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Daniel Fabre

ethnologue et anthropologue français

Daniel Fabre, né le à Narbonne et mort le à Toulouse[1], est un ethnologue et anthropologue français.Modifier

BiographieModifier

Daniel Fabre a été assistant de sociologie puis maître-assistant et maître de conférences en anthropologie à l'Université Toulouse III - Paul Sabatier. Chargé d'un séminaire à partir de 1976, il est élu en 1989 directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, chaire d'anthropologie de l'Europe. Il a fondé en 1978, avec l'archéologue Jean Guilaine, le Centre d'anthropologie des sociétés rurales devenu ensuite le Centre d'anthropologie de Toulouse qu'il a dirigé jusqu'en 1997. En 2000 il crée avec une quinzaine de collègues anthropologues, sociologues et historiens le Laboratoire d'anthropologie et d'histoire de l'institution de la culture (LAHIC)[2], soutenu par le ministère de la Culture, une des équipes de l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain (IIAC UMR8177 CNRS/EHESS) dont il devient en 2013, le directeur. Il enseigne à partir de 1999 l'anthropologie des religions à l'université de Rome « Tor Vergata », en s'attachant à l'analyse des transferts de sacralité de la religion vers la politique et la culture.

De 2004 à 2008, il a été président de la section 38 (Anthropologie) du Comité national de la recherche scientifique du CNRS. De 1993 à 1997, il a présidé le Conseil de la Mission du Patrimoine ethnologique du ministère de la Culture. Il préside l'ethnopôle Garae, conventionné par le ministère de la Culture, dans la Maison des mémoires, à Carcassonne. Il a été membre du comité de rédaction de la revue Ethnologie française (de 1976 à 1993), de L'Homme : revue française d'anthropologie (de 1986 à 1995). Il a été co-directeur de Gradhiva, revue semestrielle fondée en 1986 par Jean Jamin et Michel Leiris, et publiée à partir de 2005 par le musée du Quai Branly. Il a collaboré à plusieurs entreprises collectives issues du dialogue entre histoire et anthropologie : Histoire de la vie privée (t. III, 1986, dir. Roger Chartier) ; Les lieux de mémoire (t. III, vol. 2, 1992, dir. Pierre Nora) ; Histoire de la France. Vol 4, Les formes de la culture, 1993 (dir. André Burguière) ; Histoire des jeunes en Occident (vol. 2, 1996, dir. Giovanni Levi et Jean-Claude Schmitt). Il a animé de nombreuses équipes qui ont ouvert de nouveaux champs de la recherche sur l'anthropologie de l'écriture, les cultures nationales en Europe, la patrimonialisation, les arts autres, la théorie générale de la culture.

Après avoir débuté par des recherches sur la littérature orale, le carnaval, les communautés rurales et l'anthropologie des écritures ordinaires, ses intérêts actuels portent sur la théorie de l'initiation ; les formes modernes du culte de l'artiste et de l'écrivain ; l'anthropologie des arts et de la littérature ; l'histoire européenne du regard ethnologique.

Vie privéeModifier

Daniel Fabre eut trois filles: Celine Fabre, Eva Fabre et Sofia Fabre.

PublicationsModifier

Auteur ou coauteur, ouvragesModifier

  • 1969 Jean de l'Ours : analyse formelle et thématique d'un conte populaire, Carcassonne, Éd. de la revue Folklore, 79 p.
  • 1970 Una contairina populara audenca, Obradors, Centre d'études occitanes, Université Paul Valéry, Montpellier (avec Jacques Lacroix)
  • 1973-1975 La tradition orale du conte occitan : les Pyrénées audoises, Paris, Presses universitaires de France, 2 vol., 906 p. (avec Jacques Lacroix)
  • 1973 La vie quotidienne des paysans du Languedoc au XIXe siècle, Paris, Hachette-Littérature (2e éd. 1991), 480 p., (avec Jacques Lacroix)
  • 1977 La Fête en Languedoc : regards sur le carnaval aujourd'hui, Toulouse, Privat, 220 p., (photographies de Charles Camberoque)
  • 1982 Le Brigand de Cavanac : le fait divers, le roman, l'histoire, Lagrasse, Verdier, 198 p., (avec Dominique Blanc). Réédition revue et augmentée : Lagrasse, Verdier, 2015[3]
  • 1987 Les Cahiers du Sud : la génération de 1930 (catalogue d'exposition), Paris, Centre national des lettres, 80 p.
  • 1992 Carnaval ou La fête à l'envers, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Culture et société » (no 135), (2e éd. 2000)
  • 2014 Bataille à Lascaux : comment l'art préhistorique apparut aux enfants, Paris, L'Echoppe

