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Claude Champaud

juriste et homme politique français
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Claude Champaud, né le au Pin (Loire-Atlantique) et mort le [1] à Rennes, est un juriste et homme politique français, spécialiste de droit commercial. Président de l'université de Rennes I de 1971 à 1976, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université et professeur de droit.

Sommaire

BiographieModifier

FormationModifier

Claude Champaud effectue ses études secondaires à Nantes, tout d'abord à domicile en raison d'allergies fréquentes[2], puis au lycée Clemenceau. Il débute par la suite des études supérieures en histoire et en géographie, puis fait une première année de droit à Paris[3]. Il suspend celles-ci pour effectuer son service militaire, qu'il passe au 41e RI à Saint-Aubin-du-Cormier, près de Rennes. Il y apprend alors la gestion[2].

Il reprend ses études universitaires à l'université de Rennes, où il obtient une licence en 1956. Il poursuit ses études jusqu’à la thèse qu'il passe en 1961, sur le « Pouvoir de concentration des sociétés par actions »[4]. La même année, il passe l'agrégation de droit privé et finit major[3].

Carrière universitaireModifier

Fonctions universitairesModifier

Claude Champaud commence sa carrière universitaire en occupant plusieurs postes à Rennes après sa licence. Il est tout à tour moniteur de travaux pratiques de droit commercial de 1956 à 1957, bibliographe adjoint au CNRS de 1956 à 1960, assistant de droit commercial de 1957 à 1960, et chargé de cours de droit privé de 1960 à 1963. Il accède au statut de maître de conférences agrégé de droit privé en 1964, et enseigne toujours à la faculté de droit de Rennes. En 1966, il devient professeur titulaire de la chaire de droit commercial de cette même faculté[3].

Il prend en 1967 la direction de l'IAE de Rennes, charge qu'il assume dans un premier temps jusqu'en 1971. Il transforme en institut de gestion de Rennes l'établissement en 1968[3]. Il assume de nouveau cette fonction de 1977 à 1984[2].

Il devient par la suite le premier président élu de l'université de Rennes I en 1971 lorsque celle-ci est créée après la scission de l'université de Rennes[3].

Il est vice-président de la Conférence des présidents d'université en 1972, puis premier vice-président de celle-ci de 1973 à 1974[2].

Travail de rechercheModifier

Claude Champaud a été, avec les professeurs Michel Despax, puis Jean Paillusseau, l'un des tenants de la « doctrine de l'entreprise » (qualifiée parfois « d'École de Rennes ») en droit des sociétés en France, dans les années 1960-1970.

Il s'agissait de voir dans la notion légale de société le vêtement juridique d'une réalité économique et sociale, l'entreprise, que la société avait pour unique fonction d'organiser (voir la thèse de Jean Paillusseau : La S.A., technique d'organisation de l'entreprise, Sirey 1967). Il en découlait une acception large de l'intérêt social comme « intérêt de l'entreprise ». Ces thèses connaissent aujourd'hui un regain d'intérêt avec la montée des théories dites de « stakeholderism » dans les pays anglo-saxons, ainsi qu'avec le développement de la responsabilité sociale des entreprises.

Dans les années 1990, les théories anglo-saxonnes analysant la grande société comme un « nœud de contrats » (Coase, Jensen & Meckling, Easterbrook & Fischel) ont pris racine en France, notamment à la faveur du mouvement de corporate governance. Il en découlait un modèle de société orienté de façon univoque vers l'intérêt et le profit des actionnaires : ce mouvement allait directement à l'encontre de la doctrine de l'entreprise, dont l'emprise et le prestige ont alors nettement décru.

ReconnaissanceModifier

Pour son travail d'enseignant-chercheur il est fait Commandeur des Palmes académiques. Il est également membre émérite de l’Académie Royale de Belgique et Docteur Honoris Causa des universités de Liège et de Gent.

