Chartreuse de Lyon

ancienne chartreuse dans le 1ᵉʳ arrondissement de Lyon (Rhône)

Chartreuse Notre-Dame-du-Lys-du-Saint-Esprit
Domus Liliorum Sancti Spiritus
Église des Chartreux, 1616
Église des Chartreux, 1616

Identité du monastère
Armoiries du monastère
Image illustrative de l’article Chartreuse de Lyon
Présentation du monastère
Fondateur Henri III
Culte Catholique
Ordre Chartreux
Province cartusienne Grande Chartreuse
Patronage Notre-Dame
Armes du fondateur
Image illustrative de l’article Chartreuse de Lyon
Historique
Date de la fondation 1584
Personnes liées Guillaume Cheilsom
Polycarpe de la Rivière
Fermeture 1790
Architecture
Architecte Jean Magnan (1590-1598)
Ferdinand-Sigismond Delamonce (1733-1735)
Jacques-Germain Soufflot (1737)
Louis Sainte-Marie Perrin (1870)
Dates de la construction 1590-1598
Styles rencontrés Baroque
Protection Logo monument historique Classé MH (1911)[1]Patrimoine mondial de l'UNESCO
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Lyon
Coordonnées 45° 46′ 16″ nord, 4° 49′ 21″ est
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Chartreuse Notre-Dame-du-Lys-du-Saint-Esprit Domus Liliorum Sancti Spiritus
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Chartreuse Notre-Dame-du-Lys-du-Saint-Esprit Domus Liliorum Sancti Spiritus
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Chartreuse Notre-Dame-du-Lys-du-Saint-Esprit Domus Liliorum Sancti Spiritus

La chartreuse Notre-Dame-du-Lys-du-Saint-Esprit, en latin : Domus Liliorum Sancti Spiritus ou Domus Lugduni, était un ancien monastère de l'ordre des chartreux dans le 1er arrondissement de Lyon.

HistoireModifier

Le chapitre général de l'ordre, réuni à Chambéry du 24 au 30 avril 1580, décide la fondation d'une maison à Lyon. Dom Jérôme Marchand, vicaire de la Grande Chartreuse, chargé de mission, avec l'aide de François de Mandelot, gouverneur de Lyon, arrête son choix sur un tènement situé à l'extrémité supérieure de la côte Saint-Vincent et dominant la vallée de la Saône, dénommé La Giroflée, comprenant « maison, cour, jardin, vignes et terres contigus ». Les chartreux achètent le terrain en 1584 (ou 1585 selon les sources), aux enfants mineurs d’Étienne Mussio, seigneur marquis de Vaulx-en-Velin, pour 3 800 écus[2].

En délivrant les patentes permettant la fondation, Henri III se déclare fondateur[note 1],[3]. Elle prend le nom de Saint-Esprit[note 2].

On commence l’église, le 19 mars 1590, Jean Magnan en est l'architecte mais les constructions avancent avec une extrême lenteur. La construction doit être presque complètement suspendue ; elle reste en l'état durant plus de dix années. Pendant cette période, la situation parait à ce point critique que, à la suite d'une délibération du chapitre général de juin 1602, Bruno d'Haffringues, général de l'ordre, rappelle huit des religieux sur les dix qui composent la communauté. Le grand-cloître est commencé en 1604.

En 1615 seulement, une partie de l’église peut être consacrée par le cardinal Denis-Simon de Marquemont. En 1616, quelques notables de la ville de Lyon décident de lui donner les moyens financiers pour que la chartreuse de Lyon puisse enfin démarrer une activité normale. Le général de l’Ordre, Dom Bruno d'Affringues, décide d’y envoyer dix-neuf religieux : trois frères convers et seize pères, qui arrivent à Lyon, le 30 octobre 1616, parmi eux Dom Polycarpe de la Rivière, avec le titre de procureur. Le petit-cloître est commencé en 1620, Les cellules, construites entre 1614 et 1685 sont au nombre de vingt-cinq[note 3].

Le 13 juin 1628, dom Léon Tixier, prieur de la Chartreuse de Lyon, adresse une requête à l'abbé de Cluny, monseigneur d'Arbouze, pour lui exposer que la modicité des biens de son monastère exige qu'on lui réunisse le prieuré de Rosiers en Forez[4]. L'abbé de Cluny accueille favorablement cette supplique et demande, à son tour, à Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, cardinal-archevêque de Lyon et abbé commendataire de Cluny, de lui donner son approbation. Une autre requête est adressée aussi au pape Urbain VIII, qui, par une bulle, du 2 janvier 1629, ordonne qu'une enquête soit faite par l'official du Puy. Cette enquête, constate que la Chartreuse de Lyon est dans le besoin, que ses bâtiments ne sont point achevés et que l'union du prieuré de Rosiers à ce monastère est utile et même nécessaire. Des lettres patentes du roi Louis XIII, données à Lyon, le 20 juin 1630, approuvent la réunion demandée. L'archevêque de Lyon ne donne son consentement que le 16 octobre 1630. Enfin la communauté des religieux de Cluny doit aussi donner son plein assentiment à cette union, dans une réunion capitulaire tenue le 15 novembre 1630. L'arrêt du Grand Conseil du Roi, approuvant définitivement la réunion des deux monastères, n'est rendu que le 21 janvier 1631. Mais dès le 9 juin 1630, Dom Gabriel Dupré, procureur de la Chartreuse de Lyon, prend solennellement possession du prieuré, au nom de sa maison[5]