Directeur d'ouvrages ou de numéros de revuesModifier

  • 1975 Communautés du Sud, Paris, UGE, 10/18, 2 vol., 612 p., (dir. D. Fabre et J. Lacroix)
  • 1987 « Le retour des morts », in Études rurales, n° 105-106, (dir. D. Fabre)
  • 1990 Les Audois : dictionnaire biographique, Carcassonne, Association des amis des Archives de l'Aude/Association des amis des Archives de l'Aude/Fédération audoise des œuvres laïques/Société d'études scientifiques de l'Aude, 347 p., (dir. D. Fabre avec R. Cazals) (ISBN 2-906442-07-0)
  • 1991 « Apprentissages, hommage à Yvonne Verdier », in n° spécial de Ethnologie française, t. XXI-4, (dir. D. Fabre)
  • 1992 Vers une ethnologie du présent, Paris, Maison des sciences de l'homme, coll. « Ethnologie de la France », (dir. avec G. Althabe et G. Lenclud)
  • 1993 Écritures ordinaires Paris, P.O.L ., (dir. D. Fabre)
  • 1996 L'Europe entre cultures et nations, Paris, Maison des sciences de l'homme, coll. « Ethnologie de la France », (dir. D. Fabre)
  • 1997 Par écrit, ethnologie des écritures quotidiennes, Paris, MSH, coll. « Ethnologie de la France », (dir. D. Fabre ; trad. ital., Argo, Lecce)
  • 1998 La Fabrique des héros, Paris, MSH, (dir. D Fabre avec P. Centlivres et F. Zonabend)
  • 2000 « Parler, chanter, lire, écrire », in Clio, histoire, femmes, sociétés, n° 11 [2], (dir. D. Fabre)
  • 2000 Domestiquer l'histoire : une ethnologie des monuments historiques, Paris, Maison des sciences de l'homme, coll. « Ethnologie de la France », (dir. D. Fabre)
  • 2001 Une histoire à soi, Paris, MSH, (dir. D Fabre avec Alban Bensa)
  • 2002 Gaston Vuillier, l'œil du voyageur, Carcassonne, Garae, (dir. D. Fabre)
  • 2006 « Le Musée indien de George Catlin », Gradhiva, n° 3, n. s., (dir. D. Fabre avec Cl. Macherel)
  • 2009 « Arts de l'enfance, enfances de l'art », in Gradhiva, n° 9, n. s., (dir. D. Fabre)
  • 2010 « Auto-biographie, ethno-biographie », in L'Homme, n° 195-196, (dir. D. Fabre avec Jean Jamin et Marcello Massenzio)
  • 2010 Les monuments sont habités, Paris, MSH, coll. « Ethnologie de la France », (dir. D. Fabre avec Anna Iuso)
  • 2011 Savoirs romantiques : une naissance de l'ethnologie, Nancy, Presses universitaires de Nancy, (dir. D. Fabre et J.-M. Privat)
  • 2013 « L'anthropologie des messianismes entre France et Italie », in Archives des sciences sociales des religions, n° 161 (dir. D. Fabre et M. Massenzio)
  • 2013 Émotions patrimoniales, Maison des sciences de l'homme, coll. « Ethnologie de la France » (dir. D. Fabre)
  • 2014 « Création, fiction », in Gradhiva, n° 20, Musée du Quai Branly (dir. D. Fabre)
  • 2015 « Connaît-on la chanson ? », in L'Homme, n° 215-216 (dir. D. Fabre et J. Jamin)

RéférencesModifier

  1. « Décès de Daniel Fabre, directeur du IIAC », sur le site du IIAC, 24 janvier 2016 ; voir également « Daniel Fabre, 1947-2016 », dans L'Homme, n° 217, 2016, p. 6 ; Giordana Charuty, Michèle Coquet, Jean Jamin, « In Memoriam : Monsieur Fabre n'est jamais là », Gradhiva, n. s., n° 23, 2016, pp. 2-25, article d'hommage qui retrace sa carrière, analyse son œuvre et commente sa bibliographie ; "Hommages à Daniel Fabre (1947-2016)", dans Ethnologie française, n° 164, 2016, pp. 581-598, ainsi que Jean Jamin, "L'énigme de la chouette. Retour à Elseneur (pour Daniel Fabre)", dans Ethnologie grançaise, n° 214, 2016, pp. 599-610.
  2. Page dédiée à Daniel Fabre sur le site du IIAC (Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain).
  3. Voir la controverse d'interprétation à laquelle sa publication a donné lieu : Jean Jamin, « Le bandit qui voulut changer d'habit, ou De l'insoumission naturelle », suivi de « Le plaisir du "texticule" (sur les vices impunis de l'herméneute) », par Jean-Claude Chamboredon, Études rurales, 1984, n° 95-96, p. 131-141, débat qui prolonge le compte rendu de Jean-Claude Chamboredon sur ce même livre, publié dans Annales, ESC, 1983, vol. 38, no 6, p. 1 284-1 289 (en ligne sur [1]).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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