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Conquête de la Corse
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte historique de la Corse par Piri Reis
Informations générales
Date 1553-1559
Lieu Corse
Issue Victoire franco-ottomane
Changements territoriaux Les franco-ottomans occupent la Corse
Belligérants
Flag of Genoa.svg République de GênesFlag of the Ottoman Empire.svg Empire ottoman
Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Flag of Corsica.svg Corse
Commandants
Flag of Genoa.svg Andrea DoriaFlag of the Ottoman Empire.svg Dragut
Pavillon royal de la France.svg Paul de La Barthe
Pavillon royal de la France.svg Antoine Escalin
Flag of Corsica.svg Sampiero Corso
Forces en présence
60 navires ottomans
14 navires français

Guerres austro-turques
Dixième guerre d'Italie

Batailles

Tripoli (9 août - 15 août 1551) · Mirandola (en) (juillet 1551 - mars 1552) · Ponza (5 août 1552) · Metz (octobre 1552 - janvier 1553) · Corse (1553 - 1559) · Marciano (2 août 1554) · Renty (12 août 1554)

La conquête de la Corse de 1553 eut lieu lorsque les forces françaises, ottomanes et d'exilés corses combinées capturèrent l'île de Corse aux Génois[1].

L'île avait une importance stratégique considérable dans le bassin méditerranéen, étant au cœur du réseau de communication des Habsbourg, et servant d'escale pour les petits bateaux naviguant entre l'Espagne et l'Italie[2].

L'île avait été administrée depuis 1453 par l'office de Saint Georges. L'invasion de la Corse fut réalisée pour le compte de la France[3].

L'île a ainsi eu une importance stratégique majeure, car elle était située sur la route maritime entre l'Espagne et l'Italie, qui était vitale pour le Saint-Empire germanique[2].

Sommaire

ContexteModifier

Le roi de France Henri II, avait entamé une guerre majeure avec l'empereur Charles Quint en 1551, débutant la guerre italienne de 1551-1559. À la recherche d'alliés, Henry II, poursuivant la politique d'alliance franco-ottomane de son père François Ier, a scellé un traité avec Soliman le Magnifique afin de coopérer contre les Habsbourg dans la Méditerranée[4].

Les Ottomans, accompagnés par l'ambassadeur de France, Gabriel de Luetz d'Aramon, avaient déjà vaincu une flotte génoise commandée par Andrea Doria lors de la bataille de Ponza en 1552. Le , un nouveau traité d'alliance franco-ottoman impliquant une collaboration navale contre les Habsbourg, avait été signé entre la France et l'Empire ottoman[5].

OpérationsModifier

Campagne d'été (1553)Modifier

 
Turgut Reis, commandant des forces ottomanes.

Les amiraux Ottomans Dragut, et Koca Sinan, combinés avec un escadron français sous la direction du Baron Paul de La Barte, ont razzié les côtes de Naples, de Sicile, d'Elbe, puis de Corse[5],[6].

L'île de Corse était occupée par les Génois à ce moment[7].

La flotte ottomane a soutenu les Français en convoyant les troupes françaises de Parme sous la direction du maréchal Paul de Thermes de Maremma, en Corse[8]. Les Français ont également été soutenus par des exilés Corses menés par Sampiero Corso et Giordano Orsini (francisé en "Jourdan des Ursins") dans cette aventure. L'invasion n'avait pas encore été explicitement approuvée par le roi français[7]. Bastia a été capturé le et Paulin de la Garde est arrivé devant Saint-Florent le [7]. Bonifacio a été capturé en septembre[7]. Avec seulement Calvi à capturer, les Ottomans, chargés de butin, ont décidé de quitter le blocus fin septembre et de retourner à Constantinople[7].

Avec l'aide des Ottomans, les Français ont réussi à prendre de fortes positions sur l'île et l'ont finalement occupé presque complètement à la fin de l'été[7], à l'effroi de Cosme de Medicis et de la Papauté. La flotte ottomane étant parti l'hiver et la flotte française rentrée à Marseille, la défense de la Corse fut menacée. Seulement 5 000 anciens soldats sont restés sur l'île, avec les insurgés corses[7].

