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Franz Matsch

peintre et sculpteur autrichien
Franz Matsch
Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png
Autoportrait de 1904, Palais du Belvédère (Vienne).
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Franz von MatschVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Franz Josef Karl MatschVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Franz Josef Karl Matsch (1861-1942) est un artiste peintre, décorateur et sculpteur autrichien, connu pour sa collaboration avec Ernst et Gustav Klimt.

Sommaire

BiographieModifier

Matsch est né à Vienne (Empire d'Autriche) le 18 septembre 1861. Il est le fils de Karl Matsch, qui était fondé de pouvoir. À partir de 1875, Franz fréquente l'école des arts appliqués de Vienne et étudie entre autres auprès de Michael Rieser (en), Karl Hrachowina et Ludwig Minnigerode (1847-1930). Matsch est diplômé en 1883.

Il a pour condisciples Gustav Klimt et son frère Ernst Klimt. Tous les trois forment vers 1879 une communauté sous le nom de « Künstler-Compagnie »[1]. Ils vécurent ensemble, vraisemblablement jusqu'au mariage de Matsch, dans le 8e arrondissement de Vienne, dans un pavillon situé dans le jardin de la maison familiale des Matsch, au 21 Josefstädter Straße, mais leur atelier commun se situait dans le 6e arrondissement, au 8 Sandwirtgasse.

Tous trois ont exécuté de nombreuses fresques murales et des plafonds, entre autres pour des bâtiments viennois situés sur la Ringstrasse. Ils ont également travaillé sur des chantiers situés à Reichenberg, à Fiume et pour l'Achilleion de l'impératrice Élisabeth à Corfou[2]. En 1891, à l'instar de Gustav Klimt, Matsch devient membre de la coopérative des beaux-arts (Künstlerhaus) de Vienne. Ernst Klimt meurt en 1892. Puis Gustav s'en va fonder la Sécession viennoise.

 
Le Triomphe d'Achille, l'une des fresques de l'Achilleion à Corfou (1892).

En 1895, Franz Matsch épouse Theresia Anna Kattus (de), la fille du producteur d'un célèbre vin mousseux. Déjà issu d'un milieu assez aisé, le soutien financier de sa belle-famille, ainsi que le succès que le peintre rencontre en tant que portraitiste des principaux notables et de l'aristocratie du pays, le conduisent à la prospérité et recevoir de nombreux honneurs. En 1896, Franz Matsch et les frères Klimt figuraient déjà dans les bottins mondains et les répertoires de propriétaires fonciers édités par Adolph Lehmann (1828-1904)[3].

Matsch, très apprécié par la famille impériale devient, dix ans après avoir été diplômé, un peintre de cour. En 1893, il est nommé professeur à l'École des arts appliqués et le demeure jusqu'en 1902.

Les choses se gâtent entre Klimt et Matsch quand, en 1900, le ministère de l'Éducation leur commande une série de fresques murales et des plafonds destinées à l'université de Vienne. L'œuvre existe toujours et peut être admirée (Fakultätsbilder) mais, le projet originel a été largement censuré par les autorités, qualifié même de « pornographique », ce qui a entraîné la démission de Klimt, tandis que le travail de Matsch était, lui, encensé : la partie intitulée Théologie est l'œuvre du seul Matsch, puisque Klimt a refusé de se plier à la commande.

 
Vue de L'Anker-Uhr dans Hoher Markt (Vienne).

Entre 1911 et 1914, Matsch exécute ce que l'on considère comme l'un de ses chefs-d'œuvre, L'Anker-Uhr, une horloge traversière située dans le quartier de Hoher Markt (de) (le « vieux marché ») à Vienne, et qui prît ce nom d'après la compagnie d'assurance Der Anker (« l'ancre »). Y figurent douze personnages issus de l'histoire autrichienne représentant chacun une heure sur l'horloge, le tout conçu dans un style résolument Art nouveau.

En 1912, Matsch est au sommet de sa gloire : il est anobli par l'empereur et fait Edler (« écuyer ») ; son titre a été annulé le 3 avril 1919, après la révolution.

Après la Première Guerre mondiale, Matsch devient un artiste de second plan et tombe dans l'oubli.

Il meurt à Vienne le 5 octobre 1942 et est enterré dans le cimetière de Döbling (Döblinger Friedhof).

ŒuvreModifier

Peintre et sculpteur à ses débuts plutôt de facture académique, puisant dans l'histoire, Matsch va finir par trouver dans l'Art nouveau un second souffle, sans doute poussé par Klimt, une façon pour lui d'échapper à l'historicisme et aux travaux de commandes. Son travail artistique est très polyvalent. En plus de nombreux portraits, il a conçu des fontaines et des monuments funéraires, ainsi que des décors et des costumes pour des comédiens tels que l'actrice Charlotte Wolter. On compte aussi de nombreux paysages, marqués, avant 1914, par le courant impressionniste. Ses toiles après 1919 sont cependant d'une facture très classique.

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Notes et référencesModifier

  1. (de) Alfred Weidinger et Agnes Husslein-Arco (2007), Gustav Klimt und die Künstler-Compagnie, introduction au catalogue.
  2. (de) [PDF] « Der Zorn des Achilleus », dossier pédagogique, université de Zürich.
  3. Allgemeine Wohnungs-Anzeiger, édité à Vienne par Lehman à partir de 1859.
  4. Il s'agit d'un portrait de son jeune fils Franz (1899-1973) — reproduit dans Die Kunst für alle, 12, 1907-1908.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (de) Franz von Matsch. Ein Wiener Maler der Jahrhundertwende, catalogue d'exposition, Vienne, Historisches Museum der Stadt Wien, 1981.
  •   (de) Hans Ries, « Matsch, Franz von », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), volume 16, Berlin, Duncker & Humblot, 1990, p. 384en ligne.
  •   (de)[PDF] H. Schöny, « Matsch, Franz von », dans Österreichisches Biographisches Lexikon 1815–1950 (ÖBL), volume 6, Vienne, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 1975, pp. 147-148en ligne.
  • (de) Alfred Weidinger et Agnes Husslein-Arco, Gustav Klimt und die Künstler-Compagnie, catalogue d'exposition, Vienne, Palais Belvedere, 2007, (ISBN 9783901508332).

Liens externesModifier

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