Dora Sigerson Shorter

poète, romancière, nouvelliste et sculptrice irlandaise

Dora Mary Sigerson Shorter, née le à Dublin, en Irlande et morte le à Londres dans la quartier St John's Wood est une poète, romancière, nouvelliste, sculptrice, et une actrice majeure du mouvement du revivalisme de la culture irlandaise.

Dora Sigerson Shorter
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
St John's Wood (Londres)
Sépulture
Cimetière de Glasnevin
Nom de naissance
Dora Mary Shorter
Pseudonyme
Mrs. Clement Shorter
Nationalité
britannique, irlandaise
Activité
poète, romancière, sculptrice
Père
Mère
Conjoint
Autres informations
Religion
catholique
Membre de
Pan-Celtic Society, National Literary Society
Mouvement
revivalisme de la culture irlandaise
Archives conservées par
Les bibliothèques de l'université du Delaware, de l'université de Leeds et du Trinity College de Dublin
Œuvres principales
The Fairy Changeling and Other Poems (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Biographie modifier

Jeunesse et formation modifier

Dora Mary Sigerson Shorter est l'enfant aînée des quatre enfants de George Sigerson, un médecin et un enseignant de Dublin, et de Hester Varian Sigerson, une poète et romancière. Ses deux parents sont des catholiques et participent au renouveau de la culture gaélique. Elle a pour sœur celle qui sera connue comme poète et journaliste républicaine[note 1] sous le nom de Hester Sigerson Piatt. Ses frères sont William et George Patrick Sigerson, William meurt un an après sa naissance en 1864[1],[2],[3],[4].

Hester Varian Sigerson instruit ses enfants à la maison, c'est comme cela que la jeune Dora Mary Sigerson apprend l'histoire et la culture irlandaise. Son enfance est également marquée par les nombreux visiteurs appartenant au mouvement de l'Irish Literary Revival[5] ,[6]. Quand Dora atteint ses 17 ans, elle entre à la Dublin School of Art, connue maintenant sous le nom du National College of Art and Design de Dublin[1],[4].

Carrière modifier

 
John Butler Yeats.

Une artiste engagée modifier

Dora Mary Sigerson s'engage dans la vie culturelle irlandaise à Dublin, en 1888, elle devient une des membres fondatrice de la Pan-Celtic Society[7], puis de la National Literary Society (en) en 1892 et soutient Charles Stewart Parnell, figure de proue du nationalisme irlandais[1],[4].

Grâce à son entourage, elle entre dans le cercle des familiers du poète et dramaturge William Butler Yeats et du poète et critique littéraire John O'Leary qui lui fait connaitre l'anthologie de ballades traditionnelles anglaises et écossaises, Reliques of Ancient English Poetry (en), éditée par Thomas Percy (évêque de Dromore)[1],[4].

Une reconnaissance rapide modifier

On ne sait pas exactement quand Dora Mary Sigerson a commencé a publié ses premiers poèmes avant ceux figurant au sein de l'Irish Monthly (en). On sait seulement qu'elle a écrit à l'âge de 13 ans un poème publié par un magazine pour la jeunesse qui lui a fait gagner un prix d'un montant de 10 schillings. Avec le temps, elle en a publié suffisamment pour que ses poésies soient rassemblés dans son premier recueil de poèmes Verses, publié en 1893 alors qu'elle âgée de 27 ans[2],[4],[8].

La vie à Londres modifier

 
Katharine Tynan.
 
John O'Leary.

Dora Mary Sigerson épouse en 1896 l'éditeur et journaliste Clement King Shorter, celle qui est maintenant Dora Sigerson Shorter et son époux partent vivre à Londres, plus précisément à la Marlborough Place dans le quartier de St John's Wood[1],[4].

Grâce à l'activité de Clement King Shorter, l'éditeur de l'Illustrated London News, Dora Sigerson Shorter peut s'introduire dans les cercles littéraires et artistiques londoniens, ce qui lui permet de faire la connaissance de Thomas Hardy, George Meredith, Algernon Swinburne et de celle qui deviendra son amie Katherine Tynan[4].

Avec le succès ses poèmes sont également publiés dans des revues britanniques et américaines comme The Pilot (Massachusetts newspaper) (en), Detroit Free Press, Young Ireland, The Catholic Times (UK and Ireland) (en), Derry Journal (en), The Nation[2].

