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Confédération de Targowica

La confédération de Targowica est une union formée en 1792, dans la petite ville de Targowica (actuellement en Ukraine), par des nobles polonais hostiles à la Constitution polonaise du 3 mai 1791 et bénéficiant de l'appui de la Russie, qui avait tout intérêt au maintien de l'anarchie en Pologne.

Le , de grands magnats polonais (Franciszek Ksawery Branicki, Seweryn Rzewuski, Józef Kossakowski...) menés par le comte Stanisław Szczęsny Potocki, se rendent en mars 1792 à la cour de la tsarine Catherine II pour signer l’acte de confédération afin de retourner à l'ancien ordre polonais qui leur assurait des privilèges, notamment celui de juridiction sur leurs paysans.

Le texte de l'acte fondateur de cette confédération écrit par le général russe Vassili Popov, chef d'état-major du prince Grigori Potemkine est proclamé le 14 mai 1792. Quatre jours plus tard, deux armées russes envahirent la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie) sans déclaration de guerre. Ils renversent la constitution, ce qui conduit au second partage de la Pologne entre la Russie et la Prusse en 1793.

Le roi Stanisław August Poniatowski adhéra à cette confédération après l'entrée des troupes russes en Pologne et, en 1793.

ChronologieModifier

 
La guerre russo-polonaise de 1792.
Article détaillé : Guerre russo-polonaise de 1792.

Après le Premier Partage de la Pologne, les institutions de la « République des Deux-Nations » sont mises en cause, notamment la faiblesse du pouvoir royal électif et le liberum veto, ce principe vieux de 150 ans permettait à tout participant à la Diète (Chambre basse du Parlement polonais) de faire annuler une loi et paralysait de ce fait la vie politique du pays. Une diète (Grande Diète ) est réunie en 1788, une commission est chargée de réformer la Constitution.

En avril 1791, le roi Stanisław-August Poniatowski impose un projet qui est adopté formellement le 3 mai, puis en séance solennelle le 5 mai à l'unanimité.

Le 3 mai 1791, les réformateurs polonais font adopter par la Grande Diète une Constitution qui abroge le liberum veto , déclare la monarchie héréditaire et non plus élective et accorde des libertés communales aux villes et place les paysans sous la protection du roi. C'est la première constitution moderne d’Europe continentale.

Cette tentative pour réformer les institutions du pays va échouer. En effet, le parti pro-russe s'oppose à la constitution et forme la confédération mené par le comte Potocki, qui fait savoir par lettre en juillet 1791 au prince Potemkine qu'il s'oppose à la Constitution et demande à la Russie de s'y opposer aussi. Mais Catherine II, qui est alors en pleine guerre contre l'Empire ottoman, ne se décide ni d'un côté, ni de l'autre. Les confédérés de Targowica se rendent à Saint-Pétersbourg, et attendent la signature du traité de paix avec la Turquie pour se réunir et signer un plan prévoyant l'intervention de la Russie, sur les conseils du comte Branicki. Ceci est fait en grand secret, et l'ambassadeur de Pologne à Saint-Pétersbourg n'en est pas informé.

Le , les confédérés réclament « au nom de la nation » une aide de la Russie pour mettre fin à la rébellion qui « menace la sécurité de l’État ». Ils présentent de cette manière leur demande comme une intervention à la demande de la nation polonaise, et l’armée russe entre en Pologne. Rzewuski et Potocki, quant à eux, retournent dans leurs domaines en Podolie.

Cinq colonnes russes stationnées en Bessarabie entrent en Pologne le 18 mai 1792 avec le général-en-chef Kachowski (1734-1800) à leur tête, et les confédérés tentent de détruire le système gouvernemental, ce qui plonge le pays dans le chaos. Le siège de la confédération est à Tulczyn, domaines du comte Potocki, depuis le 9 juin 1772.

Le , le Conseil d’État déclare que le roi est obligé de signer l’accord de confédération de Targowica [1]. C’est à ce moment que bon nombre de dignitaires donnent leur démission et émigrent.

L'année suivante, Prussiens et Russes se partagèrent une nouvelle fois la République, réduite à 210.000 km2. La France était l'autre bénéficiaire de l'opération, car les Prussiens avaient retiré des troupes du front français.

La confédération de Targowica fut vite compromise à la fois aux yeux de la nation et à ceux de ses envahisseurs. Elle perdit ainsi raison d’être, tout en ayant été l’élément déclencheur du Deuxième Partage de la Pologne.

NotesModifier

  1. Petite ville située en Nouvelle Russie, près d'Elisavetgrad.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Recueil des traités, conventions, actes diplomatiques etc. relatifs à la Pologne, de 1762 à 1862.
  • Conrad Malte-Brun, Léonard Chodźko, Joachim Lelewel, Michał Podczaszyński, Tableau de la Pologne ancienne et moderne sous les rapports géographiques, statistiques..., 1830.
  • Leonard Chodźko, Histoire des légions polonaises en Italie, sous le commandement du général Dombrowski.
  • Charles-Hippolyte Barault-Roullon, Dangers pour l'Europe origine, progrès et état actuel de la puissance russe ; question d'Orient au..., 1854.