Chanoines réguliers de Notre-Sauveur

Chanoines réguliers de Notre-Sauveur
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale 1628
par Urbain VIII
Institut chanoines réguliers
Type contemplatif & apostolique
Spiritualité augustinienne
Règle règle de saint Augustin
But ministère paroissiale
Structure et histoire
Fondation 2 février 1623
Lunéville
Fondateur Pierre Fourier
Fin 1794
Liste des ordres religieux

Les chanoines réguliers de Notre-Sauveur sont un institut de vie consacrée de chanoines réguliers principalement répandus en Lorraine et disparus à la révolution française.

HistoriqueModifier

Dans le climat de réforme de la vie religieuse suite au concile de Trente, Jean des Porcelets de Maillane, évêque de Toul, veut réformer et unir les différentes communautés de chanoines de son diocèse. Pour mener à bien son projet, il se tourne vers Pierre Fourier, chanoine de l'abbaye de Chaumousey et curé de Mattaincourt. Fourier prépare les statuts de l'institut et choisit l'abbaye Saint-Rémy de Lunéville comme siège du noviciat. Les premiers aspirants prennent l'habit religieux le 2 février 1623 et prononcent leurs vœux le 25 mars 1624. Les premières abbayes à les rejoindre la congrégation sont celles de Saint-Pierremont, Domèvre-sur-Vezouze,Saint Nicolas de Verdun; Belchamp et Saint-Léon de Toul. Pour la formation des profès religieux, Fourier ouvre en 1627 une maison d'études à Pont-à-Mousson[1].

L'institut est érigé canoniquement par une bulle du 2 novembre 1628[2]. Malgré cette reconnaissance, les chanoines réguliers de Notre-Sauveur ont du mal à s'implanter hors de la Lorraine car la France soutient la congrégation de Sainte-Geneviève[3]. Le ministère des chanoines était le soin des paroisses.

La congrégation dirigée par le supérieur général Jean Terrel multiplie les expériences éducatives en multipliant les collèges, notamment à Saint-Mihiel et à Aoste durant l'année 1643. Elle développe également sa présence dans les paroisses de Lorraine. Les successeurs de Terrel engagent ensuite la congrégation vers des objectifs séculiers avec la fondation d'un petit séminaire à Dommartin-lès-Ville-sur-Illon et la paroisse Saint-Louis de Strasbourg. La fin de la période est marquée par une mise en sommeil de ces établissements tandis que la commende fait son retour dans les abbayes à mesure que la Lorraine se rapproche de la France, sous le règne de transition de Stanislas Leszczynski. Le repli s'opère également sur le plan international, avec l'abandon de la prévôté de Saint-Gilles de Verrès en 1719 puis le départ du collège d'Aoste en 1748.

Les affrontements grandissent dans la congrégation entre les tenants de la régularité monastique, et les partisans d'une sécularisation plus prononcée. Les réformateurs l'emportent en élisant Joseph de Saintignon à la tête de la congrégation en 1772. Les principaux collèges jésuites de Lorraine sont alors confiés par la monarchie française à la congrégation. La congrégation, dans une pétition initiée par l'abbaye Notre-Dame d'Autrey, demande sa sécularisation au cours de la Révolution. Beaucoup de ses membres continuent à enseigner ou deviennent curés de l'Église constitutionnelle après la dissolution de la congrégation en 1791.

Tentative de refondation au XIXe siècleModifier

Au milieu du XIXe siècle, le R.P. Jean-Baptiste Vautrot, professeur du Grand Séminaire de Verdun, nommé directeur d'une maison de prêtres auxiliaires établis au sanctuaire de Benoite-Vaux (diocèse de Verdun) reconstitue la Congrégation des Chanoines réguliers de Lorraine sous le nom de « Clercs réguliers de Notre-Sauveur ». Avec le soutien de Mgr Rossat, évêque de Verdun, le projet reçut un commencement d'exécution le 1er septembre 1851. Le 28 juillet 1854, Pie IX loue publiquement le dessein tout en remettant l'approbation formelle à une date ultérieure. Les premiers postulants firent leur noviciat sous la direction de M. le Chanoine de Rivaz, de l'abbaye Saint-Maurice d'Agaune. Le 27 décembre 1855, Mgr Rossat reçoit les premières professions. Le noviciat est installé dans la maison Sainte-Claire près de l'église Saint-Victor de Verdun. Le but de cette congrégation était d'unir à la vie conventuelle le ministère pastoral sous toutes ses formes, notamment la direction de paroisses.

