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Frutolf de Michelsberg

moine bénédictin allemand du Moyen Âge, mort en 1103
Frutolf de Michelsberg
Biographie
Naissance
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Décès
Activités
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Ordre religieux
Genre artistique
Façade de la Michaelskirche de Bamberg, ancienne église abbatiale

Frutolf de Michelsberg (ou Frutolf de Bamberg) est un moine bénédictin allemand du Moyen Âge, mort le 17 janvier 1103, auteur notamment d'une Chronique universelle racontant l'histoire du monde de la Création jusqu'en l'an 1101.

Sommaire

Vie et œuvreModifier

Il était moine de l'abbaye de Michelsberg à Bamberg (un établissement fondé en 1015 par le premier évêque de la ville, et dépendant étroitement de lui et ses successeurs). Frutolf y fut peut-être prieur. En tout cas, c'était un remarquable lettré qui fut écolâtre du monastère[1] et consacra beaucoup de temps à la bibliothèque de l'établissement, l'enrichissant par ses propres œuvres et aussi comme copiste de nombreux manuscrits.

Son nom est injustement tombé dans l'oubli car sa Chronique universelle, continuée par d'autres, leur a été attribuée plutôt qu'à lui. Elle a d'abord été connue comme partie de la Chronique d'Ursperg, qui s'étend jusqu'en 1229, ainsi nommée d'après son dernier contributeur, Burchard, prieur du monastère des Prémontrés d'Ursperg, près d'Augsbourg († 1231)[2]. En 1844, Georg Waitz et Georg Heinrich Pertz ont dégagé la partie allant jusqu'à 1125 comme étant l'œuvre d'Ekkehard d'Aura (qui séjourna à l'abbaye de Michelsberg à partir de 1105, avant de devenir en 1113 premier abbé du monastère d'Aura an der Saale nouvellement fondé par l'évêque Othon de Bamberg)[3]. La contribution d'Ekkehard fut alors un temps surévaluée, jusqu'à ce qu'en 1895 Harry Bresslau découvre à la bibliothèque d'Iéna le manuscrit autographe de Frutolf, montrant qu'Ekkehard avait utilisé le travail de ce dernier jusqu'à l'an 1101.

La Chronique de Frutold est une compilation d'un nombre remarquablement élevé de sources[4], témoignant de la grande érudition de l'auteur, avec en même temps un effort d'intégration de toutes ces sources dans un récit unifié et cohérent. Sa chronologie est en décalage de dix ans avec celle de Bède le Vénérable. Sa Chronique apparaît comme la plus riche et la mieux conçue de l'époque avec celle de Sigebert de Gembloux.

Frutold a aussi laissé un Breviarium de musica en treize chapitres et un Tonaire (livre liturgique où les chants de messe sont classés selon les huit tons du plain-chant). L'œuvre musicologique de Frutolf est une synthèse, principalement, du De institutione musica de Boèce et des ouvrages de Bernon de Reichenau (Prologus in Tonarium) et d'Hermann Contract. Moins sûrement, on lui assigne aussi un Liber de divinis officiis et un traité intitulé Rythmimachia (sur un jeu consistant en certaines combinaisons de nombres).

ÉditionsModifier

  • Rudolf Peiper (éd.), Fortolfi Rythmimachia, Leipzig, Teubner, 1880.
  • Cölestin Vivell (éd.), Frutolfi Breviarium de musica et Tonarius, Vienne (Sitzungsberichte der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 188, II), 1919.
  • Franz-Joseph Schmale, Irene Schmale-Ott et Christian Lohmer (éds.), Die Chronik des Frutolf von Michelsberg und ihre Fortsetzungen, MGH, Scriptores (in Folio), n° 33, 2013.

BibliographieModifier

  • Harry Bresslau, « Die Chroniken des Frutolf von Bamberg und des Ekkerhard von Aura », Neues Archiv der Gesellschaft für Ältere Deutsche Geschichtskunde, vol. 21, 1895, p. 197-234.
  • Michel Huglo, Les tonaires. Inventaire, analyse, comparaison, CNRS, Société française de musicologie, Paris, Heugel, 1971 (p. 283-286).
  • Bruno Stäblein, « Frutolf vom Michaelsberg als Musiker », in Musik und Geschichte im Mittelalter. Gesammelte Aufsätze, Göppingen, Kümmerle, 1984, p. 45-54.
  • Wanda Gaweowska, « Alexandre le Grand dans l'œuvre Chronicon Universale de Frutolf de Michelsberg », Balkan Studies 31, 1990, p. 51-56.
  • Christian Lohmer, « 150 Jahre Edition der Chronik des Frutolf von Michelsberg », in Zur Geschichte und Arbeit der Monumenta Germaniae Historica, Munich, 1996, p. 44-58.
  • Rebecca Maloy, « The Roles of Notation in Frutolf of Michelsberg's Tonary », The Journal of Musicology, vol. 19, n° 4, 2002, p. 641-693.
  • Katharina Heyden, « Der Jenaer Autograph der Chronik des Frutolf von Bamberg mit der Fortsetzung des Ekkehard von Aura », in Martin Wallraff (dir.), Welt-Zeit. Christliche Weltchronistik aus zwei Jahrtausenden in Beständen der Thüringer Bibliothek Universitäts- und Landesbibliothek Jena, Berlin, 2005, p. 81-89.
  • Irene Schmale-Ott, article « Frutolf, Benediktiner, Chronist († 17.1.1003) », Neue Deutsche Biographie 5, 1961, p. 671.

Notes et référencesModifier

  1. Heimo, chanoine de la collégiale Saint-Jacques (Jakobskirche) de Bamberg († 1139) et auteur lui-même d'une chronique universelle en sept livres (Liber de decursu temporum), fut son élève.
  2. Editio princeps par Conrad Peutinger à Augsbourg en 1515 ; seconde par Philipp Melanchthon à Strasbourg en 1537.
  3. MGH, section Scriptores, t. VI (Chronica et annales ævi Salici) : Ekkehardi Uraugiensis chronicon universale ad a. 1106 p. 33-231, et Chronici universalis pars altera a. 1106-1125 p. 231-265 ; réimpression dans la Patrologia Latina, vol. 154, col. 497-1063.
  4. Il a exploité notamment : les Chroniques de saint Jérôme, de Prosper d'Aquitaine, d'Isidore de Séville et de Bède le Vénérable, les Histoires de Paul Orose et de Jordanès, l'Histoire ecclésiastique de Rufin d'Aquilée, des textes de Tertullien, de saint Augustin, de Grégoire le Grand ; Salluste, Pline l'Ancien, Aurelius Victor ; le Liber Historiæ Francorum, les ouvrages historiques de Paul Diacre, de Landulf Sagax ; les Annales regni Francorum, la Vita Karoli d'Éginhard ; sur les origines saxonnes la Translatio sancti Alexandri de Rudolf de Fulda ; les Histoires de Richer de Reims (dont l'unique manuscrit a été découvert à Bamberg en 1833 par Georg Heinrich Pertz), l' Histoire d'Othon de Liutprand de Crémone ; de nombreuses Vies de saints (saint Colomban, saint Gall...), et beaucoup d'autres textes.