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Harvesting acorn to feed swine. Psautier de la reine Marie, vers 1320-1330. British Library

La glandée fait référence à la production par les chênes de glands, ou à leur consommation par les animaux, notamment les porcs.

Sommaire

Fructification des chênesModifier

La glandée qualifie l'année où les chênaies produisent les glands : en France, plus on descend vers le Sud, plus elles sont fréquentes :

  • Dans le Nord-Est : 1 glandée tous les 10 à 15 ans
  • En Bourgogne : 1 glandée tous les 5 à 10 ans

Ce phénomène de pics de fructification massive suivi d'années de moindre production de glands, se réalisant de manière remarquablement synchrone sur de grandes régions, est appelé « masting ». Le masting s'observe également chez d'autres espèces forestières que les chênes ; par exemple chez le hêtre (Fagus sylvatica ; dont la fructification se nomme la faînée) et certains pins (Pinus Ponderosa sous l'effet du climat[1])[2].

Pâturage des porcModifier

 
la pratique de la glandée, illustrant le mois de novembre des Très Riches Heures du duc de Berry, XVe siècle

La glandée ou panage désigne aussi une pratique qui permet d'envoyer ses porcs paître dans les forêts pour y consommer les glands des chênes et les faînes des hêtres.

En Angleterre, du temps de Guillaume le Conquérant, les forêts étaient encore si nombreuses et étendues qu'elles n'étaient pas valorisées par la quantité de bois, ou ce qui pourrait être abattu chaque année, mais par le nombre de porcs que les glands pouvaient entretenir[3].

Les derniers troupeaux de porcs qui existaient encore en 1970 étaient à chercher en Espagne et au Portugal, en Sardaigne, en Autriche, etc. On a tenté de remettre des porcs à la glandée en Angleterre et en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale[4].

En FranceModifier

La glandée se pratique en automne, sa durée varie selon les coutumes, du début septembre (Notre-Dame de septembre), de la fin septembre (Saint-Michel) ou du début octobre (Saint-Rémy) à la fin octobre (Saint-André). Certaines coutumes la prolongent tout l'hiver. Le seigneur perçoit un droit qu'il donne à bail.

L'ordonnance de 1669 sur les Eaux et Forêts réglemente strictement le droit de panage[5].

Le porcher chargé d'accompagner les cochons en forêt était appelé le « glandeur ». Comme il était peu occupé, est resté l'expression populaire de glander, pour traduire une personne qui reste à ne rien faire.

Culture populaireModifier

  • le jeu de carte Magic : l'assemblée contient une carte nommée Glandée[6] en français (Acorn Harvest en VO). La carte permet de mettre en jeu des jetons de créature écureuils.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Christopher R. Keyes et Rubén Manso González, « Climate-influenced ponderosa pine (Pinus ponderosa) seed masting trends in western Montana, USA » (Short Communication), Forest System, vol. 24, no 1,‎ (lire en ligne)
  2. Éliane Schermer et al., « Fluctuations des glandées chez les chênes : Mieux les comprendre pour mieux gérer la régénération des chênaies », Rendez-vous techniques de l'ONF, Office National des Forêts, no 50,‎ , p. 21-29 (lire en ligne)
  3. (en) John Ramsbottom, « Dry Rot in Ships », Essex Naturalist, vol. 25,‎ , p. 234 (lire en ligne, consulté le 15 mai 2019)
  4. Sigaut François. C. L. Ten Cate, Wan God mast gift... Bilder aus der Geschichte der Schweinezucht im Walde. . In: Études rurales, n°59, 1975. pp. 116-117. Lire en ligne
  5. Cédric Michalski, « Le droit à la glandée », Revue Forestière Française, vol. LVII, nos 5-2005,‎ , p. 377-391 (lire en ligne)
  6. Gatherer.wizards.com