La tragédie des Pâques sanglantes modifier

Dora Sigerson Shorter est profondément affectée par l'échec tragique de l'Insurrection de Pâques de 1916[note 2]. Ses derniers recueils de poèmes comme Sixteen Dead Men: And Other Poems of Easter Week, The Sad Years et celui publié à titre posthume The Tricolour; Poems of the Irish Revolution sont dédiés aux 16 insurgés irlandais exécutés et plus spécialement à Roger Casement, à qui elle et son mari ont tout fait pour lui éviter la pendaison. Elle sculpte un mémorial aux victimes de l'Insurrection de Pâques qui est maintenant au Cimetière de Glasnevin, le Sigerson Memorial[1],[4],[9],[10].

À partir de l'année 1917, sa santé devient chancelante et Dora Sigerson Shorter meurt le dans son domicile du 16, Marlborough Place[1]

Vie privée modifier

Dora Mary Sigerson épouse Clement King Shorter le , devenant Dora Mary Sigerson Shorter[1].

Dora Sigerson Shorter est inhumée au Cimetière de Glasnevin dans le comté de Dublin[4].

Œuvres modifier

Quand une œuvre est suivie d'un identifiant ISBN, cela signifie qu'elle a fait l'objet de rééditions récentes souvent sous forme de fac-similé, l'identifiant est celui, en principe, de la réédition la plus récente, sans préjuger d'autres rééditions antérieures ou ultérieures. La lecture en ligne est généralement celle de la publication originale.

Recueils de poèmes modifier

Romans modifier

Recueil de nouvelles modifier

  • The Father Confessor: Stories of Death and Danger, Londres, Ward, Lock & Co, , 399 p. (ISBN 9780243330522, lire en ligne),
  • A Dull Day in London : and other Sketches (préf. Thomas Hardy), Londres, Eveleigh Nash Company Limited, , 125 p. (OCLC 3015290),

Articles et poèmes publiés à part modifier

  • « Father Russell », The Irish Monthly, Vol. 40, No. 472,‎ , p. 558-559 (2 pages) (lire en ligne  ),
  • « I Saw Children Playing », Studies: An Irish Quarterly Review, Vol. 6, No. 24,‎ , p. 617 (1 page) (lire en ligne  ),
  • « The Patch-Work Quilt », Studies: An Irish Quarterly Review, Vol. 7, No. 25,‎ , p. 94 (1 page) (lire en ligne  ),

Regards sur son œuvre modifier

 
Rosa Mulholland.
 
Alice Meynell.

D'après la critique littéraire, Deborah Logan, les auteurs qui l'ont influencée sont Thomas Hardy, George Meredith, Algernon Swinburne et John O'Leary. Son style est comparé à ceux de plusieurs poètes : Robert Browning pour sa liberté métrique, Oliver Goldsmith pour sa simplicité, Samuel Taylor Coleridge pour sa naïveté et William Wordsworth pour son imagination. Son style est une synthèse entre les ballades celtiques, le romantisme et le style de la littérature victorienne dans une perspective moderne[11].

Selon le critique James Bowker, Verses, le premier recueil de poèmes de Dora Sigerson Shorter bien que comportant des imperfections est prometteur, il est la révélation d'une poète véritable « un recueil remarquable à bien des égards, indubitablement plein de promesses », il note son style lyrique, et la rapproche d'Alice Meynell, de Rosa Mulholland (en) et de Katherine Tynan. Les promesses de Verses se réalisent par le second recueil de poèmes de Dora Sigerson Shorter The Fairy Changeling And Other Poems, qu'il met sur le même pied que Vagrant Verses de Rosa Mulholland et Shamrocks de Katherine Tynan pour son lyrisme et sa musicalité. Elle montre plus particulièrement son originalité poétique dans des ballades où le pittoresque se mêle au fantastique. James Bowker termine sa critique de The Fairy Changeling And Other Poems en écrivant « Je clos ce livre en lui étant reconnaissant de m'avoir offert le chant d'un oiseau à l'éclosion du printemps. »[12].

 
Douglas Hyde.
 
Nora Chesson.

