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François Gonnessiat

astronome français
François Gonnessiat
François Gonnessiat.jpg
Biographie
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Alger
Nationalité
Activité
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Distinctions
Œuvres principales
signature de François Gonnessiat
signature

François Gonnessiat (né le à Mornay et mort le à Alger) est un astronome français, directeur des observatoires de Quito, puis d'Alger.

Sommaire

BiographieModifier

Fils de Claude Gonnessiat, facteur rural, et de Jeannette Dubourget, il fait ses études à l’école communale de Maillat et passe avec succès le concours de l'École Normale d'instituteurs en en s'y classant à la première place ; il intègre l'École normale de Bourg-en-Bresse le . Entré au lycée de Bourg comme aspirant répétiteur, il réussit le baccalauréat ès sciences avec mention assez bien, puis s'inscrit en licence de sciences mathématiques à la faculté de Lyon dont il est boursier en [1].

L’astronomeModifier

Gonnessiat devient un des premiers étudiants de Charles André, professeur d'astronomie à la faculté des sciences, alors chargé de la création d’un nouvel observatoire à Lyon. Après sa licence obtenue en novembre . André le recrute comme élève astronome en mai à l'observatoire de Lyon, et lui confie, malgré son jeune âge, la responsabilité du service méridien.

Les travaux de Gonnessiat à cette époque visent à améliorer la précision des mesures de déclinaison et d'ascension droite des étoiles fondamentales en traquant toutes les sources d'erreur. La publication d’articles dans la nouvelle revue Le Bulletin Astronomique permet de définir le protocole d'observation et d'analyse des données, de façon à contrôler toutes les erreurs systématiques auxquelles les mesures méridiennes doivent faire face. Ces travaux lui valurent la reconnaissance de ses pairs, et Gonnessiat reçut le prestigieux prix Lalande en .

Gonnessiat publie alors le résultat de ses observations, ce qui lui vaut une reconnaissance internationale : la confirmation sur une longue série temporelle obtenue dans un même site de la variation des latitudes terrestres, qui est la conséquence du déplacement des pôles géographiques prédit par Euler au XVIIIe siècle[1],[2].

À partir de , Gonnessiat concentre ses travaux sur l’équation personnelle, qui allaient être l’objet de sa thèse de doctorat passée en , lui permettant d’accéder au grade d’astronome adjoint en .

L’observatoire de QuitoModifier

En , Henri Poincaré présente la mission géodésique qui allait partir mesurer le méridien au niveau de l'Équateur et écrivit :

« Le Gouvernement français a mis à la disposition du Gouvernement équatorien pour une période de cinq ans un de nos plus habiles astronomes, M. Gonnessiat, de l'observatoire de Lyon. Ce savant va prendre la direction de l'observatoire de Quito. »

L’observatoire de Quito, à l’abandon depuis plusieurs années, fut remis en état par Gonnessiat qui y passa 6 années. Ses efforts se portèrent essentiellement sur les mesures relatives à la mission géodésique (tables de réfraction en altitude, mesures de longitudes) et à l’organisation de l’observatoire ; il créa également une école supérieure des sciences et installa un observatoire géophysique.

Revenu en France, il n’y resta qu’un année, mais mis à profit ce temps pour avancer ses recherches en astrométrie ; ainsi, avec Gaston Fayet (1874-1967), il installa le premier micromètre impersonnel motorisé en France.

L’observatoire d’AlgerModifier

Astéroïdes découverts : 2
(915) Cosette
(931) Whittemora

À la mort du directeur et fondateur de l’observatoire d’Alger, Charles Trépied (1845-1907), le , Gonnessiat est nommé pour lui succéder en décembre.

L’observatoire travaillait sur la Carte du ciel et Gonnessiat obtint, en , du Congrès astrographique international de Paris, de lancer la réalisation d’un catalogue d’étoiles fondamentales. L’observatoire d’Alger s’y consacra pleinement et, si la première partie du catalogue fut prête en , faute de moyens et à cause de la guerre, le catalogue complet ne sortit qu’en . La même année, le recteur de l’université d’Alger écrit au ministre, le  : « Gonnessiat serre de près ses assistantes ou calculatrices. Il a renvoyé une certaine demoiselle Malbos qui ne voulait pas se laisser faire et que nous avons recueillie au service météorologique ; et c’est une très honnête fille à n’en pas douter[3] [...]. C’est un très grand travailleur et un savant, incontestablement. Mais en dehors de ses petites faiblesses pour le jupon, il a surtout le grave défaut de se faire détester de tous ses collaborateurs, sans exception. Voilà un grand observatoire avec 4 postes vacants (astronome adjoint et trois places d’aide astronome)[4] ! »

D’autres projets, comme la révision des longitudes ou l’installation d’un service de sismologie, firent retarder le départ en retraite de Gonnessiat jusqu’à 75 ans.

Il a également découvert deux astéroïdes en et , (915) Cosette et (931) Whittemora. L'astéroïde (1177) Gonnessia a été nommé en son honneur.

François Gonnessiat a été nommé chevalier de la Légion d'honneur, [5].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Emmanuel Pécontal, « De Lyon à Alger, François Gonnessiat, le virtuose de l'astrométrie », sur academia.edu, 21-22 décembre 2015 (consulté le 1er juillet 2018).
  2. (en) « Studies in the history and philosophy of science » (consulté le 1er juillet 2018).
  3. Philippe Véron, « MALBOS, Julie Jeanne Mathilde (1893-) », Dictionnaire des Astronomes Français 1850-1950,‎ , lettre M (lire en ligne, consulté le 1er juillet 2018).
  4. Philippe Véron, « GONNESSIAT, François (1856-1934) », Dictionnaire des Astronomes Français 1850-1950,‎ , lettre G (lire en ligne, consulté le 1er juillet 2018).
  5. Archives nationales, « Site de Fontainebleau : Dossier de Légion d’honneur cote 19800035/107/13429 », sur base Léonore, (consulté le 1er juillet 2018)

Liens externesModifier