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Les effectifs de l'armée romaine désignent l'organisation et la répartition numérique des troupes de l'Empire romain, réparties en diverses unités, dont l'évolution est documentée au cours des temps historiques par de nombreuses sources littéraires et épigraphiques. Ces effectifs augmentent ou diminuent selon les époques selon plusieurs critères tels que le nombre des composantes de l'armée (légions, troupes auxiliaires, cohortes prétoriennes, cohortes urbaines, cohortes de vigiles, marine militaire, vexillations, scholae, etc.) ou taille de celles-ci, au cours de l'histoire de Rome, entre 753 av. J.-C. et 476 ap. J.-C.

Époque royaleModifier

À la suite de la fondation de Rome, que la tradition historique situe en 753 avant notre ère, le premier roi de la cité, Romulus, fonde une première légion composée de 3 000 hoplites et de 300 cavaliers[1], qui fut probablement doublée dans ses effectifs lors de l'union de Rome avec les Sabins, portant les effectifs de la cité à 6 000 fantassins et 600 cavaliers.

À partir du règne de Servius Tullius, ainsi que de ceux des deux Tarquins, les effectifs connurent de sensibles évolutions, et s'intégrèrent notamment dans un nouveau cadre de financement et de recrutement : celui de la constitution servienne, organisant le populus en centuries, classant les individus en fonction de leurs possessions foncières et attribuant à chaque classe censitaire le droit de porter un équipement, ou de participer à telle ou telle formation tactique au sein de la légion (equites, hastati, vélites, principes, juniores, seniores, etc.) ; l'armée romaine compte alors vraisemblablement 17 000 fantassins et 1 800 cavaliers[2],[3].

Époque républicaineModifier

Les débuts de la République ne changent pas profondément la structure militaire de recrutement de l'armée romaine. Selon Tite-Live, à l'époque de la Guerre Latine (340 - 338 av. J.-C.), le dilectus annuel permettait de recrutement deux armées consulaires composées chacune de deux légions composées de 4 200 à 5 000 fantassins et de 300 cavaliers, pour un total donc d'environ 17 000 à 20 000 fantassins et 1 200 cavaliers en armes chaque année[4], auxquels il faut ajouter un nombre plus ou moins égal d'alliés de Rome fournissant un contingent d'auxiliaires sous la forme de troupes d'infanterie ou de cavalerie, pour un total de troupes alliées (les socii) estimé entre 17 000 et 20 000 fantassins et 3 600 cavaliers[5].

Époque des « condottieri »Modifier

À l'époque des guerres contre Pyrrhus, l'armée romaine mobilisée chaque année en campagne est composée de 4 armées consulaires ou prétoriennes[6], chacune formée de 2 légions de citoyens romains et de 2 unités (alae, formant les flancs de la légion) de Socii. Chaque légion est composée de 4 200 à 5 000 fantassins[7], et de 300 cavaliers[7], tandis que les unités alliées étaient composées d'un nombre à peu près égal de soldats, avec cependant un effectif monté plus important (900 cavaliers par unité). Le total de cette force mobilisable s'élève à environ 80 000 fantassins et 10 000 cavaliers[8].

À partir du milieu du IIIe siècle av. J.-C. et de la première guerre punique, l'armée romaine est composée d'un corps d'occupation de la Sicile et de Tarente, formé de 2 légions de 4 200 fantassins et de 300 cavaliers chacune ; 2 armées consulaires (formées de 2 légions aux effectifs renforcés de 5200 fantassins et 300 cavaliers par légion), et d'un nombre égal de soldats alliés, portant ces armées consulaires à 30 000 fantassins et 2 000 cavaliers en service actif quasi-permanent, tandis que 90 000 citoyens restent mobilisables sous forme de réserve, prête à intervenir, subdivisée en plusieurs corps : 50 000 Étrusques et Sabins (dont 4 000 cavaliers), 20 000 Ombriens, 20 000 Vénètes et Cénomans. L'ensemble ce dispositif formait donc un total de 150 000 hommes, dont 30 000 citoyens romains répartis dans 6 légions.

Deuxième guerre puniqueModifier

Au cours de la deuxième guerre punique, opposant Rome aux troupes de Carthage menées par Hannibal, l'armée Romaine culmina a un effectif total de 23[9],[10] ou 25[11],[12] légions en 212 - 211 av. J.-C.[9], réparties en Italie, Illyrie, Sicile, Sardaigne, Gaule Cisalpine, et sur le littoral adriatique, en face de la Macédoine. Cette armée éparpillée contient en tout environ 115 000 fantassins et 13 000 cavaliers (chiffres établis sur la base des comptes donnés par Polybe), à laquelle il faut ajouter l'expédition des Scipions en Espagne, la flotte du golfe Ionien (50 navires), et la flotte de Sicile (100 navires)[10]. Avec les troupes alliées, l'effectif mobilisable s'élevait à 240 000 hommes environ. L'effectif des légions varia sensiblement au cours de cette guerre, notamment du fait de certaines batailles particulièrement meurtrières et de l'intensification du recrutement lors de l'effort de guerre romain contre Hannibal.

Expansion méditerranéenne et fin de la RépubliqueModifier

À la mort de Jules César, on dénombre dans l'empire 37 légions[13], dont 6 en Macédoine, 3 en Afrique Proconsulaire, 10 dans les provinces orientales[14]. Ces troupes étaient cependant extrêmement mobiles, au gré des opérations militaires qui agitent les guerres civiles romaines de l'époque. Au lendemain de la bataille d'Actium, l'Empire comptait sur son sol 60 légions en armes, bien que certaines furent incomplètes du fait des pertes.

Époque impérialeModifier

 
Répartition des légions en 80 ap. J-C.

RéférencesModifier

  1. Plutarque, Vie de Romulus, 13, 1.
  2. Tite Live, Ab Urbe condita libri, I, 43.
  3. P.Connolly, Greece and Rome at war, Londra 1998, p.95.
  4. Tite Live, Ab Urbe condita libri, VIII, 8, 14.
  5. Tite-Live, Ab Urbe condita libri, VIII, 8, 15.
  6. Tite Live, Periochae degli Ab Urbe condita libri , libro IX, 30.
  7. a et b Polybe, Histoires, VI, 20, 8-9.
  8. P.Connolly, L'esercito romano, Mondadori, Milano 1976, p.10-11.
  9. a et b « Livio ».
  10. a et b Giovanni Brizzi, Scipione e Annibale. La guerra per salvare Roma, p.97.
  11. « Clemente 2008 ».
  12. « Scullard 1992 ».
  13. L.Keppie, The making of the roman army, from Republic to Empire, Oklahoma 1998, p.201.
  14. Keppie, The making of the roman army, from Republic to Empire, 1998, p.113.