Selon le poète et professeur d'irlandais Douglas Hyde, on ne peut comprendre l'œuvre de Dora Sigerson Shorter sans se pencher sur le contexte de son enfance et de son adolescence avant son mariage en 1896 où elle restera à St John's Wood jusqu'à sa mort, période qui explique qu'elle est devenue une des meilleures poètes irlandaise malgré son séjour londonien. C'est par ses parents qu'elle devient une fervente patriote irlandaise et développe une passion pour les idiomes irlandais et plus particulièrement celui des ballades irlandaises. Revivalisme qui ouvre la voie à d'autres poètes irlandaises comme Nora Chesson, Moira O'Neill (en) et Katherine Tynan. Son style allie lyrisme et mélancolie, chant d'une nomade en quête de ses racines. C'est avec ses recueils de poèmes The Fairy Changeling And Other Poems et Ballads and Other Poems que Dora Sigerson Shorter trouve son originalité celui de la ballade irlandaise. Plusieurs de ses poèmes sont à la première personne « JE » où elle chante les mystères insondable de la vie et de la mort, qui décrit ses rêves qui se brisent comme des bulles et se maintient dans ses rêves évanescents, car c'est la seule réalité à laquelle elle peut se rattacher pour vivre. Lyrisme mélancolique que Douglas Hyde compare à celui des poésies d'Alfred de Musset et de Lamartine. Il termine en écrivant « Dora Sigerson Shorter demeure la plus grande maîtresse de la ballade et la meilleure versificatrice de légendes que l'Irlande a produit »[13].

Selon la critique littéraire Bridget F. Lawlor, l'ensemble de l'œuvre poétique de Dora Sigerson Shorter est la chronique d'une femme passionnée, d'une amoureuse des beautés qu'offrent la nature à travers ses expériences de joies et d’afflictions. Une biographie écrite avec du sang et des larmes. Ses poèmes racontent comment elle sombre dans un pessimisme sombre, sous l'ombre de la mort car broyée par les pesanteurs des conventions du monde et survit à travers ses rêves d'un monde imaginaire où elle serait libre comme les oiseaux, le vent, les vagues. Dora Sigerson Shorter vit son séjour à Londres comme un exil douloureux, exil où elle évoque son Irlande natale avec la liberté d'un oiseau qui chante. Sa puissance d'évocation dramatique des splendeurs de l'Irlande Bridget F. Lawlor achève son hommage à Dora Sigerson Shorter en écrivant « elle est morte comme si elle avait souhaité mourir pour l'Irlande »[8].

Archives modifier

Les archives de Dora Sigerson Shorter sont déposées et consultables auprès de la bibliothèque de l'université du Delaware[14], de celle de l'université de Leeds[15] et de celle du Trinity College (Dublin)[16],[11] .

Notes et références modifier

Notes modifier

Références modifier

  1. a b c d e f g et h (en-GB) Brian Howard Harrison (dir.), Oxford Dictionary National Biography Volume 50 (Sharp-Smiles), Oxford, Oxford University Press, , 1006 p. (ISBN 9780198614005, lire en ligne), p. 433-434
  2. a b et c (en) Jessica March, « Shorter, Dora Sigerson »  , sur Dictionnary of Irish Biography,
  3. (en) Douglas Hyde, « George Sigerson », Studies: An Irish Quarterly Review, Vol. 14, No. 53,‎ , p. 1-18 (18 pages) (lire en ligne  )
  4. a b c d e f g h et i (en) Richard Bleiler, « Dora Sigerson Shorter (1866-1918) », The Green Book: Writings on Irish Gothic, Supernatural and Fantastic Literature, No. 13,‎ , p. 30-37 (8 pages) (lire en ligne  )
  5. (en) « Irish literary renaissance | Britannica »  , sur www.britannica.com, (consulté le )
  6. (en) Cornelius Weygandt, « The Irish Literary Revival », The Sewanee Review, Vol. 12, No. 4,‎ , p. 420-431 (13 pages) (lire en ligne   [PDF])
  7. (en) J. B. Hughes, « The Pan-Celtic Society (1888-1891) », The Irish Monthly, Vol. 81, No. 953,‎ , p. 15-20, 38 (7 pages) (lire en ligne  )
  8. a et b (en) Bridget F. Lawlor, « Dora Sigerson Shorter. An Appreciation », The Irish Monthly, Vol. 48, No. 560,‎ , p. 100-106 (7 pages) (lire en ligne  )
  9. (en-GB) Stephanie Breen, « Sixteen dead men »  , sur Trinity College Dublin, (consulté le )
  10. (en) « burie D IN MISTS OF TIME »  , sur Independent.ie, (consulté le )
  11. a et b (en-US) Terrie M. Rooney (dir.), Contemporary Authors, Volume 206, Detroit, Michigan, Gale Cengage, , 465 p. (ISBN 9780787691325, lire en ligne), p. 328-330
  12. (en) James Bowker, « Dora Sigerson's Poems. An Appreciation », The Irish Monthly, Vol. 26, No. 297,‎ , p. 123-128 (6 pages) (lire en ligne  )
  13. (en) Douglas Hyde, « II.: Dora Sigerson Shorter », Studies: An Irish Quarterly Review, Vol. 7, No. 25,‎ , p. 139-144 (6 pages) (lire en ligne  )
  14. (en-US) « Dora Shorter letter | Manuscript and Archival Collection Finding Aids »  , sur library.udel.edu (consulté le )
  15. (en-GB) « Dora Sigerson Shorter, a play, a story and a volume of press notices about her. - Library | University of Leeds »  , sur explore.library.leeds.ac.uk (consulté le )
  16. (en-GB) « Dora Sigerson Shorter »  , sur Tinity College de Dublin (consulté le )