Contre-attaque génoise (1553-1554)Modifier

Henri II commença les négociations avec Gêne en novembre[7], mais Gêne avait déjà envoyé une troupe de 15 000 hommes ainsi que l'équipage d'Andrea Doria, et ils commencèrent la longue reconquête de l’île avec le siège de Saint-Florent[7]. Un équipage ottoman commandé par Dragut est arrivé en Corse, mais était trop en retard. Ils ont seulement accosté sur Naples avant de retourner à Constantinople[7]. La France a obtenu la coopération de galiotes venant d'Alger[7].

 
Bataille des Corses avec les Génois.

Opérations franco-turques (1555-58)Modifier

En 1555, les Français avaient été expulsés de la plupart des villes côtières, ainsi que Doria vers l'Ouest, mais de nombreuses zones restaient sous contrôle français. En 1555, Jourdan des Ursins a remplacé Thermes et a été nommé « Gouverneur et lieutenant général du roi de l'île de Corse ».

Michel de Codignac, l'ambassadeur de la porte ottomane, devait se rendre au quartier général ottoman en Perse, où ils menaient la guerre turco-persane (1532-1555) contre l'Empire séfévide, pour plaider à l'envoi d'une flotte[7]. La flotte turque ne s'est maintenue que pendant le siège de Calvi et a peu contribué. La même inactivité a eu lieu pendant le siège de Bastia, qui a été reprise par les Génois[7]. La flotte turque envoyée à l'aide a été gravement atteinte par la peste et est allée au foyer pour remorquer ses navires vides. Une autre flotte ottomane a été envoyée en Méditerranée en 1558 pour soutenir stratégiquement la France, mais la flotte a été retardée, peut-être en raison de l'échec du commandant Dragut à honorer les ordres de Soliman. La flotte ottomane a mené une invasion des îles Baléares à la place. Soliman s'en excusera dans une lettre à Henri à la fin de l'année 1558[9],[10].

L'alliance militaire franco-ottomane aurait atteint son apogée vers 1553. Finalement, dans le traité de Cateau-Cambrésis en 1559, les Français ont rendu la Corse aux Génois[6].

L'image ci-contre n'illustre pas une bataille entre les Corses et les Génois. Il s'agit d'une fresque datée de 1460 de Pietro Della Francesca, représentant la Bataille entre Héraclius et Chosroes, œuvre que l’on peut voir dans la chapelle principale de l’église Saint-François d’Arezzo.

GalerieModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. (en) John B. Hattendorf, Naval Policy and Strategy in the Mediterranean: Past, Present, and Future, Taylor & Francis, (ISBN 9780714680545, lire en ligne), p. 17
  2. a et b (en) Fernand Braudel, The Mediterranean and the Mediterranean World in the Age of Philip II, University of California Press, (ISBN 9780520203303, lire en ligne), p. 929
  3. Holt, Lambton et Lewis 1977, p. 328.
  4. Miller 1966, p. 2.
  5. a et b (en) Stanford J. Shaw et Ezel Kural Shaw, History of the Ottoman Empire and Modern Turkey: Volume 1, Empire of the Gazis: The Rise and Decline of the Ottoman Empire 1280-1808, Cambridge University Press, (ISBN 9780521291637, lire en ligne), p. 106
  6. a et b (en) Matthew Dimmock, New Turkes: Dramatizing Islam and the Ottomans in Early Modern England, Ashgate, (ISBN 9780754650225, lire en ligne), p. 49
  7. a b c d e f g h i j k l et m (en) Fernand Braudel, The Mediterranean and the Mediterranean World in the Age of Philip II, University of California Press, (ISBN 9780520203303, lire en ligne), p. 929
  8. (en) Fernand Braudel, The Mediterranean and the Mediterranean World in the Age of Philip II, University of California Press, (ISBN 9780520203303, lire en ligne), p. 928
  9. (en) Kenneth Meyer Setton, The Papacy and the Levant, 1204-1571, American Philosophical Society, (ISBN 9780871691620, lire en ligne), p. 696
  10. (en) Kenneth Meyer Setton, The Papacy and the Levant, 1204-1571, American Philosophical Society, (ISBN 9780871691620, lire en ligne), p. 700

BibliographieModifier

  • (en) Peter Malcolm Holt, Ann Katharine Swynford Lambton et Bernard Lewis, The Cambridge History of Islam, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-29135-6)
  • (en) William Miller, The Ottoman Empire and Its Successors, 1801–1927, Routledge, (ISBN 0-7146-1974-4)