et morte le ), est une romancière, poétesse et scénariste québécoise.

Sommaire

BiographieModifier

Née à Montréal dans le quartier ouvrier Centre-Sud où elle passe sa jeunesse, elle s’intéresse très tôt à l'écriture. Son père, Jean Ouvrard, travaille pendant quelques années aux Éditions Variétés, l'une des maisons québécoises qui prennent la relève des éditions françaises ralenties par la guerre et l'Occupation allemande (1940-1944). Il fréquente la libraire d'Henri Tranquille, haut lieu du renouveau intellectuel québécois, où l'accompagnent régulièrement ses jeunes enfants. Son oncle, Joseph, tient dans le quartier Centre-Sud une petite libraire qui fait aussi office de bibliothèque et de lieu de discussion.

Hélène Ouvrard fait des études classiques au Collège Marguerite-Bourgeoys (1953-1956), puis suit des cours de peinture le soir à l'École des beaux-arts de Montréal. Dans les années 1950, elle rencontre le poète et dramaturge Claude Gauvreau, signataire du manifeste automatiste du Refus global (1948) et ami de son frère Georges.

En littérature, elle s'impose dès 1965 avec un premier roman audacieux, La Fleur de peau, publié aux Éditions du Jour.

À partir de 1968, tout en poursuivant son travail de création littéraire, elle est rédactrice pigiste dans le milieu des arts, du cinéma et de la radio. Elle écrit ainsi pour l’Office national du film, participe à la rédaction d’émissions culturelles à Radio-Canada, et contribue aux revues Châtelaine, « Liberté », « Art Le Sabort » et à la « Barre du Jour ». Entre 1970 et 1975, elle est directrice et principale rédactrice de la collection « Initiation aux métiers d’art du Québec » aux éditions Formart, fondées par le graveur René Derouin. Elle écrit également, entre 1983 et 1993, des scénarios de films d'animations pour Suzanne Gervais à l'ONF et contribue à faire connaître des artistes québécois, dont récemment le peintre Marcel Baril. Elle traduit en collaboration avec son frère Guy Ouvrard une œuvre de Marilyn French, La Fascination du pouvoir (1986).

Boursière du Conseil des arts du Canada et du ministère des Affaires culturelles du Québec à plusieurs reprises, membre de l’Union des écrivains québécois (UNEQ), elle publie cinq romans, une adaptation littéraire de film, des nouvelles, des textes dramatiques pour la radio. Ses poèmes ont donné lieu à des éditions d'art, en collaboration avec plusieurs artistes dont le relieur Pierre Ouvrard, son frère, et les peintres Claude Le Sauteur et Francine Simonin. Entre 1975 et 1988, elle effectue de nombreux séjours en France, où elle est membre de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) et du jury du prix France-Québec. Une semaine a été consacrée à ses œuvres radiophoniques à la Radio Suisse Romande en 1983.

À partir de 1989, elle se retire à la campagne, dans la Montérégie (au sud de Montréal), où se situait l'action de La Noyante. Elle y travaille à son dernier roman, La Femme de Lespugue, que sa situation financière précaire et la maladie l’empêcheront de terminer. Elle décède du cancer en 1999, à l’âge de 60 ans.

Signification de l'œuvreModifier

  • « Pour écrire, il faut se reprendre, soi. Être capable d'entendre rire les pierres si l'on veut saisir sa propre voix. » - L'Herbe et le Varech
  • « Ce qui est le pire, au fond, ce n'est pas de renoncer à un être. On finit toujours par trouver des raisons. C'est de renoncer à ce qu'il représente dans une vie. » - L'Herbe et le Varech
  • « L'amour est une lutte contre la partie de soi-même que l'on voit réfléchie dans l'autre. » - Le Cœur sauvage
  • « La liberté n'a pas de prix. On paye la rançon qui nous a été demandée - fût-ce notre chair - le jour où l'on a compris qu'on ne pouvait vivre sans elle. » - La Noyante
  • « Pourquoi j'écris? est une question que je ne me pose jamais, mais à laquelle je réponds tous les jours de ma vie. » - "Pourquoi j'écris", article paru dans Québec français 1982[1]

ŒuvreModifier

RomansModifier

  • La Fleur de peau (1965)
  • Le Cœur sauvage (1967)
  • Le Corps étranger (1973)
  • L'Herbe et le Varech (1977)
  • La Noyante (1980)

NovélisationModifier

Poésie et éditions d'artModifier

  • Toute cette lumière (1980), sérigraphie de Robert Wolfe, reliure de Pierre Ouvrard
  • Lespugue (1981), gravures de Francine Simonin, reliure de Pierre Ouvrard
  • 10 cartes postales (1982)
  • Filles (1983)
  • Raïssa, la Terre (1985)
  • Gargantua la socière (1985), gravures de Francine Bauvais, reliure de Pierre Ouvrard et un enregistrement sonore du texte lu par Monique Karsenty avec une musique composée et interprétée par Ghislaine Sauvé-Schurch, impression des bois gravés Danielle Blouin et des textes Martin Dufour.

Recueil de nouvellesModifier

  • Contes intemporels (Amours) (1985)

Textes dramatiquesModifier

  • La Femme singulière (1983)
  • L'Ange, in L'Hebdo (1983). Nouvelle traduite en anglais in Stories by Canadian Women (Rosemary Sullivan (en), éd., 1984)

ScénariosModifier

  • Trève / Still Point (1983). En collaboration avec Suzanne Gervais et France Ducasse, film d'animation réalisé par Suzanne Gervais, ONF
  • L'Atelier / The Studio (1988). Film d'animation réalisé par Suzanne Gervais, ONF
  • Ferron, Marcelle (1989). En collaboration avec Monique Crouillère. Documentaire sur la peintre et artiste verrier Marcelle Ferron, réalisé par Monique Crouillère, ONF
  • L'Attente / Expectations (1993). En collaboration avec Suzanne Gervais. Film d'animation réalisé par Suzanne Gervais, ONF

Textes sur l'art et la littératureModifier

Liste non exhaustive
  • Mais qui est donc Marcel Baril? (1995). En collaboration avec Nicole Desjardins et Françoise Le Gris
  • «De Claude Gauvreau à Sur fil métamorphose» (1999), in Art Le Sabort
  • «La Littérature féminine québécoise : une double libération» (1977) in Culture française, vol. 26, no. 4, p. 11-24.

HonneursModifier

BibliographieModifier

Études sur Hélène OuvrardModifier

  • Bénédicte Maugière, "Mythe, symbole et idéologie du pays dans La Noyante d'Hélène Ouvrard", in The French Review, Vol. 65, No. 5, p. 754-764, 1992
  • Bénédicte Maugière, "L'imaginaire féminin dans Le Corps étranger d'Hélène Ouvrard", in Québec Studies Vol. 14 (Spring/Summer) 1992
  • Bénédicte Maugière, "Fictions et réalites du territoire dans L'Herbe et le Varech d'Hélène Ouvrard", in B. Mauguière (éd.), Cultural identities in Canadian literature/Identités culturelles dans la littérature canadienne, New York, Peter Lang Publishing, p. 11-123, 1998
  • Mair Verthuy, "Flirting with Female Be-ing: The Uneasy Search of Helene Ouvrard", in Shirley Neuman and Smaro Kamboureli (éds.), A Mazing Space: Writing Canadian Women Writing, Edmonton: Longspoon, p. 108-114, 1986

Études collectivesModifier

Le Fonds d'archives Hélène Ouvrard est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)

Sources et liens externesModifier

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier