Administration militaire soviétique en Allemagne

Administration militaire soviétique en Allemagne
Logo de l'organisation
Wilhelm Pieck et les membres de l'Administration militaire dirigée par Vassili Tchouïkov, le , lors du transfert de souveraineté administrative à la RDA.
Carte de l'organisation
Situation
Région Zone d'occupation soviétique en Allemagne
Création 8 mai 1945
Dissolution 5 novembre 1949
Type administration militaire
Siège Berlin-Est

L'Administration militaire soviétique en Allemagne (en russe Советская военная администрация в Германии, Sovietskaïa voïennaïa administratsia v Guermani, en abrégé СВАГ, SVAG ; en allemand Sowjetische Militäradministration in Deutschland, SMAD) a été après la Seconde Guerre mondiale l'autorité suprême d'occupation, et donc le gouvernement de fait, dans la Zone d'occupation soviétique en Allemagne à partir de jusqu'au transfert de la souveraineté administrative au gouvernement de la République démocratique allemande le .

Structure et histoireModifier

 
Alexandre Dymschitz, l'officier soviétique de la SMAD délégué à la culture, prononce un discours, 1947.
 
La SMAD remet à la RDA des biens fonciers situés à Großbeeren, .

Avec la Déclaration de Berlin du (également connue sous le nom de Déclaration de Juin), les quatre puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale, en vertu du droit d’occupation, avaient pris l’ensemble des pouvoirs de gouvernement sur le territoire du Reich allemand.

Le fondement officiel de cette structure était l'instruction no 1 du Commandement suprême des troupes d'occupation soviétiques en Allemagne, en date du . Elle était la suite des accords inter-alliés de la phase finale de la Seconde Guerre mondiale, d’après lesquels chaque puissance occupante mettrait en place un gouvernement militaire autonome dans sa zone d'occupation. Cette structure était directement subordonnée au Conseil des commissaires du peuple et ainsi à son président, Joseph Staline[1].

Les structures organisationnelles de l'Administration militaire soviétique en Allemagne correspondaient en termes de contenu et de géographie à la nouvelle structure administrative allemande de la zone soviétique d'occupation en Allemagne. Outre l'autorité centrale située à Berlin-Karlshorst, il existait des organismes présents au niveau des Länder : Mecklembourg (par la suite Mecklembourg-Poméranie occidentale), Brandebourg, Saxe-Anhalt, Thuringe et Saxe, en même temps qu'un réseau de différents commandements militaires régionaux et locaux. Des services spécialisés supervisaient les activités des différentes autorités administratives allemandes. Au sommet de l'Administration militaire soviétique en Allemagne se trouvait le « Chef Suprême », le maréchal Gueorgui Joukov, en fonction entre et , Vassili Sokolovski, entre et , et Vassili Tchouïkov entre et 1953. Ces militaires exerçaient en même temps la fonction de commandant en chef du groupement des forces armées soviétiques en Allemagne.

Pour bien montrer que c’était elle qui commandait, l'administration militaire soviétique en Allemagne donnait, de 1945 à 1949, de nombreux ordres écrits à ses propres services et à ceux de l'Allemagne. En outre, elle prenait également des décisions à un niveau plus informel, au moyen d'instructions écrites et de commentaires oraux qui laissaient rarement des traces voire par la seule présence, qu’on ne pouvait difficilement ignorer, de ses employés dans les bureaux de l’administration allemande.

Le pouvoir de l'administration militaire soviétique en Allemagne a beau être considérable, le système stalinien de gouvernement limitait ses compétences. C’est ainsi qu’elle était subordonnée à divers départements soviétiques, qui obéissaient parfois à des conceptions contradictoires. En outre, des agents de l'administration militaire soviétique en Allemagne comme Vladimir Semionovitch et Sergei Ivanovitch Tyulpanov, à la tête du Département de la censure et de la propagande, entretenaient des relations spéciales avec l'appareil gouvernemental soviétique ou le PCUS. Moscou agissait également dans le domaine du personnel : après seulement quelques mois à la tête de l'administration militaire soviétique en Allemagne, le maréchal Gueorgui Joukov, très populaire, fut remplacé par son adjoint très peu connu, le maréchal Vassili Sokolovski.

Les relations entre le gouvernement militaire soviétique et le ministère de l'Intérieur soviétique (NKVD) et d'autres institutions soviétiques, qui fonctionnaient souvent indépendamment de lui dans la zone d’occupation soviétique, étaient ambiguës. D'une part, les officiers supérieurs de l'administration militaire soviétique en Allemagne savaient exploiter intelligemment le potentiel de menace qui existait, pour faire prévaloir leurs idées, à l’occasion des négociations avec les autorités locales. D'autre part, les employés de ce service se sont plaints à plusieurs reprises que les actions des services secrets soviétiques compromettaient le travail de reconstruction matérielle et politique du gouvernement militaire soviétique en Allemagne.

Il reste à noter que cette administration, comme les autres gouvernements militaires alliés en Allemagne, a d'abord tenté de mettre en œuvre la reconstruction du pays dans le cadre des conditions-cadres fixées par son propre gouvernement. Les arrestations massives arbitraires et les persécutions politiques ne résultaient pas de la politique de l'administration militaire soviétique en Allemagne, bien que le gouvernement militaire ait su utiliser cette réalité pour ses propres intérêts et que de nombreux officiers soviétiques étaient favorables à un châtiment général des « Allemands », sans que celui-ci fût lié à des critères individuels.

À maintes reprises, l'administration militaire soviétique en Allemagne a critiqué les excès commis par le NKVD et les services est-allemands de sécurité (créés dès , avant le Ministerium für Staatssicherheit (Stasi) constitué en 1950) dans la poursuite des mesures de persécution qui allaient manifestement au-delà de la punition des nazis et des criminels de guerre.

Le , les autorités soviétiques laissent se constituer officiellement la République démocratique allemande, avec comme parti principal et omniprésent dans toutes les services de sécurité, de police et de renseignement, le S.E.D., fondé en 1946, soit l'union forcée des anciens membres du S.P.D. et des communistes en zone soviétique d'occupation. La République démocratique allemande durera jusqu'au , date de la réunification allemande, jour où il y aura la fusion officielle des deux anciens États allemands, la République fédérale d'Allemagne fondée le sur l'étendue des trois zones d'occupation française, britannique et américaine en Allemagne de l'Ouest (avec comme capitale, Bonn) et la R.D.A. qui s'est établie sur toute l'étendue de la zone soviétique d'occupation (avec comme capitale Berlin-Est).

Le , l'administration militaire soviétique en Allemagne est dissoute et la Commission de contrôle soviétique (CCS) est ensuite constituée[2].

Notes et référencesModifier

  1. Martin Broszat, Gerhard Braas, Hermann Weber : SBZ-Handbuch, 1993 (ISBN 3-486-55262-7), p. 39.
  2. (de) Andreas Grau, Markus Würz, Sowjetische Kontrollkommission, in: Lebendiges Museum Online, Stiftung Haus der Geschichte der Bundesrepublik Deutschland, consulté le

Liens externesModifier