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Francisco Amorós
Description de l'image Amoros.jpg.
Naissance
Valence
Décès
Paris
Nationalité Espagnole puis Française
Profession
Colonel
Activité principale
Inventeur d'une méthode de gymnastique

Don Francisco Amorós y Ondeano, marquis de Sotelo, né le à Valence et mort le à Paris est un colonel espagnol qui a contribué à l'introduction de la gymnastique en France. Après avoir servi dans les armées espagnoles, il est chargé en 1807 de l'éducation de l'infant don François de Paula. Lors de l'invasion française en 1808 il prend le parti de Joseph Bonaparte. Au retour de Ferdinand VII au pouvoir en 1813, il s'expatrie en France où il est naturalisé en 1816. Le , il ouvre grâce à une souscription municipale le premier établissement public français d'éducation physique destiné aux enfants des écoles : le gymnase de l’Institution Durdan situé 9, rue d'Orléans[N 1] dans le 5e arrondissement de Paris. Il décède le 8 août 1848. Inhumé au cimetière du Montparnasse, il est considéré comme l'un des « pères de la gymnastique française ».

BiographieModifier

Né le 19 février 1770 à Valence et destiné au métier des armes, Amoros entre comme cadet de l’armée d’Espagne à l’âge de neuf ans. Il gagne ses galons de capitaine en 1793 contre les troupes révolutionnaires françaises à la bataille du Mas d’Eu[1]. Il doit alors à son intérêt et sa vaste culture pour la pédagogie la création et le commandement d’un corps de grenadiers-gymnastes puis en 1806 celle d’un Institut pestalozzien à Madrid[2]. Charles IV le nomme l’année suivante précepteur de l’infant don Francisco de Paula[3]. Lors de l’invasion de l’Espagne il collabore en 1808 avec Joseph Bonaparte qui le fait intendant général de la police puis ministre de l'Intérieur[4]. Il doit se réfugier en France lors du retrait des troupes en 1814.

Carrière françaiseModifier

Dès son arrivée à Paris, il reprend ses activités pédagogiques dans un gymnase municipal. Puis à la suite de sa naturalisation le 10 juillet 1816, il reçoit en 1819, eu égard à une compétence unanimement admise et reconnue, les directions du gymnase normal militaire et civil et de celui des sapeurs-pompiers. Enseignant également dans le privé et en particulier dans le gymnase des frères Durdan fondé en 1818[5] il connaît la renommée et le succès sous la Restauration (1815-1830) qui subventionne généreusement les installations nécessaires au développement de sa méthode alors que Charles X lui confie l'éducation de son petit-fils, futur comte de Chambord, et le nomme Inspecteur des gymnases militaires de France le 15 juillet 1829[6].

Il publie en 1830 Le traité d’éducation physique gymnastique et morale qui reste le bréviaire de la gymnastique française[7]. Amoros ouvre en 1834 au 6 rue Jean Goujon un gymnase civil et orthosomatique[8]. À la suite de divers contretemps dans ses fonctions publiques la fermeture du gymnase de Grenelle, déjà envisagée à diverses reprises, devient effective en 1838[9]. La disparition d'Amoros pendant les évènements de la Révolution de 1848 passe inaperçue mais son influence persiste cependant à travers l’École de Joinville créée sous le second Empire en 1852 et confiée à deux de ses élèves, Napoléon Laisné et Charles d'Argy.

La gymnastique amorosienneModifier

 
Couverture de la première édition (1830)

Dans Le traité d’éducation physique gymnastique et morale, Amoros définit la gymnastique comme « la science raisonnée de nos mouvements et de leurs rapports avec nos sens, notre intelligence, nos mœurs et le développement de nos facultés ». La mise en œuvre pratique de ces objectifs repose sur la démonstration, l’accompagnement rythmique et chanté des exercices, leur répétition quantitative et les explications rationnelles qui mobilisent respectivement la vue, l’ouie, la sensibilité profonde et l’intelligence. L’altruisme étant pour lui la finalité de toute éducation ; le tout reste conditionné aux valeurs morales, comme en témoigne et l'illustre la publication dès 1818 d'un répertoire de chants moraux destinés à accompagner les cours[10].