En 1861, Mgr Caverot, évêque de Saint-Dié, donne une lettre d'institution à ces religieux pour la cure de ChaumouseyPierre Fourier fut administrateur avant d'exercer à Mattaincourt (1595-1597). Ils administrent ainsi la paroisse de Chaumousey jusqu'en 1879. Un projet d'union entre la congrégation et le cure de Mattaincourt fut également évoqué mais sans concrétisation à la suite du départ de Mgr Caverot pour Lyon. En concurrence avec les Chanoines de Latran implantés à Mattaincourt, les Clercs Réguliers ne parviennent jamais véritablement à s'imposer dans l'espace religieux lorrain.

On trouve au nombre de ces religieux le R.P. Jules Rogie, auteur d'une Histoire du B. Pierre Fourier, le R.P. Adnot qui a traduit et annoté pour le Comité d'histoire vosgienne le Cartulaire de l'Abbaye de Chaumousey, le R.P. Joseph Corda (1840-1913) à l'origine de la reconstruction de l'église de Chaumousey dans les Vosges, le R.P. Henri Fournel, le R.P. Quivaux. La congrégation disparaît peu après la Première Guerre mondiale (1919) avec le décès du R.P. Bouchon, dernier des religieux.

Expansion (liste par ordre alphabétique de lieux)Modifier

BibliographieModifier

  • Jules Rogie, Histoire du B. Pierre Fourier, Verdun, Laurent, 1888, 3 vol.
  • Cédric Andriot, Ils furent disciples de Pierre Fourier: les chanoines réguliers de Notre-Sauveur: Lorraine, Alsace, Valais, Val d'Aoste, thèse soutenue sous la direction de Philippe Martin, Université Nancy II, 2009.
  • Cédric Andriot, Un siècle de présence des chanoines réguliers de Notre-Sauveur dans le Val d'Aoste, Aoste, Duc, 2011.
  • Cédric Andriot, Les chanoines réguliers de Notre-Sauveur. Moines, curés et professeurs, de Lorraine en Savoie, XVIIe – XVIIIe siècles, Paris, Riveneuve, 2012.
  • Cédric Andriot, "Du cloître au presbytère. Les chanoines-curés de la congrégation lorraine de Notre-Sauveur (XVIIe-XVIIIe siècles)", dans Revue Mabillon, 24 (tome 85), 2013, pp. 181-212.
  • Cédric Andriot, "La tentative hospitalière des chanoines réguliers lorrains au XVIIIe siècle", dans Annales de l'Est, n°1, 2011.
  • Cédric Andriot, "La dorsale catholique, une réalité vécue: l'exemple des chanoines réguliers de Notre-Sauveur", dans G. Deregnaucourt, Y. Krumenacker, P. Martin, F. Meyer, Dorsale catholique, jansénisme, dévotions: XVIe-XVIIIe siècles. Mythe, réalité, actualité historiographique, Paris, Riveneuve, 2014.
  • Cédric Andriot, "L'implantation avortée des chanoines réguliers lorrains sur la dorsale catholique: enjeux religieux et politiques", dans Annales de l'Est, n°2, 2013.
  • Cédric Andriot, "Les abbayes de Notre-Sauveur (Lorraine): un paysage religieux en évolution", dans S. Brunet et P. Martin, Paysage et religion, perceptions et créations chrétiennes, Paris, CTHS, 2015.
  • Cédric Andriot: "Lorsque la statistique permet de déterminer des trajectoires individuelles: l'exemple des chanoines réguliers de Notre-Sauveur", dans Bulletin du CERCOR, n° 36, mars 2012.
  • Cédric Andriot, "Les enfants uniques de Pierre Fourier: la dispute des Clercs Réguliers et des Chanoines de Latran (XIXe siècle)", dans Annales de l'Est, 2013, n° spécial, p. 267-277.

Notes et référencesModifier

  1. Pierre Hélyot, Dictionnaire des ordres religieux : Chanoines réguliers de Notre Sauveur, Migne, , p. 467 & 470
  2. « saint Pierre Fourier », sur http://www.etudes-augustiniennes.paris-sorbonne.fr (consulté le 10 janvier 2020), p. 163
  3. « Les chanoines réguliers de Notre-Sauveur », sur https://journals.openedition.org (consulté le 10 janvier 2020)