Plusieurs rapports établissent l'insuffisance des revenus pour nourrir le personnel de la chartreuse. En raison de cette pénurie constatée le général de l'ordre, Juste Perrot, lui accorde, en 1639, les revenus de la maison de Poleteins.

En 1734, Ferdinand-Sigismond Delamonce fournit les plans pour l'achèvement de l'église Notre-Dame-des-Anges. Les bâtiments ne sont achevés qu’en 1748, à l’exception de la façade de l’église, qui ne le sera qu'en 1870.

Le , l'assemblée constituante prononce l'abolition des vœux monastiques et la suppression des congrégations religieuses. La communauté qui se compose alors de seize profès, un frère convers, huit frères donnés, quatre frères oblats et vingt domestiques à gages, opte pour la vie commune, mais elle est dirigée sur la chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, l’année suivante. Tous les biens des monastères sont déclarés biens nationaux et le 9 septembre 1791, le clos des Chartreux, qui comprend en plus des bâtiments plusieurs ténements de jardins et de vignes (incluant au nord le futur clos Jouve), divisé en onze lots, est vendu aux enchères[3].

L’église devient église paroissiale au moment du Concordat (1801)

Sous le Premier Empire, presque tous les différents propriétaires revendent par la suite les lots acquis pendant la révolution et les congrégations peuvent rétablir les couvents, les pensionnats et les maisons religieuses. Le cardinal Joseph Fesch les achète par une série d'acquisitions successives qui s'étendent du 18 août 1808 au 27 juillet 1813[6]. En 1810, il rachète les bâtiments conventuels subsistants pour y établir d'abord sa résidence, et plus tard y installer la société des missionnaires diocésains, qui prend le nom de Société des Chartreux de Lyon, institut ecclésiastique qui existe toujours aujourd'hui.

PrieursModifier

Le prieur est le supérieur d'une chartreuse, élu par ses comprofès ou désigné par les supérieurs majeurs.

Patrimoine foncierModifier

Au moment de la Révolution, la chartreuse avait des propriétés, en dehors des bâtiments conventuels. Ils avaient dans la ville de Lyon plusieurs maisons, entre autres deux sur le quai de la Saône, en bas de leur clos, et une dans la rue Mercière ; en dehors de la ville, ils avaient la terre de Poletins en Bresse, la terre de Loyse près de Mâcon et le prieuré de Roziers dans le Forez[3].

BibliographieModifier

  • Lefebvre, F.A., Saint Bruno et l’Ordre des chartreux, t. 2, Paris, Librairie catholique internationale, , 682 p. (lire en ligne), p. 357.
  • Vachet, Adolphe, Les anciens couvents de Lyon, Lyon, Emmanuel Vitte, (lire en ligne), p. 259-297.  .
  • Beyssac, Jean, « Fondation de la chartreuse de Lyon; Les prieurs de la chartreuse de Lyon », Bulletin de la Diana, t. 22,‎ , p. 308-332 (lire en ligne, consulté le ).  

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Henri IV, par lettres patentes du mois de janvier 1602, s'en déclare aussi le fondateur
  2. En souvenir de l'ordre du Saint-Esprit, créé par Henri III, au mois de décembre 1578
  3. Vingt-trois étaient marquées par les lettres de l'alphabet (I et J ne faisant qu'une seule lettre, ainsi qu'U et V) ; il y avait de plus une cellule sans lettre et la cellule du prieur

RéférencesModifier

  1. Notice no PA00117795, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Monseigneur Bruno Martin, « Nos vieux murs », Chartreux Actualités,‎ , p. 35 (lire en ligne).
  3. a b et c Vachet 1895.
  4. « Recueil de mémoires et documents sur le Forez. Publ. par la Société de la Diana », sur Gallica, (consulté le )
  5. « Recueil de mémoires et documents sur le Forez. Publ. par la Société de la Diana », sur Gallica, (consulté le )
  6. Beyssac 1924.
  7. Beyssac 1924, p. 318.
  8. a et b Adolphe Vachet, Les anciens couvents de Lyon, Emmanuel Vitte, (lire sur Wikisource), « Le monastère de la Chartreuse », p. 283-292
  9. Sur le versant du Salève : la chartreuse de Pomier parAbel Jacquet sur Gallica