La technique reste celle décrite par Johann Heinrich Pestalozzi[11]. Elle associe la gymnastique élémentaire héritée de Pehr Henrik Ling aux exercices d’application aux agrès qu’Amoros développe considérablement – poutre, portique, octogone, échelles, divers engins de suspension - ainsi que les pyramides humaines. La conception et la fabrication d'agrès nouveaux, confiées souvent aux cordiers de la marine (Carue, Bardou) caractérisent cette période. La méthode se développe autant dans les domaines scolaires et militaires que dans celui de la gymnastique bourgeoise des gymnases privés. Amoros décède d'une crise d'apoplexie le 8 août 1848 dans son gymnase, 6 rue Jean Goujon dans le 8e arrondissement de Paris[12].

Œuvres et notoriétéModifier

Principaux ouvrages :

  • 1815 Mémoire sur les avantages de la méthode de Pestalozzi, Paris, Fabvre
  • 1818 Musique des cantiques religieux et moraux - La morale en chansons, Paris, Rougeron.
  • 1826 Gymnase normal, militaire et civil, Paris, Rougeron.
  • 1830 Manuel d'éducation physique, gymnastique et morale, Paris, Roret (réédition en 1838 et 1848).

Amoros est considéré comme le père de la gymnastique française et sa tombe au cimetière du Montparnasse est toujours entretenue par la Fédération française de gymnastique qui y dépose symboliquement une gerbe chaque année.

NoteModifier

  1. De son vrai nom rue d'Orléans-Saint-Marcel et actuelle rue Daubenton

RéférencesModifier

  1. Jean Domard, p. 8
  2. Claude Piard, 2000, p. 27
  3. Claude Piard, 1992, p. 30
  4. Jean-Baptiste Busaall, « hc.rediris.es », Le règne de Joseph Bonaparte : une expérience décisive dans la transition de la « Ilustración »au libéralisme modéré (consulté le 2 février 2011)
  5. Jean Domard, p. 14
  6. Jean Domard, p. 27
  7. Claude Piard, 2001, p. 101
  8. Jean Domard, p. 31
  9. Jean Domard, p. 33
  10. Claude Piard, 2000, p. 28
  11. Claude Piard, 1992, p. 31
  12. Jean Domard, p. 6

BibliographieModifier

  • Thierry Arnal, La révolution des mouvements. Gymnastique, morale et démocratie au temps d'Amoros (1818-1838), Paris, L'Harmattan, , 193 p. (ISBN 978-2-296-09215-0)
  • Raymond Barrull, Les étapes de la gymnastique au sol et aux agrès en France et dans le monde, Paris, Fédération française de gymnastique, (ISBN 978-2950060303)
  • Jean Domard, Francisco Amoros, Paris, Fédération française de gymnastique, n.d. 
  • Jean Latte, La gymnastique, Paris, Vigot,
  • Claude Piard, Science et technique de l'éducation gymnique, Paris, PUF, (ISBN 2-13-044833-X) 
  • Claude Piard, Où va la gym ?, Paris, L’Harmattan, (ISBN 2-7384-9242-8, notice BnF no FRBNF37116213) 
  • Claude Piard, Éducation physique et sport, Paris, L’Harmattan, (ISBN 2-7475-1744-6, notice BnF no FRBNF37716034) 
  • Marcel Spivak, Les origines militaires de l'éducation physique française, 1774-1848, Thèse, université Paul Valéry Montpellier, , 288 p.
  • Philippe Virat, Le colonel Francisco Amoros et l'essor de la gymnastique en France. Bulletin de la Société historique et archéologique du XVe arrondissement de Paris, automne 2008, no 32, pages 3–27.
  • Jean Zorro et l'Association des enseignants d'EPS, 150 ans d'EPS, Paris, Amicale EPS, (ISBN 2-90 2568-13-4, notice BnF no FRBNF41209035) page 28 
  • Revue Encyclopédique, 1820, Tome V, p. 396 consultable sur Google livres [1]

Liens externesModifier