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Hepaticophyta • Hépatiques, Marchantiophytes

Ne pas confondre avec les hépatiques du genre hepatica

Les hépatiques (Hepaticophyta ou Hepatophyta ou Hepaticae) ou marchantiophytes (Marchantiophyta), forment le taxon des plantes embryophytes terrestres qui ont conservé le plus de caractères « ancestraux ».

Caractères générauxModifier

 
Page du « Kunstformen der Natur » (1904) décrivant quelques formes d'hépatiques, par Haeckel
 
certaines hépatiques peuvent vivre immergées a proximité de la surface, généralement alors en pied de berge
(ici dans la rivière "Les Baillons" à Enquin-sur-Baillons)

Les hépatiques sont généralement de petite taille et peu spectaculaires.

Leur appareil végétatif est formé d'un large ruban chlorophyllien ramifié dichotomiquement et appliqué au substrat. Ce gamétophyte est constitué de deux couches de tissus différenciés. En coupe transversale on y voit plusieurs types de cellules parenchymateuses. La lame chlorophylienne de certaines hépatiques communes est aplatie, avec des lobes qui rappellent ceux du foie, d'où le nom vernaculaire d'hépatique[1]. Cet aspect explique qu'elles ont été utilisées pour les maladies du foie en vertu de la théorie des signatures[2].

SynapomorphiesModifier

Leurs principales synapomorphies (caractères dérivés propres) sont :

HabitatsModifier

Elles colonisent des milieux humides et ombragés comme les troncs ou les branches des arbres, milieux pierreux ou sols proches de sources, cours d'eau, mares... Elles sont parfois subaquatiques.

Marchantiopsida ou hépatiques à thallesModifier

Ce groupe qui constitue la lignée la plus primitive comprend environ 485 espèces[5].

Leur morphologie est de type thalloïde (thalle opaque et souvent épais), leur face inférieure est en contact avec le substrat et possède des structures unicellulaires, les rhizoïdes, leur permettant de se fixer au substrat.
Leur croissance est dichotome et due à des cellules apicales (il n'y a pas de méristème).
Ils ne possèdent pas de stomates mais des pores aérifères ouverts en permanence. Ces pores débouchent dans une chambre aérifère permettant ainsi la respiration et la photosynthèse.
Il n'y a pas non plus de tissus conducteurs vrais, la conduction a lieu de cellule à cellule.

Reproduction :

  • Asexuée (majoritaire): multiplication végétative grâce à des corbeilles à propagules.
  • Sexuée (quand les conditions sont favorables) : apparition de structures qui vont porter les archégones et les anthéridies sur leurs faces inférieures. La fécondation est zoïdogame. Cela va déboucher sur la production d'un embryon puis d'un sporophyte très réduit qui va ressembler à l'embryon et qui va rester fixé au gamétophyte. Il comprend une capsule sporogène où va avoir lieu la méiose. La capsule s'ouvre par déchirement. La phase dominante est la phase gamétophytique haploïde (n).

Jungermanniopsida ou hépatiques à feuillesModifier

Ce groupe comprend environ 6 800 espèces qui ressemblent extérieurement aux Bryopsida, constituant des axes feuillés à insertion bilatérale ramifiée. Elles s’en distinguent par quelques caractères macroscopique : sporophyte possédant une soie hyaline et couronné par une capsule sans péristome ni opercule, absence de coiffe, symétrie dorso-ventrale des tiges feuillées. Beaucoup d'espèces étant couchées sur un substrat (formant un thalle translucide, peu épais), il s'ensuit que la ligne de feuilles en position ventrale (vers le sol), d’où partent généralement aussi les rhizoïdes, soit ne porte plus du tout de feuilles, soit porte des feuilles plus ou moins réduites (nommées « amphigastres »)[6].

Le gamétophyte est un axe cylindrique rampant qui porte des excroissances ou lobes de plusieurs types : dorsaux, latéraux, grand lobe ventral.

Le sporophyte est plus volumineux, il est constitué d'un suspenseur : la soie et d'une capsule terminale qui s'ouvre par 4 valves (synapomorphie du groupe).

...parfois épiphytesModifier

Les Hépatiques sont une des constituantes de la Bryoflore épiphyte corticole (ou sur les feuilles en zone tropicale humide)[7].
Parmi les éphiphytes, on trouve par exemple :

SymbiosesModifier

Une grande partie des hépatiques sont mycorhizées par des champignons (Glomerales), ce qui permet aussi probablement à certaines d'entre elles de mieux survivre dans les écosystèmes froids (toundra, taïga et localement en Antarctique[8]).

Article détaillé : Mycorhization.

Liste des ordresModifier

Selon ITIS (11 mars 2017)[9] :

Selon NCBI :

Selon une autre source :


Selon une autre source :

GalerieModifier

Quelques images illustrant la diversité des hépatiques :

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Peter H Raven, Susan R Singer, Georges B Johnson, Kenneth A Mason, Jonathan B Losos, Biologie, De Boeck Superieur, , p. 591.
  2. Jean-Louis De Sloover, Anne-Marie Bogaert-Damin, Les Muscinées du XVIe au XIXe siècle dans les collections de la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin, Presses universitaires de Namur, , p. 31.
  3. Défense des plantes contre les herbivores ? Protection contre le froid, les rayons ultraviolets ?
  4. a b et c Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, Classification phylogénétique du vivant, t. 1, Belin, , 4e éd. (1re éd. 2001) (ISBN 978-2-7011-8294-0), p. 282
  5. (en) W. B. Schofield, Introduction to bryology, Macmillan, , p. 212.
  6. José Durfort, « Les Lejeunéacées de Bretagne », E.R.I.C.A., no 28,‎ , p. 58 (lire en ligne).
  7. page sur les hépatiques corticoles
  8. Williams PG, Roser DJ, Seppelt RD. 1994. Mycorrhizas of hepatics in continental Antarctica. Mycol. Res. 98: 34-36 ISI.
  9. ITIS, consulté le 11 mars 2017