Ismaïl Ier

chah de la Perse

Ismaïl Ier
Illustration.
Chah Ismaïl, le fondateur de la dynastie des Séfévides.
Titre
Chah de Perse

(22 ans, 5 mois et 1 jour)
Successeur Tahmasp Ier
Biographie
Dynastie Séfévides
Date de naissance
Lieu de naissance Ardabil (Empire timouride)
Date de décès (à 36 ans)
Lieu de décès Tabriz (Séfévides)
Père Cheikh Heidar
Mère Halima
Enfants Tahmasp Ier
Religion Islam chiite

Ismaïl Ier (en azéri : Şah Ismayıl Səfəvi[1], en persan : شاه اسماعیل یکم / Šâh Esmâʿil-e Yekom), né à Ardabil (actuel Iran) le et mort à Tabriz le , est chah de Perse de 1501 à sa mort.

Il est le fondateur de la dynastie des Séfévides.

Biographie modifier

Origines modifier

Chah Ismail, fils de cheikh Heidar et d'Halima Begoum, est le petit-fils du cheikh Safi al-Din Ardabili de la principauté turque oghouze d'Ardabil.

Son père, considéré comme le fondateur de l'alévisme anatolien (encore existant aujourd'hui), a organisé les Turkmènes d'Anatolie, du Khorasan, d'Iran et d'Irak qui l'ont reconnu comme leur chef. Une de ses pratiques, qui a survécu jusqu'à nos jours, consistait à faire porter à ses sujets des bonnets rouges afin de les reconnaître facilement. Ainsi, les Turcs qui portaient un bonnet rouge indiquaient qu'ils étaient des Qizilbash[2], au service du cheikh Heidar, puis de chah Ismail[3],[4],[5].

Chah modifier

Inquiet de la puissance et de la popularité montante de Djunayd, le petit-fils de Khodja Ali, les souverains Akkoyunlu les chassent d'Ardabil. En 1500, un Qurultay (réunion des armées) est organisé à Erzincan. Là se réunissent les tribus turques d'Anatolie et d'Azerbaïdjan : Shamlu, Ustadjlu, Tekelü, Dzulqadir, Jepni, Rumlu, Varsak, Bayat, Qadjar, Karamanlu, Afchars, Karadaĝlu, etc.

Au printemps 1501, Ismaïl revient en force à la tête de son armée, défait les armées du dernier souverain Akkoyunlu, et se fait couronner chah à Tabriz.

Après la bataille, les Qizilbashs sont rejoints par les Akkoyunlu et Karakoyunlu.

Lorsqu'Ismaïl s'empare de Tabriz, puis se fait couronner Shah, il déclare le chiisme religion d'État[6] et la langue turkmène la langue de toute l'administration[7].

Conquêtes modifier

De 1503 à 1508, Ismaïl Ier fait la conquête de l'Iran central (1503), des provinces du sud de la mer Caspienne (1504) et de l'Irak actuel (1505-1508).

En 1506, les Ouzbeks anéantissent les derniers Timourides et menacent les Séfévides qui décident de marcher contre eux. La rencontre a lieu à Merv en 1510 et c'est une victoire totale, le Khorassan revient aux Séfévides.

Inquiet des victoires d'Ismaïl, Sélim Ier, le nouveau sultan ottoman, prend des mesures drastiques notamment en massacrant 40 000 Qizilbashs dans l'Empire ottoman[8]. La rencontre a lieu le 23 août 1514 à Tchaldiran : les Ottomans écrasent — grâce à leur artillerie lourde — l'armée séfévide.

Après cette bataille, Ismaïl se décide à renforcer son empire qui s’étendait de l'Euphrate à l'Amou-Daria. Il meurt le .

Ascendance modifier

Poète modifier

 
Divan de Khatai

Ismaïl a également pratiqué l'art de la poésie tout au long de sa vie. Il signait ses poèmes sous le nom de Khatai.

Khatai a renouvelé les thèmes traditionnels du lyrisme turc. Les accents très personnels sur la bravoure, sur les martyrs et les combattants de la foi lui ont valu un grand renom.

En plus de son « Divan », on lui doit un long poème épique « Dehname » et un mesnevi philosophique « Nasihatname ».

Chah Ismaïl aime à s'entourer des gens de poésie notamment Süruri, Şahi, Matami, Tüfeyli, Qasımi et Habibi.

Mécène modifier

Ismaïl est aussi un grand mécène. À sa cour sont réunis les plus grands miniaturistes du monde islamique notamment Kemaleddin Behzad, Sultan Mehemmed Tabrizi, Shah Mahmud Nishaburi etc. Ces maîtres donnent naissance à l'école de Tabriz qui forme des miniaturistes talentueux notamment Mir Ali Khattat, Mir Seyyid Ali Müsavvir, Sadiq bey Afshar (aussi grand écrivain) et Agha Mirak Khan (aussi grand architecte).

Culture populaire modifier

Notes et références modifier

  1. Massoume Price, Iran's Diverse Peoples: A Reference Sourcebook, ABC-CLIO, 2005, p. 66, (ISBN 978-1-57607-993-5), « The Shah was a native Turkish speaker and wrote poetry in the Azerbaijani language ».
  2. Terme qui signifie au départ « bonnet rouge », puis désigne celui qui le porte.
  3. W. Barthold, Soçineniya, C. II, bölüm I, Moskova, 1963, s. 748.
  4. Âlem-i Ârâ-yi Safevî, s. 11.
  5. Heyyət, C. “Azərbaycanın Türkləşməsi və Azəri Türkçəsinin Təşəkkülü”, Varlıq, Tehran 1992, s. 9-12.
  6. « Chronologie », Qantara no 75, avril 2010
  7. Au XVIe siècle, la famille turcophone séfévide d'Ardabil en Azerbaïdjan, probablement d'origine iranienne turquisée (ou kurde), conquiert l'Iran et établit l'azéri, comme langue vernaculaire de l'empire, influençant le perse parlé, tandis que le perse écrit, langue de la littérature et de l'administration, demeure inchangé - John R. Perry, « Turkic-Iranian contacts », Encyclopædia Iranica, 24 janvier 2006
  8. Abolala Soudavar, p. 30

Annexes modifier

Articles connexes modifier

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Bibliographie modifier

  • Yves Bomati et Houchang Nahavandi, Shah Abbas, empereur de Perse, 1587-1629, éd. Perrin 1998 (Prix Eugène Colas, Académie française)
  • Abolala Soudavar, « Le Fer, le verbe et le pinceau », in Qantara no 75, , traduit par Jeanne Bouniort
  • Hashmat, Aizid I. Das, Sakti., The penis, Lea & Febiger, (ISBN 0-8121-1508-2 et 978-0-8121-1508-6, OCLC 59891455)

Liens externes modifier