Guillaume de Salicet

médecin italien

Guillaume de Salicet (1210-1277), ou Guglielmo da Saliceto, dit aussi de Placentia, ou le Placentin, est un moine dominicain lombard du Moyen Âge, et le premier grand médecin-chirurgien d'Europe occidentale à réaliser l'union intime entre médecine hippocratique et pratique chirurgicale (remèdes et chirurgie vont ensemble).

Guillaume de Salicet
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Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Guglièlmo da SalicetoVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
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Religion
Ordre religieux
Maître
Ugo de' Borgognoni (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Il nait en 1210 à Saliceto, frazione de la commune de Cadeo, dans l'actuelle province de Plaisance, en Émilie-Romagne.

Après son admission dans l'ordre des Dominicains, il enseigne et exerce la médecine à Vérone, puis à Bologne. Il meurt en 1277 ou 1280 à Plaisance, où il est inhumé dans le cloître de San Giovanni in Canali.

Ses œuvres sont écrites en « latin barbare[1],[2].

PublicationsModifier

Deux ouvrages de médecine :

  • Liber in scientia medicinali, et specialiter perfectus qui Summa conserviationis et curationis appellantur.

Éditions imprimées : Plaisance, 1475 ; Venise, 1489 ; Leipzig, 1495.

  • Practica medica.

Comme les anciens, l'auteur accorde une grande place au régime de vie et à l'alimentation.

Son œuvre majeure est chirurgicale :

  • Vers 1275 : Cyrurgia.

Éditions imprimées : Plaisance, 1476 ; Venise, 1490, 1502, 1546 ; Leipzig, 1495.

Traductions françaises : Nicolas Prévot, Lyon, 1492, Paris, 1506 et 1595 ; P. Pifteau, Toulouse, 1898.

Ouvrage faisant la première mention de dissection au Moyen Âge[3]. Il inaugure l'anatomie topographique ou chirurgicale, c'est-à-dire l'anatomie décrivant les structures telles qu'elles se présentent sous la main du chirurgien au fur et à mesure de l'intervention[4]. Il est dit que les nerfs qui prennent leur origine du cerveau et de la nuque servent aux mouvements volontaires, et que ceux qui partent d'ailleurs sont destinés aux mouvements naturels et vitaux[5].

L'auteur préfère le bistouri au fer rouge. Il s'oppose à la suppuration par le lavage et les pansements au vin (précurseur de l'antisepsie)[1].

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b P. Theil, L'Esprit éternel de la médecine : Anthologie des écrits médicaux anciens, t. III : Le Moyen Âge européen, Annales de médecine praticienne et sociale, , p. 148-149.
  2. Désignait autrefois le latin utilisé après les invasions barbares. On utilise aujourd'hui les termes de bas latin et de latin médiéval (voir « Latin barbare »).
  3. (en) Luis Garcia Ballester et R. K. French, Practical Medicine from Salerno to the Black Death, Cambridge University Press, , 402 p. (ISBN 978-0-521-43101-9, lire en ligne).
  4. M.-J. Imbault-Huart et L. Dubief, La Médecine au Moyen Âge, à travers les manuscrits de la Bibliothèque nationale, éditions de la Porte Verte, , p. 92.
  5. N. F. J. Éloy, Dictionnaire historique de la médecine, t. 4 (reproduction en fac-similé de l'édition de 1478), Bruxelles, Culture et Civilisation, , p. 165-166.