Dhaulagiri

montagne népalaise

Dhaulagiri
Vue du Dhaulagiri.
Vue du Dhaulagiri.
Géographie
Altitude 8 167 m[1]
Massif Dhaulagiri Himal (Himalaya)
Coordonnées 28° 41′ 49″ nord, 83° 29′ 36″ est[1]
Administration
Pays Drapeau du Népal Népal
Province Gandaki Pradesh
District Myagdi
Ascension
Première par Albin Schelbert, Kurt Diemberger, Ernst Forrer, Peter Diener, avec Nawang Dorje et Nima Dorje
Voie la plus facile Arête nord-est
Géologie
Âge Éocène
Type Pic pyramidal
Géolocalisation sur la carte : Népal
(Voir situation sur carte : Népal)
Dhaulagiri

Le Dhaulagiri, ou Dhaulagiri I, est un sommet culminant à 8 167 mètres d'altitude au Népal, dans l'Himalaya. Il constitue le septième plus haut sommet du monde. Sa première ascension a été réussie le par Albin Schelbert, Kurt Diemberger, Ernst Forrer, Peter Diener, avec Nawang Dorje et Nima Dorje, aidés d'un avion. Leur itinéraire, par l'arête nord-est, est devenu la voie normale empruntée par la grande majorité des alpinistes.

ToponymieModifier

Le nom de la montagne vient du sanskrit धौलागिरी (dhaulāgirī) et dérive de धवल (dhawala), « éblouissant, blanc, beau »[2], et de गिरि (giri), « montagne »[3], soit la « montagne éblouissante ».

GéographieModifier

 
Animation représentant le Dhaulagiri en trois dimensions.

Le Dhaulagiri est situé au centre du Népal, au sein du district de Myagdi dans la province de Gandaki Pradesh. Il se trouve à 70 kilomètres au nord-est de Pokhara et à 210 kilomètres de Katmandou. Il s'élève à 8 167 mètres d'altitude dans le Dhaulagiri Himal, un massif de l'Himalaya, ce qui en fait le septième plus haut sommet au monde[1] et le plus haut entièrement au Népal. Sa proéminence par rapport au K2 est de 3 357 mètres mais le plus proche sommet de plus de 8 000 mètres est le Cho Oyu à 317 kilomètres à l'est-sud-est[1]. Ses pentes appartiennent au bassin versant de la rivière Kali Gandaki.

HistoireModifier

Après sa découverte par les Européens en 1808, le Dhaulagiri est considéré pendant trente ans comme le plus haut sommet du monde[4],[5]. Il est survolé et photographié en 1949 par le géologue Arnold Heim alors que le Népal est interdit aux Européens.

En 1950, l'expédition française comprenant Maurice Herzog, Lionel Terray, Gaston Rébuffat, Jacques Oudot, Marcel Ichac, Marcel Schatz, Louis Lachenal, Jean Couzy et Francis de Noyelle est à la recherche d'un « 8 000 » à gravir et le Dhaulagiri est établi comme son objectif initial. Après plusieurs semaines de reconnaissance et d'ascensions exploratoires, les alpinistes ne trouvent pas de voie aisément praticable vers le sommet. Ils se reportent finalement sur un autre sommet, situé 34 km plus à l'est et jugé plus accessible, l'Annapurna I[6]. Entre 1953 et 1959, six autres expéditions subissent des échecs, pour l'essentiel dans la face nord[7].

La première ascension est réussie le par une expédition suisse dirigée par le Lucernois Max Eiselin et dont les membres étaient Peter Diener, Michel Vaucher, Hugo Weber, Albin Schelbert, Ernst Forrer, Jean-Jacques Roussi, le cinéaste américain Norman Dyhrenfurth, les Polonais Georges Hajdukiewicz et Adam Skoczylas ainsi qu’un Autrichien, Kurt Diemberger[7],[8]. En raison de l'approche habituellement longue, c'est la première ascension himalayenne qui est assistée par un avion, un Pilatus PC-6, baptisé « Yéti ». Il effectue une série de dépôts au début du mois d'avril et réussit le plus haut atterrissage du monde avec un aéroplane à 5 750 mètres d'altitude[9]. Plus tard, il s'écrase dans la vallée Cachée, au nord de la montagne, où sa carcasse est encore présente[10]. Cette expédition, après s'être fait déposer au col Nord-Est, gravit le sommet sans apport d'oxygène supplémentaire. Michel Vaucher et Hugo Weber atteignent à leur tour le sommet le [7]. La voie est répétée dix ans plus tard par une expédition japonaise menée par Tokufu Ota et Shoji Imanari, sans assistance aérienne ; Tetsuji Kawada et Lhakpa Tenzing Sherpa parviennent au sommet le 20 octobre[11].

Après un premier échec en 1975[7] et la mort de cinq alpinistes dans une avalanche[7],[12], le Japonais Takashi Amemiya mène une nouvelle expédition en 1978 pour venir à bout du pilier sud-ouest[7]. Deux alpinistes parviennent au sommet le 10 mai et quatre sans apport d'oxygène supplémentaire le 11 mai[7],[13]. Les 19 et , cinq nouveaux alpinistes japonais et un de leurs sherpas, menés par Seiko Tanaka, parviennent au sommet par l'arête sud-est[7].

