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Daniel Chamier

pasteur et théologien protestant
Daniel Chamier
Danielchamier.jpg
Daniel Chamier
Biographie
Naissance
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Religion

Daniel Chamier (1564- ), est un pasteur français, professeur de théologie, d'hébreu, de latin et de grec à la l'académie protestante de Montauban et député du Dauphiné.

Certaines biographies, comme celle de John Quick, situent la date de naissance de Daniel Chamier en 1565.

Sommaire

BiographieModifier

Son grand-père est Gonet Chamier (1500-1575 environ), peintre religieux à Avignon[1]. Son père est Pierre (dit Adrien) Chamier, lui-même pasteur, et de Mlle Fournier d'Annonay, Daniel Chamier est connu pour avoir négocié l'Édit de Nantes, dont il est un des rédacteurs (notamment de ses clauses secrètes) auprès d'Henri IV. Il a tenu un journal très vivant de son voyage à la cour du roi, régulièrement réédité.

Polémiste de premier plan, il n'hésita pas à dialoguer avec les jésuites célèbres de son temps au cours de « disputes » très populaires, ou à affirmer que le pape était l'antéchrist annoncé par l'Apocalypse de l'apôtre Jean.

Daniel Chamier tenta sans succès d'obtenir le déplacement de l'Académie de Die à Montélimar, dont il était le pasteur. C'est un échec, et il se résout à accepter l'appel de l'Académie de Montauban[2].

Malgré une grande popularité, Daniel Chamier n'avait pas que des amis. En 1605, son nom s'est même retrouvé au centre d'un scandale terrible. Le Père Coton, confesseur d'Henri IV avait emprunté au conseiller Jacques Guillot un livre sur les sciences occultes qui devait l'aider à préparer l'exorcisme d'une jeune fille d'Amiens. Or en rendant ce livre à son propriétaire, il y laissa par mégarde une note contenant les questions qu'il avait posé à Satan au cours de l'opération. Mis au courant, Sully fit parvenir au roi la liste qui circulait dans tout Paris... À côté de requêtes telles que « Par quel moyen le roy d'Angleterre, la reine et le royaume se pourroient principalement et facilement convertir » (au catholicisme), on pouvait lire la mystérieuse demande : « Chamier et Ferrier[3], par quel moyen ? ». On ne sait trop ce que le Père Coton attendait précisément de Satan concernant Chamier et Ferrier, mais on peut l'imaginer et cela montre l'importance de ces simples pasteurs de province. Henri IV prit ceci avec humour en disant que, si la conversion au catholicisme était un noble but, il ne fallait pas attendre grand-chose d'un aussi mauvais maître et aussi mauvais ouvrier (que le diable).

Daniel Chamier est mort le 17 octobre 1621 au siège de Montauban[4], coupé en deux par un boulet de canon.

ŒuvreModifier

On lui doit, en plus de son journal et de sa contribution à l'Édit de Nantes, quelques ouvrages tels que :

  • Dispute de la vocation des ministres de l'Église réformée (La Rochelle, 1589) ;
  • Epistolae jesuiticae (Genève, 1599) ;
  • La Confusion des disputes papistes (1600) ;
  • Disputatio scholastico-theologica de aecumenico pontifice (1601) ;
  • La Honte de Babylone (Sedan, 1612) ;
  • La Jésuitomanie (Montauban, 1618).

Il a par ailleurs soutenu deux thèses à l'Académie de Genève insérées au recueil des thèses genevoises de 1591.

PamphletModifier

Le tome VIII du Mercure François reproduit quelques vers que l'on a attribués au père Garasse, jésuite auteur du Rabelais Réformé. En voici un extrait :

Chamier avoist basti si fort
son gros ventre contre la mort
Pour se rendre à elle imprenable,
Que pour avoir le compagnon
Elle a eu besoin d'un canon,
Sa faulx n'estant assez capable
[...]
La mort doncques a très bien fait,
puisque Chamier n'ayant rien fait
Digne d'honneur dureant sa vie,
De l'avoir mort canonisé,
D'avoir son gros ventre brisé
Et purgé sa panse pourrie

L'ensemble du texte s'attaque à l'abdomen du théologien, preuve, peut-être, que l'homme était difficilement attaquable en dehors de son amour de la bonne chère.
Un commentateur dira « On s'est vengé sur son ventre ». On notera le jeu de mot « canonisé » : Chamier est mort d'un coup de canon dans des conditions presque mystérieuses qui ont fait dire à l'époque qu'il aurait pu être béatifié s'il n'avait pas été protestant.

NotesModifier

  1. Marylène Marcel-Ponthier, « Les Chamier à Montélimar », Études drômoises, Valence, Aued, no 55,‎ , p. 30-31 (résumé)
  2. Michel Nicolas, Histoire de l'ancienne académie protestante de Montauban (1598-1659) et de Puylaurens (1660-1685), Montauban, E. Forestié, 1885. Réédition : Slatkine, 1971.
  3. Jérémie Ferrier était un autre pasteur célèbre de l'époque.
  4. Louis Canet, Petite histoire générale du Tarn-et-Garonne, Tome II, p74

PublicationsModifier

Voir aussiModifier