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Dorig

langue du nord et du centre du Vanuatu

Dorig
Pays Vanuatu
Région Gaua
Originaire de Torba
Nombre de locuteurs 300 (2010)
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 wwo
IETF wwo
Glottolog weta1242

Le dorig est une langue parlée par 300 personnes[1] au nord du Vanuatu, dans le sud-est de Gaua dans les îles Banks.

Comme toutes les langues autochtones du Vanuatu, le dorig appartient au groupe des langues océaniennes, lui-même une branche de la grande famille des langues austronésiennes.

NomModifier

Le nom dorig provient du village de Dorig [ⁿdʊˈriɰ] sur la côte sud de Gaua, où se trouve l’essentiel de la population parlant cette langue. La même langue a été désignée, dans la littérature, sous le nom de wetamut, du nom d'un ancien dialecte [wɛtamʊt] aujourd’hui éteint.

Prononciation et écritureModifier

Le dorig n’a pas de système d’écriture propre, mais les linguistes utilisent l’alphabet latin avec quelques diacritiques. Les conventions orthographiques employées sont présentées dans les tableaux ci-dessous, à côté de la prononciation correspondante.

VoyellesModifier

Le dorig a huit voyelles : sept brèves et une longue[2].

  Antérieures Centrales Postérieures
Fermées /i/ i /u/ u
Pré-fermées /ɪ/ ē /ʊ/ ō
Mi-ouvertes /ɛ/ e /ɔ/ o
Ouvertes /a/ a, // ā

Le dorig, comme quinze autres langues de la région, a perdu les voyelles qui n’étaient pas accentuées ; en contrepartie, un phénomène de métaphonie a augmenté l’inventaire vocalique des cinq voyelles du proto-océanien à huit voyelles (en comptant la voyelle longue)[3].

ConsonnesModifier

Le dorig a quinze consonnes.

Labio-vélaires Bilabiales Alvéolaires Vélaires
Occlusives sourdes /k͡pʷ/ q /t/ t /k/ k
Occlusives sonores /ᵐb/ b /ⁿd/ d
Fricatives /β/ v /s/ s /ɣ/ g
Nasales /ŋ͡mʷ/ /m/ m /n/ n /ŋ/
Roulée /r/ r
Latérale /l/ l
Semi-voyelle /w/ w

Les occlusives prénasalisées (/ᵐb/ et /ⁿd/) perdent leur composante nasale après une occlusive sourde : ainsi, tbēn̄ /tᵐbɪŋ/ (« fermer ») est réalisé [tbɪŋ].

La perte des voyelles non accentuées fait que de nombreux mots commencent par deux consonnes. Une particularité inhabituelle du dorig est qu’un mot peut commencer par n’importe quelle paire de consonnes : on a ainsi des mots tels que dm̄ug /ⁿdŋ͡mʷuɣ/ (« moustique »), mke /mkɛ/ (« au-dessus »), rm̄os /rŋ͡mʷɔs/ (« filao »), wsa /wsa/ (« œuf ») ou n̄n̄is /ŋŋis/ (« disparaître »)[4].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. (fr) Alexandre François, « Langues des îles Banks et Torres » (consulté le 19 octobre 2011)
  2. François (2005), p. 445.
  3. François (2005) est consacré à ce phénomène.
  4. François (2005), p. 471; François (2010), pp. 407–408.

Références bibliographiquesModifier

Bien que concernant la phonologie d’une langue voisine, le hiw, cet article inclut une comparaison avec le dorig.

Voir aussiModifier