En , une expédition internationale réalise, en style alpin, la première ascension de la face orientale. Toutefois, après être parvenus à l'arête nord-est à l'altitude de 7 650 mètres, les Polonais Wojciech Kurtyka et Ludwik Wilczyński, le Britannique Alex MacIntyre et le Français René Ghilini sont contraints de redescendre au camp de base. Ils effectuent une nouvelle tentative en remontant l'arête et parviennent au sommet le 18 mai[7],[13],[14].

En 1981, Hironobu Kamuro réussit l'ascension en solo par la voie normale. Le , la Belge Lut Vivijs est la première femme à atteindre au sommet.

Le , Kozo Komatsu, Yasuhira Saito et Noboru Yamada, membres de l'expédition menée par Norio Sasaki, réalisent l'ascension intégrale de la face nord, dite voie de la Poire[7]. Le , les Tchécoslovaques Karel Jakeš, Jaromir Stejskal et Jan Šimon, de l'expédition de Jiri Novak, ouvrent la voie de la face occidentale[7].

Le , Jerzy Kukuczka et Andrzej Czok, membres de l'expédition d'Adam Bilczewski, réussissent la première ascension hivernale, après sept semaines de lutte contre les éléments, en style alpin[15]. Le , Akio Koizumi et Nima Wangdu Sherpa, pour le compte du club alpin académique de l'université de Hokkaidō, avaient atteint le sommet avec un permis népalais d'ascension hivernale (délivré après le ), mais non considérée comme telle du point de vue calendaire (avant le ).

Le , une expédition internationale dirigée par Jiri Novak complète l'arête sud-ouest en style alpin[7],[13]. Les 10 et , deux équipes kazakhes réussissent la première ascension du pilier central de la face occidentale jusqu'à l'arête sud-ouest menant au sommet[7],[13].

Le , une voie directe dans la face nord est ouverte par une expédition russe dirigée par Sergueï Efimov avec Sergei Bogomolov, Alexei Lebedekhin, Ivan Plotnikov, Valeri Pershin, Boris Sedusov et le Britannique Rick Allen[7],[13].

AscensionModifier

 
Vue du Dhaulagiri depuis Poon Hill.

La voie normale reste celle de 1960, par l'arête nord-est. Fin 2009, 368 des 417 alpinistes étant parvenus au sommet avaient emprunté cette voie[13].

À cette date, sur les 417 ascensions réussies par 403 alpinistes différents (14 répétitions), incluant les guides, 22 l'étaient par des femmes[16] ; 62 étaient décédés au cours de l'ascension[16],[12] ; 328 l'étaient sans apport d'oxygène supplémentaire[16]. C'est le Népal qui était alors en tête avec 61 ascensions, devant le Japon (48) et la Suisse (37)[16].

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Max Eiselin, The Ascent of Dhaulagiri, Oxford University Press, (ASIN B0000CL2QN).

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. a b c et d (en) Dhaulagiri, Nepal, peakbagger.com.
  2. (en) Monier Monier-Williams, A Sanskrit-English Dictionary, Oxford University Press, 1964 (1899), page 513.
  3. (en) Monier Monier-Williams, A Sanskrit-English Dictionary, Oxford University Press, 1964 (1899), page 355.
  4. (en) Derek John Waller, The Pundits: British Exploration of Tibet & Central Asia, Lexington (Kentucky), University Press of Kentucky, 2004 (ISBN 0-8131-9100-9).
  5. (en) H.T. Colebrooke, « On the height of the Himalaya mountains », Annals of Philosophy, vol. XI, no LXI, Thomas Thomson (ed.), janvier 1818, pages 47–52.
  6. (en) Maurice Isserman, Stewart Weaver, Dee Molenaar, Fallen Giants: A History of Himalayan Mountaineering from the Age of Empire to the Age of Extremes, Yale University Press, 2010 (ISBN 978-0300164206), pages 243-245.
  7. a b c d e f g h i j k l m et n (de) Guenter Seyfferth, Dhaulagiri I: Geschichte + Literatur, Die Berge des Himalaya, 31 mai 2019.
  8. Gilles Simond, Le 27 mai 1960 : les alpinistes suisses ont vaincu le Dhaulagiri, 24 Heures, 27 mai 2015.
  9. (en) Maurice Isserman, Stewart Weaver, Dee Molenaar, Fallen Giants: A History of Himalayan Mountaineering from the Age of Empire to the Age of Extremes, Yale University Press, 2010 (ISBN 978-0300164206), pages 358.
  10. (en) Kurt Diemberger, The Kurt Diemberger Omnibus (Summits and Secrets), The Mountaineers, Seattle, 1999 (ISBN 0-89886-606-5), page 209.
  11. (en) Asia, Nepal, Dhaulagiri, seconde ascent, American Alpine Journal, 1971.
  12. a et b (en) [PDF] Eberhard Jurgalski, Fatalities - Dhaulagiri I, 8000ers.com, 21 juillet 2010.
  13. a b c d e et f (en) [PDF] Eberhard Jurgalski, Routes - Dhaulagiri I, 8000ers.com, 31 décembre 2009.
  14. (en) [PDF] Alex MacIntyre, « Dhaulagiri's East Face », American Alpine Journal, 1981, pages 45–50.
  15. (en) Dhaulagiri 1984-85, The Himalayan Journal, Soli S. Mehta, vol. 43, 1987.
  16. a b c et d (en) [PDF] Eberhard Jurgalski, Nations - Dhaulagiri I, 8000ers.com, 30 décembre 2009.