Pour approfondir modifier

Bibliographie modifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notices dans des encyclopédies et manuels de références modifier

  • (en-US) Anne Commire (dir.), Women in World History, Volume 14: Shul - Sui, Waterford, Connecticut, Yorkin Publications / Gale Group, 927 p. (ISBN 9780787640736, lire en ligne), p. 312-313.  ,
  • (en-US) Terrie M. Rooney (dir.), Contemporary Authors, Volume 206, Detroit, Michigan, Gale Cengage, , 465 p. (ISBN 9780787691325, lire en ligne), p. 328-330.  ,
  • (en-GB) Brian Howard Harrison (dir.), Oxford Dictionary Of National Biography, Volume 50, Oxford, Oxford University Press, , 1006 p. (ISBN 9780198614005, lire en ligne), p. 433-434.  ,

Articles dans des revues académiques modifier

Les articles de JSTOR, sont librement accessibles à la lecture en ligne jusqu'à la concurrence de 99 articles par mois.

  • (en) James Bowker, « Dora Sigerson's Poems. An Appreciation », The Irish Monthly, Vol. 26, No. 297,‎ , p. 123-128 (6 pages) (lire en ligne  ).  ,
  • (en) Douglas Hyde, « II.: Dora Sigerson Shorter », Studies: An Irish Quarterly Review, Vol. 7, No. 25,‎ , p. 139-144 (6 pages) (lire en ligne  ).  ,
  • (en) E. O. S., « III.: Bibliography of Dora Sigerson Shorter », Studies: An Irish Quarterly Review, Vol. 7, No. 25,‎ , p. 144-145 (2 pages) (lire en ligne  )
  • (en) Bridget F. Lawlor, « Dora Sigerson Shorter. An Appreciation », The Irish Monthly, Vol. 48, No. 560,‎ , p. 100-106 (7 pages) (lire en ligne  ).  ,
  • (en) Douglas Hyde, « George Sigerson », Studies: An Irish Quarterly Review, Vol. 14, No. 53,‎ , p. 1-18 (18 pages) (lire en ligne  ).  ,
  • (en) Deirdre O'Brien, « Dora Sigerson Shorter », The Irish Monthly, Vol. 56, No. 662,‎ , p. 403-408 (6 pages) (lire en ligne  ),
  • (en) Evelyn A. Hanley, « Dora Sigerson Shorter: Late Victorian Romantic », Victorian Poetry, Vol. 3, No. 4,‎ , p. 223-234 (12 pages) (lire en ligne  ),
  • (en) David Gardiner, « The Other Irish Renaissance: The Maunsel Poets », New Hibernia Review / Iris Éireannach Nua, Vol. 8, No. 1,‎ , p. 54-79 (26 pages) (lire en ligne  ),
  • (en) Richard Bleiler, « Dora Sigerson Shorter (1866-1918) », The Green Book: Writings on Irish Gothic, Supernatural and Fantastic Literature, No. 13,‎ , p. 30-37 (8 pages) (lire en ligne  ).  ,

Liens externes modifier