Croquis d'audience

Le croquis d’audience est un dessin d’après nature réalisé au cours d’un procès et publié dans les médias suivant l’actualité judiciaire. Il permet d'illustrer une affaire sans enfreindre les lois des pays — notamment la France — qui interdisent toute prise de vue photographique ou cinématographique au cours des audiences des tribunaux[1].

Le lieutenant-colonel Terrence Lakin en cour martiale, et deux membres du jury, 2010
Le juge Harold M. Mulvey, 1971
Procès des frères Guerini en 1969 Croquis d'audience de Calvi

HistoireModifier

La pratique remonte à l'utilisation de gravures au seizième siècle.

Les images de la justice sont absente des recherches des sciences humaines[2].

A une époque, des dessinateurs dessinaient les scènes de crime[2].

En 1777, la vie du double-meurtrier Antoine-François Derues a été donnée comme une bande dessinnée alors que son procès fut bref[2].

En 1894, avec l'essor européen de la presse illustrée, le procès de l’abbé Bruneau donne lieu à la publication de plans des lieux plutôt que d'image du procès[2].

L'affaire Dreyfus donne lieu à des images hors procès[2].

Les affaires crimes contre l’humanité comme Barbie, Touvier et Papon donnent lieu à un intérêt pour les scènes de procès[2].

ActivitéModifier

Quand le dessin et la gravure étaient les seuls moyens de rapporter des images, le croquis d’audience était une pratique déjà courante. La législation lui a permis de se poursuivre.

Un dessinateur prend place dans le public et réalise des croquis des magistrats, avocats, prévenus, témoins, etc. Une bonne technique de portraitiste, une bonne réactivité pour saisir postures et jeux de physionomies, sont donc requises, d’autant que les sujets ne sont pas toujours dans la situation optimale et le dessinateur doit parfois attendre que la personne se tourne pour la « saisir » très rapidement.

Les croquis faits au cours des audiences peuvent ensuite être éventuellement retravaillés, mis en couleurs, pour être publiés dans un journal écrit ou télévisé. Les techniques employées peuvent être très variables mais on privilégie celles qui permettent la rapidité d’exécution et de séchage : crayon, feutres noirs et de couleur, parfois aquarelle.

Le dessinateur est généralement titulaire d’une carte de presse. Beaucoup sont des dessinateurs de presse et d’actualité, ou pratiquent d’autres activités artistiques, d’autres sont plus spécialisés dans le croquis d’audience.

Dessinateurs d’audienceModifier

En France, les dessinateurs d’audience sont nombreux. Parmi eux, Cabu, Calvi, Riss, Tignous, Gally Mathias, Astrid de La Forest (France 2), Sylvie Guillot, Noëlle Herrenschmidt, Benoît Peyrucq (Agence France-Presse), Joris Le Dain (Ouest France), Dominique Lemarié, Marc Large, Edith Gorren, François Boucq et Mathieu Boucheron

En Belgique, il s'agit notamment de Pierre Kroll, Martin Leroy, Jacques Sondron, Palix.

En Suisse, Cécilia Bozzoli (Le Temps), Patrick Tondeux (La Tribune de Genève), Gilles-Emmanuel Fiaux (24 heures).

NotesModifier

  1. Article 38 ter de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881
  2. a b c d e et f CROQUIS, DESSINS ET CARICATURES : LA JUSTICE EN IMAGES Frédéric Chauvaud, Solange Vernois Éditions de la Sorbonne | « Sociétés & Représentations » 2004/2 n° 18 | pages 5 à 35 ISSN 1262-2966 Cairn.info

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