PolitiqueModifier

Claude Champaud a par ailleurs été de 1987 à 1991 conseiller d'Etat en service extraordinaire[5].

Il est également vice-président du Conseil général d'Ille-et-Vilaine et du Conseil régional de Bretagne. Engagé au RPR, il accorda un soutien indéfectible à Jacques Chirac et est connu comme un farouche opposant de l'élu breton Pierre Méhaignerie[6], mais également du maire de Rennes Edmond Hervé[7].

 
Claude Champaud (au centre) et Jacques Chirac (2e à gauche) aux élections municipales de Rennes en 1983.

Président du REPI (Réseau Entreprise Propriétés Intellectuelles), association regroupant des professeurs de droit, d'économie, des avocats, des conseils en PI, des experts-comptables et des chefs d'entreprises, dont la triple mission est :

  • d'élever le niveau des connaissances financières ou managériales des spécialistes des PI ;
  • de développer une culture « propriétés intellectuelles » parmi les dirigeants, les ingénieurs et les cadres des entreprises (PME notamment) des régions de l’ouest de la France ;
  • de contribuer au développement de recherches et de formations pluridisciplinaires en matière de propriétés intellectuelles et d’intelligence économique au sein des sciences économiques, des sciences juridiques et des sciences et techniques de l’ingénieur.

Dans les années 1970, il est à l'origine du Club des Trente, dont il fut le seul non-entrepreneur parmi les membres fondateurs (Pierre Legris, Yves Rocher, Alain Glon, Louis Le Duff...)[6].

En 1983, il est candidat à la mairie de Rennes dans la liste Union de l`opposition (UDF/RPR)[8].

Autres fonctionsModifier

PublicationsModifier

  • L'exploitation ancienne de cassitérite d'Abbaretz-Nozay, Annales de Bretagne, 1957.
  • Une tentative de pacification des esprits en 1794 : la commission philanthropique de Rennes, Sirey, 1962. (cf. commission philanthropique de Rennes)
  • Le séparisianisme, Armor-Éditeurs, 1977.
  • Le Droit des affaires, Que sais-je ? PUF, 1981-1987-1991-1994
  • À jamais la Bretagne, Éditions régionales de l'Ouest, 1998, 248 p.
  • Les stratégies judicaires de l’entreprise, (avec Didier Danet), Dalloz, 2006
  • Manifeste pour la Doctrine de l’Entreprise : sortir de la crise du financialisme, (avec Didier Danet, D. Briand et R. Contin). Larcier, Bruxelles, 2011
  • L’entreprise dans la Société du 21ème siècle, 2013
  • Quand des Bretons éveillèrent la Bretagne : le Celib, Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons, 2017.

Notes et référencesModifier

  1. « Le professeur Claude Champaud, figure politique rennaise, est décédé », dans Ouest-France, le 12 mars 2019, consulté sur www.ouest-france.fr le 13 mars 2019
  2. a b c et d « Claude Champaud. Père du patronat breton », Le Journal des entreprises, édition Ille-et-Vilaine, 5 novembre 2010, consulté sur www.lejournaldesentreprises.com le 18 janvier 2011
  3. a b c d et e Claude Champaud, Presses universitaires de France, consulté sur www.puf.com le 18 janvier 2011
  4. SUDOC 199816646
  5. https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-claude-champaud-un-politique-mais-aussi-juriste-pere-de-la-doctrine-de-l-entreprise-6259544.
  6. a et b Quentin Hemmerstoffer, Vers le « Marché unique » : les milieux patronaux bretons et l'Europe (1986-1992), Mémoire, Institut d'études politiques de Rennes, 2012, p. 48 (lien vers PDF).
  7. Institut National de l’Audiovisuel- Ina.fr, « Municipales : Rennes 1983 », sur Ina.fr (consulté le 23 mars 2019)
  8. « Élections municipales françaises de 1983 », dans Wikipédia, (lire en ligne)

Liens externesModifier