Edith Hahn Beer

juriste autrichienne

Edith Hahn Beer (née le à Vienne ; morte le à Londres[1]) était une juriste autrichienne. En tant que Juive, elle put survivre à la Shoah en prenant une autre identité et se maria avec un membre du Parti nazi.

Edith Hahn Beer
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Jeunesse et formationModifier

Édith Hahn est la plus âgée des trois filles de Klotilde et de Leopold Hahn. Ses parents tiennent un restaurant.

Bien que ça ne soit pas courant à cette époque, un des professeurs de Hahn convainc son père de l'envoyer au lycée puis à l'Université de Vienne. Elle étudie le droit jusqu'à l'Anschluss, année où elle est forcée de quitter l'Université du fait de sa judaïté[2].

Son père meurt en juin 1936, alors qu'il est chef de file dans un restaurant des Alpes autrichiennes.

Deuxième guerre mondialeModifier

En 1939, elle est enfermée dans le ghetto ouvert de Vienne avec sa mère. Les deux femmes sont séparées en 1941 quand Hahn est envoyée travailler dans une plantation d'asperges près d'Osterburg puis dans une usine de cartons à Aschersleben. Sa mère est déportée en Pologne au début de l'année 1942, deux semaines avant le retour d'Hahn en Autriche[2]. Grâce aux copies des papiers d'une de ses amies chrétiennes Christi Denner qui a déclaré les avoir perdus, elle s'installe à Munich et travaille comme couturière[3].

À Munich, elle rencontre Werner Vetter, membre du Parti nazi qui tombe amoureux d'elle. À cette époque, elle travaille comme volontaire pour la Croix-Rouge allemande. Le couple s’installe à Havel dans le Brandebourg et se marie. Leur fille, Angelique, naît en 1944[4]. Son mari, à moitié aveugle ne fut conscrit que dans les derniers mois de la guerre et, arrêté par les soviétiques, envoyé dans un Goulag en Sibérie[4].

Après la guerreModifier

À la fin de la guerre, Hahn récupère sa véritable identité grâce à sa carte d’identité juive qu'elle a cachée durant toutes ces années. Elle est appelée pour devenir juriste dans le Brandebourg par les Alliés, place qui lui permet de plaider la cause de son époux auprès des autorités soviétiques, qui acceptent de le relâcher en 1947. Ils divorcent peu après. Vetter meurt en 2002[1],[5].

Les autorités allées voulant la faire travailler comme informatrice, elle quitte l'Allemagne pour la Grande-Bretagne où ses sœurs ont trouvé refuge. Là, elle travaille comme femme de ménage et créatrice de corsets[1].

En 1957, elle épouse un diamantaire juif du nom de Fred Beer avec qui elle reste mariée jusqu'à la mort de ce dernier en 1984[2]. Après la mort de Beer, elle émigre en Israël et s'installe à Netanya pendant quelques années avant de revenir à Londres. Elle y meurt en 2009[6].

En décembre 1997, une partie des archives de Hahn sont vendues aux enchères pour $169.250. La collection, connue sous le nom de Edith Hahn Archives, est offerte au United States Holocaust Memorial Museum[6].

Liens externesModifier

SourcesModifier

  • Edith Hahn Beer et avec la collaboration de Susan Dworkin (trad. Loïc Cohen), La femme de l'officier nazi [« The Nazi Officer's Wife: How One Jewish Woman Survived the Holocaust »], Paris, J-C Lattès,

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) « Last dream of Jewish survivor who fell in love with a Nazi », sur The Times, (consulté le 21 juillet 2018)
  2. a b et c (en) Ralph Blumenthal, « A Survivor's Legacy, To the Highest Bidder; Documenting a Secret Life Amid the Nazis », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2018)
  3. (en) « A Family Affair: Sleeping with the enemy - a survivor's tale », sur The Independent, (consulté le 21 juillet 2018)
  4. a et b La femme de l'officier nazi, Paris, J-C Lattès,
  5. Secrets Revealed: The story of a Jewish woman who married a Nazi officer to survive
  6. a et b (en) Ralph Blumenthal, « For Survivor's Story, End Is Amazing, Too », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2018)