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Willy Peers

politicien belge
Willy Peers
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Biographie
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 60 ans)
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Parti politique

Willy Lucien Herman Peers, né le à Kain, Belgique et mort le (à 60 ans), est un médecin belge. Humaniste, il a consacré sa vie à ses engagements professionnels, sociaux et politiques, afin de permettre aux femmes de mener à bien leur maternité, en luttant contre les différents tabous et préjugés.

Origine et formationModifier

Willy Peers est né le 17 mars 1924 à Kain en Belgique[1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, son père est fait prisonnier, et lui s'engage dans une équipe d'intervention de la Croix-Rouge, puis en tant qu'auxiliaire médical.

En 1945, il adhère à 21 ans au Parti communiste de Belgique (PCB). Dès la fin de la guerre, il commence des études de médecine à l'Université libre de Bruxelles (ULB) où il obtiendra son diplôme en 1953.

Il participe à la « cellule médecine » de la section Guillisen qui regroupe étudiants, cadres administratifs et professeurs de l'ULB affilié au PCB. Il obtient son diplôme de médecine en 1953 (chirurgie et accouchement) et se spécialise en gynécologie obstétrique à l'Hôpital Saint-Pierre de Bruxelles.

Combats pour la contraceptionModifier

Dans les années 1950, Willy Peers parcourt la Belgique pour faire des conférences sur le thème de l'accouchement sans douleur.

Il va lutter pour permettre aux femmes d'avoir accès à la contraception en Belgique car c'est un des rares pays avec l'Irlande où l'interruption volontaire de grossesse est interdite depuis la loi de 1867.

Vie professionnelleModifier

En 1955, il est sanctionné par l'Ordre des médecins car d'après eux, ses conférences sur le thème de l'accouchement dérangent[réf. nécessaire].

Il devient par la suite gynécologue, en 1956. Puis, en 1959, il est nommé directeur adjoint du Centre d'obstétrique et de gynécologie de la province de Namur.

Un peu plus tard, cinq ans après, en 1964, il rejoint le groupe d'étude pour une Réforme de la Médecine (GERM).

En 1965, il sera suspendu de ses fonctions de médecin pendant six mois. Il va porter l'affaire devant le conseil d'État qui va lui donner raison.

Il réintègre donc ses fonctions quelque temps plus tard. En Belgique, l'avortement est puni d'une peine de 2 à 5 ans d'emprisonnement pour le médecin, mais aussi pour la femme qui s'est fait avorter.

Affaire PeersModifier

 
Grève de la faim à Gand en protestation contre l'arrestation de Dr. Peers.

C'est le 16 janvier 1973 qu'éclate l'Affaire Peers : le gynécologue est arrêté sur dénonciation anonyme pour avoir procédé à l'avortement d'une jeune femme de 27 ans présentant un handicap mental. Le docteur Peers est mis en détention à la prison Saint-Léonard de Liège et inculpé d'avoir pratiqué plus de trois cents avortements au cours des neuf derniers mois. Il est défendu par Régine Karlin.

ConséquencesModifier

La campagne nationale pour la libération du docteur Peers servira de moteur au mouvement qui débouchera sur la dépénalisation de l'avortement en Belgique.

Le 3 avril 1990, le parlement belge vote la loi sur la dépénalisation partielle de l’avortement ; il reconnait ainsi explicitement le droit des femmes à disposer de leur corps.[2]

DistinctionsModifier

En 2015, 25 ans après le vote de la loi sur la dépénalisation de l'avortement, le Gouvernement wallon a tenu à honorer la mémoire du docteur Peers en l'élevant au rang d'officier du Mérite wallon, à titre posthume.

Notes et référencesModifier

  1. Willy Peers, un humaniste en médecine Rtbf
  2. Dépénalisation de l’IVG : restons vigilants !, Le Soir, 29 mars 2010 collectif de signataires

Voir aussiModifier