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Freddy Buache

journaliste, cinéphile, historien du cinéma, poète et écrivain vaudois
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Freddy Buache
Freddy Buache by Erling Mandelmann.jpg
Freddy Buache, entre 1987 et 1993 (photo d'Erling Mandelmann).
Fonction
Directeur
Cinémathèque suisse
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 94 ans)
LausanneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activités
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Distinctions
Prix de la Ville de Lausanne (d)
Léopard d'honneurVoir et modifier les données sur Wikidata

Freddy Buache, né à Lausanne (Canton de Vaud) le et mort dans la même ville le [1], est un journaliste, poète, écrivain et bellettrien suisse. Il a dirigé la Cinémathèque suisse de 1951 à 1996.

Sommaire

BiographieModifier

Freddy Buache passe la première partie de son enfance à Villars-Mendraz où ses parents tiennent le Café de la Poste. Son père Frédéric Buache, né en 1897, originaire de Corcelles-près Payerne, est orphelin et placé en orphelinat à Avenches, avant qu'une famille de Villars-Mendraz l'adopte à l'âge de dix ans. Il fut gendarme à Lausanne, puis il est parti à Orbe comme gardien de prison, avant de revenir à Villars-Mendraz en raison de problèmes de santé. Sa mère Valentine, née Jaton, est originaire de Villars-Mendraz. Ils se sont mariés en 1924 et ils ont ouvert le café-restaurant au centre du village. Une belle maison, avec une petite étable, où Freddy passe une enfance idéale. En 1933, ses parents subissent la faillite de leur café, et après avoir vécu dans un petit deux pièces dans le village, ils partent vivre à Lausanne au printemps 1934. Sa condition de vie devient très précaire, car sa maman est sommelière et son père ne travaille quasiment plus, excepté parfois sur un chantier ou pour aller déblayer la neige. En 1937, comme il se montre doué dans sa scolarité, ses parents l'envoient au collège scientifique (il aurait préféré le collège classique, mais c'était trop loin), chose inhabituelle en raison de sa condition modeste. D'habitude, la voie habituelle pour un cas comme lui aurait été l'école primaire supérieure, mais sa maman s'est sacrifiée pour lui payer l'écolage. Dans sa classe, il n'y a que des fils de médecins et de notables, à part Gaston Cherpillod qui est aussi fils d'ouvrier et qui en a parlé dans son livre Le chêne brûlé[2].

Son premier souvenir cinématographique date du début des années 30. Une belle amazone avec une broche en serpent au revers de sa veste, projection vue dans une grange à Villars-Mendraz[3], puis dans les années 40, un de ses premiers chocs au cinéma fut Lumière d'été de Jean Grémillon avec Pierre Brasseur et des dialogues de Jacques Prévert[4]. En automne 1945, Freddy Buache visite l'exposition "Image du cinéma français" au Palais de Rumine à Lausanne. Dans un coin, à proximité d'affiches et de photos, il assiste seul à la projection sur un écran, avec un appareil 16 mm, du film Un chien andalou de Luis Buñuel qui l'impressionne énormément. À la sortie de l'exposition, l'un des artisans de la Cinémathèque française, Henri Langlois l'accoste, lui demande ses impressions et l'emmène au bistrot pour boire des verres. Ils seront suivis par des planteurs de clous de Rumine, mais aussi le président de la Cinémathèque française Jean Grémillon, et de Joseph Kosma. Henri Langlois lui dit alors qu'il se trouvait des gens qui cherchaient à ouvrir un ciné-club. Freddy Buache part donc à leur recherche pour créer le Ciné-Club de Lausanne en 1946 à la Maison du Peuple, qui connait d'emblée un énorme succès[5].

En 1946, Freddy Buache crée, avec Charles Apothéloz, la compagnie théâtrale des Faux Nez. Il fréquente à Lausanne le futur philosophe André Gorz qui l'initie à la philosophie existentialiste[6]. Journaliste et critique de cinéma, Freddy Buache tient alors la rubrique cinéma de la Nouvelle Revue de Lausanne, puis de la Tribune de Lausanne dès 1959. Il dirige deux collections à L'Age d'Homme : Cinéma vivant et Histoire du cinéma. Freddy Buache dirige la Cinémathèque suisse[7] à partir de 1951 jusqu'en 1996. Il est l'époux de l'écrivain et journaliste Marie-Magdeleine Brumagne.

Freddy Buache est l'auteur de plusieurs livres de poèmes et d'essais. En 1985, le prix de Lausanne lui est attribué. En 1998, Freddy Buache reçoit le Léopard d'honneur lors du Festival international du film de Locarno, et en avril 2019, la médaille de membre honoraire de la Fédération internationale des archives du film, lors d'un congrès international qui s'est tenu à Lausanne[8].

Repères biographiquesModifier

1924      Naissance le 29 décembre à Villars-Mendraz (VD) où ses parents tiennent le café de la Poste.

1933      Déménagement à Lausanne. Collège scientifique puis École de Commerce

1943      Création des Archives cinématographiques suisses à Bâle.

1945      Rencontre avec Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque française, à l’occasion de l’exposition « Images du cinéma français » au Palais de Rumine Fondation du Ciné-club de Lausanne.

1948      Création, avec Charles Apothéloz, de la compagnie théâtrale des Faux-Nez.

1949      Transfert des collections bâloises à Lausanne. Création de l’association «Cinémathèque suisse» à Lausanne (3 novembre)

1950      Organisation de la Semaine du cinéma et bal inaugural de la Cinémathèque suisse au Lausanne-Palace, en présence d'Erich von Stroheim.

1951      Succède à Claude Emery comme directeur de la Cinémathèque suisse. Rencontre sa future femme, Marie- Madeleine Brumagne.

1952      Premières critiques cinématographiques dans La Nouvelle Revue de Lausanne. Installation de la Cinémathèque suisse dans un deux pièces à la Place de la Cathédrale.

1954      Organise le 10e congrès de la FIAF (Fédération Internationale des Archives du Film).

1955      Premier séjour au Festival de Cannes.

1956      Première publication : Contre-chants, recueil de poésie.

1959      Débute comme chroniqueur à la Tribune de Lausanne, qui deviendra Le Matin

1960      Freddy Buache est soupçonné de faire de la Cinémathèque suisse un foyer du communisme.

1963      Premières subventions de la Confédération, après celle de la Ville de Lausanne (1950), du canton de Vaud (1955) et d’autres cantons.

1964      Responsable de collection aux Éditions L'Age d'Homme.

1966      Co-directeur du Festival de Locarno, avec Sandre Bianconi jusqu’en 1970. Les projections au collège de Béthusy deviennent bimensuelles.

1972      Obtient un des trois prix spéciaux décernés à l’occasion des 25 ans du festival tessinois.

1975      Intégration des archives du Ciné-Journal suisse.

1979      Carte blanche de la Cinémathèque suisse au Festival de Cannes. 35ème congrès de la FIAF à Lausanne.

1981      Transformée en fondation privée, la Cinémathèque suisse s’installe dans l’aile Est du Casino de Montbenon. Projections quotidiennes.

1982      Jean-Luc Godard réalise le court métrage Lettre à Freddy Buache présenté au Festival de Cannes dans la section « Un Certain Regard ».

1984      Lance les « Histoire(s) comparées(s) du cinéma », cours qu’il donne à la Cinémathèque suisse.

1985      Prix de la Ville de Lausanne.

1992     Inauguration du Centre d’archivage à Penthaz dans un ancien atelier de reliure, qui permet de rassembler les archives conservées sur dix sites différents.

1996      Historien du cinéma, Hervé Dumont succède à Freddy Buache qui devient Président d'honneur de la Cinémathèque suisse.

1998      Léopard d'honneur au Festival de Locarno. Fait son entrée dans Le Petit Larousse en même temps que Nicolas Bouvier, Mario Botta et Jean-Pascal Delamuraz.

2009      Frédéric Maire, nouveau directeur de l’institution

2010      Prix de la Fondation Leenaards.

2019      Reçoit la médaille de Membre honoraire de la FIAF, remise lors du 75ème congrès de la fédération à Lausanne. Visite le nouveau Centre de recherche et d’archivage de la Cinémathèque suisse à Penthaz. « Le jeune cinéma des pays de l’Est », dernier cours dispensé par Freddy Buache aux étudiants de la Section histoire et esthétique du Cinéma de l’Unil (8 mai). Décès le 28 mai.

2019 Mort le 28 mai.

LivresModifier

  • Contre-chants, Éd. du Carré rouge, 1956 (poésie)
  • Nouvelle Vague, avec Raymond Borde et Jean Curtelin. – Lyon : Serdoc, 1962.
  • Le Cinéma américain 1955-1970, Éditions l'Âge d'Homme (1974)
  • Le Cinéma suisse, Éditions l'Âge d'Homme (1974)
  • Portrait de Daniel Schmid en magicien, Éditions l'Âge d'Homme (1975)
  • Le Cinéma anglais autour de Kubrick et Losey, l'Age d'homme, (1978)
  • Le Cinéma allemand: 1918-1933, Hatier (1984)
  • Le Cinéma américain, tome 2 : 1971-1983, Éditions l'Âge d'Homme (1990)
  • Claude Autant Lara, Éditions l'Âge d'Homme (1990)
  • Luis Bunuel, Éditions l'Âge d'Homme (1990)
  • Le cinéma italien, 1945-1990, Éditions l'Âge d'Homme (1992)
  • Derrière l'écran, entretiens avec Christophe Gallaz et Jean-François Amiguet, Payot, 1995 ; rééd. Éditions l'Âge d'Homme (2009)
  • Trente ans de cinéma suisse : 1965-1995, Éditions du Centre Pompidou (1999)
  • Le Cinéma anglo-américain, de 1984 à 2000, Éditions l'Âge d'Homme (2000)
  • Michel Soutter, Éditions l'Âge d'Homme (2001)
  • 25 ans de cinéma français, 1979-2003, Éditions l'Âge d'Homme (2005)
  • Michel Mitrani, une bio-filmographie, Éditions l'Âge d'Homme (2006)
  • Sous tant de paupières', Éditions l'Âge d'Homme (2010)

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier