Femmes prévoyantes socialistes

Les Femmes prévoyantes socialistes ou FPS est un mouvement féministe belge de gauche né en 1922[1], actif dans les domaines de la santé et de la citoyenneté. Il est structuré en une ASBL (association sans but lucratif) nationale et onze régionales.

Manifestation pour le droit à l'avortement, Bruxelles, 24 mars 2012.

HistoriqueModifier

L’histoire des mutualités débute en Belgique au 19e siècle. Les premières « sociétés de secours mutuels », voient le jour en 1820. Elles permettent à leurs membres de mettre en commun leurs cotisations afin de leur permettre d'accéder aux soins de santé que leurs salaires très bas ne leur permettent généralement pas de payer[2]. En 1894 et 1898, des lois reconnaissent le rôle de ces structures et leur accordent des subsides publics. Les mutualités deviennent dès lors des organismes sociaux d’assurance. Le secteur mutualiste se structure progressivement en se regroupant par « piliers » traditionnels de l’État (chrétien, socialiste, libéral)[2].

La première caisse d’entraide mutuelle féminine, La Femme Prévoyante est créée en 1913, au sein d’une mutualité socialiste locale[2]

L'organisation Vooruitde Vrouwen / Les Femmes Prévoyantes (VV-FP) est fondée le 12 avril 1922 sous l'égide des Union Nationale des Mutualités Socialistes (nl) (UNMS) sur base de cette expérience et en reprenant son nom, avec pour mission de défendre le droit à la santé des femmes et d’assurer la protection des mères et de leurs enfants via un système de couverture sociale efficace. Arthur Jauniaux président des Mutualités socialistes soutient ce mouvement. La situation sanitaire des femmes ouvrières, est catastrophique à cette époque. Les femmes qui sont couvertes par les cotisations sociales de leurs maris ou pères, ne le sont que très partiellement. il y a a donc un besoin urgent de créer des caisses d’entraide mutuelle pour les femmes ouvrières, les femmes d’ouvriers et leurs enfants. Ces caisses sont gérées de manière autonome par les militantes socialistes et basées sur le principe de la solidarité et de la prévoyance[3],[4],[5],[2].

L'initiative a également des visées plus politiques, comme d'amener les femmes à se joindre aux hommes - leurs maris- dans les batailles politiques ou syndicales pour sauvegarder les intérêts de la famille. L'ambition d'émancipation reste limitée, le Parti socialiste étant opposé au droit électoral des femmes[3]. Il faudra d'ailleurs attendre 2007 pour que les Femmes Prévoyantes Socialistes se réclament du féminisme[6].

Les activités des Femmes prévoyantes sont principalement axées sur les besoins matériels des femmes et leurs besoins de formation. Des colonies de vacances sont créées et des initiatives d'aide aux jeunes mères mises en place. En Wallonie, une structure unique est créée, au niveau régional et local, sous le nom de Les Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS), tout en continuant à travailler de manière indépendante au niveau national. En Flandre, des tentatives sont faites, avec plus ou moins de succès, pour créer une structure similaire sous le nom de Socialistische Vooruitziende Vrouwen (SVV). Cette collaboration donne lieu, entre autres, aux magazines De Stem der Vrouw et La Famille prévoyante.

En 1933, elles organisent des consultations conjugales, considérées comme mettant en danger la natalité[7]. Il leur faudra plus longtemps pour se rallier à la cause de l'avortement, même si elles parviennent, en 1973, à mobiliser leurs membres pour la libération du Docteur Peers, emprisonné pour avoir pratiqué des avortements illégaux[7].

Les Femmes prévoyantes socialistes font aujourd'hui partie du réseau associatif de la mutualité Solidaris. Elles organisent des activités d’éducation permanente, gèrent des écoles et centres de formation et des centres de planning familial sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles[4].

Les différentes régionalesModifier

Les Femmes prévoyantes socialistes regroupent, en 2022, 9 sections régionales (Brabant wallon, Bruxelles, Centre & Soignies, Charleroi, Liège, Mons-Borinage, Namur, Verviers et Wallonie picarde) et plus de 200 groupes locaux[4].

Les FPS de LiègeModifier

HistoriqueModifier

Le 4 juillet 1927, la Fédération des mutualités socialistes de Liège reconnait la caisse primaire autonome « La Femme Prévoyante », laquelle est destinée aux femmes et aux enfants[3]. En 1990, à la suite de la loi Busquin limitant la reconnaissance des mutualités aux organismes comptant au minimum 10 000 affiliés, les FPS ont fusionné avec la FMSS (Fédération des Mutualités Socialistes et Syndicales, aujourd'hui Solidaris Liège). Avec la régionale FPS de Verviers, elles couvrent le secteur de la province de Liège et constituent à présent le réseau associatif de Solidaris Liège.

ActivitésModifier

Les FPS de la Province de Liège regroupent des ASBL et des services dans différents domaines : la santé (centres de Planning Familial, promotion de la santé), l'accueil des enfants et des jeunes (vacances, activités extrascolaires), l'insertion socioprofessionnelle (enseignement de promotion sociale, reclassement externe), l'éducation permanente (activités pour publics multiculturel, féminin, de seniors...).[réf. nécessaire]

Notes et référencesModifier

  1. Ghislaine Julémont, Femmes prévoyantes socialistes : Des combats d'hier aux enjeux de demain, 2008 [présentation en ligne]
  2. a b c et d GeometrySolidarité et Femmes Prévoyantes Socialistes…Toute une histoire !, « Solidarité et Femmes Prévoyantes Socialistes…Toute une histoire ! | Femmes Plurielles », sur Solidarité et Femmes Prévoyantes Socialistes…Toute une histoire ! | Femmes Plurielles (consulté le )
  3. a b et c La fédération liégeoise des Femmes prévoyantes socialistes : bref aperçu historique d’un mouvement féminin mutualiste, culturel et socialiste - Pauline Gobin, Analyse de l’IHOES (Institut d'histoire ouvrière, économique et sociale) no 122 [PDF]
  4. a b et c administrator, « Femmes Prévoyantes Socialistes », sur Femmes Prévoyantes Socialistes (consulté le )
  5. (nl) Barbara Dubaere, Vogelina Dille-Lobe (1912-1997). De stem van een vrouw. De carriere van een socialistische, feministische militante onder de loep, Université de Gand, , 173 p.
  6. « CVFE - Féminisme et éducation permanente : conquête d’une autonomie », sur www.cvfe.be (consulté le )
  7. a et b Suzanne van Rokeghem, Jacqueline Aubenas et Jeanne Vercheval-Vervoort, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830, Luc Pire Editions, (ISBN 978-2-87415-523-9, lire en ligne)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier