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Dîner du CRIF

Le dîner du CRIF est un dîner annuel organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France auquel sont invitées de nombreuses personnalités politiques françaises. Diverses personnalités du monde des médias et du spectacle sont également invités[1].

HistoriqueModifier

Le dîner du CRIF est créé en 1985 avec pour objectif de porter la voix politique des Juifs de France et d'instaurer un dialogue avec les pouvoirs publics[2]. La première édition accueille seulement une cinquantaine d'invités dans les locaux du Sénat et s'avère confidentielle, alors que le CRIF est encore peu visible médiatiquement[2]. Au fil des années 1980, le dîner du CRIF gagne en importance en même temps que le CRIF lui-même, consulté par les pouvoirs publics notamment sur les sujets relatifs à la judaïté ou au « devoir de mémoire »[2]. Il reçoit les Premiers ministres et, depuis Nicolas Sarkozy[3], les présidents de la République, qui utilisent le dîner comme une tribune[2].

La 30e édition, tenue le , a réuni 700 invités dans un hôtel parisien (Hôtel Pullman-Montparnasse), dont le président de la République François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls. Le prix à payer était de 100 euros le couvert plus 800 euros de dons. Le Crif étant reconnu comme une association d'intérêt général les participants peuvent obtenir via un formulaire CERFA une déduction fiscale de 66 % sur le montant de leur don, soit 528 euros [4].

Le Parti communiste français et Verts n'ont pas été invités en 2009 et 2010 pour avoir soutenu le mouvement BDS de boycott de produits israéliens[5]. Les Verts ont été représentés en 2015 par Jean-Vincent Placé[2].

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen n'y sont jamais invités, l'un et l'autre dénonçant régulièrement une réunion « communautariste »[6]. En février 2017, Francis Kalifat, président du CRIF, a déclaré que « Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas invités au dîner du CRIF car ils véhiculent la haine »[7].

De son côté, François Bayrou refuse de paraître à ce dîner car une organisation comme le CRIF « ne ressemble pas à ce que j'aime et que j'attends »[2].

Dans la revue d'histoire Vingtième Siècle, le sociologue Samuel Ghiles-Meilhac a analysé la tradition du dîner du CRIF comme rituel politique lié à la nature particulière du partenariat entre les organisations juives et l’État[8].

PolémiquesModifier

Dans une contribution à la revue trimestrielle juive L'Arche, en 2005, Alain Finkielkraut a critiqué le principe de cette rencontre en la qualifiant de « tribunal dînatoire où les membres du gouvernement français comparaissent devant un procureur communautaire »[2].

Le 23 février 2015, pour la première fois de son histoire, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a boycotté le dîner du CRIF en raison des déclarations de son président, Roger Cukierman, affirmant que « toutes les violences antisémites aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans » et jugées par le CFCM « irresponsables »[9].

En 2015, Daniel Schneidermann, d'Arrêt sur image, critique le fait que sur les 900 € de participation au dîner, 800 € sont déductibles des impôts « ce sont donc les contribuables qui ont financé l'événement à hauteur de 528 euros par personne » [10]

RéférencesModifier